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Hongrie : les enfants roms discriminés obtiennent réparation

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Hongrie : les enfants roms discriminés obtiennent réparation
Tous droits réservés  Evgeniy Malolletka/AP
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À Gyöngyöspata, dans le nord de la Hongrie, la communauté rom a enfin obtenu réparation, après des années de lutte. En mai dernier, la Cour suprême a confirmé la décision du tribunal de Debrecen, qui avait condamné l'Etat hongrois à verser des dédommagements à des jeunes roms, victimes de ségrégation à l'école.

La moitié de la somme (99 millions de forints, soit 281 000 euros) vient d'être versée aux 60 parties civiles, soit 800 000 forints par personne.

Séparer les enfants roms et les non-roms

L'affaire avait commencé en 2004. L'ancien directeur de l'école primaire du village avait alors décidé de séparer les enfants roms et les non-roms, justifiant que les enfants tziganes avaient "un mauvais comportement et des capacités intellectuelles limitées".

La ségrégation s'est amplifiée au fil des ans. Les enfants roms, placés dans des salles de classe distinctes, n'ont plus eu le droit d'utiliser le gymnase ou la piscine, et ont été exclus des sorties scolaires.

Beatrix, ancienne élève de l'école primaire, se souvient des discriminations et des humiliations : "Une fois, nos toilettes étaient bouchées, donc j'ai voulu utiliser celle des autres enfants. Mais les professeurs me l'ont interdit, disant qu'on avait nos propres toilettes."

Attaques verbales

La décision du tribunal de Debrecen en septembre 2019 avait été très critiquée par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, dont le parti (Fidesz - extrême droite) multiplie les attaques verbales contre la communauté rom.

"Si je vivais dans ce village, je me demanderais comment il est possible que des membres d’un groupe ethnique qui vivent avec moi dans la même communauté reçoivent une telle somme d’argent sans l’avoir gagné, alors que je me tue au travail toute la journée", avait déclaré en janvier Viktor Orbán, ajoutant que le gouvernement ne paierait pas l'amende.

La décision de la Cour suprême, la plus haute juridiction magyare, a toutefois poussé l'exécutif à revoir sa position.

Aujourd'hui, l'école primaire de Gyöngyöspata a mis fin à la ségrégation. Mais la situation a finalement peu changée : de nombreux parents ont retiré leurs enfants de l'établissement, et les 60 élèves restant sont désormais tous tziganes.

Les roms représentent environ 7% de la population hongroise.