DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Marseille restitue un tableau spolié aux descendants d'un collectionneur juif

euronews_icons_loading
"Pinède, Cassis", le tableau de André Derain
"Pinède, Cassis", le tableau de André Derain   -   Tous droits réservés  AFP
Taille du texte Aa Aa

"Pinède, Cassis", c'est le nom d'une toile d'André Derain, devenue malgré son décor apaisant le symbole de la souffrance et de la guerre. Une toile rendue à la famille de son premier propriétaire, un collectionneur d'art juif, mort d'épuisement en janvier 1945 dans le camp de concentration nazi de Neuengamme.

La ville de Marseille qui exposait ce tableau au musée Cantini a été sommée par la justice de remettre à la famille du marchand d'art cette toile du peintre fauviste. Elle avait acheté cette oeuvre à un particulier en 1987.

"Je veux rendre hommage, et un hommage particulier, a déclaré Benoît Payan, le maire de Marseille, à un homme qui avait perçu l’immense valeur de ce tableau, et à qui nous restituons aujourd’hui, par contumace, son bien. Cet homme, René Gimpel, avait acquis le tableau en 1921, au marchant d’art Kahnweiler, mais avant tout, cet homme, a été un héros de la Résistance."

René Gimpel s'était réfugié à Marseille après avoir fui Paris. Ses oeuvres stockées dans 80 caisses avaient été saisies par les nazis, et pour survivre et financer son réseau de résistants, René Gimpel a été contraint de vendre "Pinède, Cassis", et deux autres toiles de Derain. Cette vente forcée est considérée comme une spoliation.

Le maire socialiste de Marseille a appelé tous les maires de France à faire leur devoir, en s'engageant dans un travail de restitution. Deux autres tableaux de Derain appartenant au même collectionneur juif ont été rendus à ses descendants par la ville de Troyes. Quelque 100.000 oeuvres d'art auraient été saisies en France durant la Seconde Guerre mondiale, 60 000 retrouvées en Allemagne et renvoyées en France. 45 000 ont été rendues à leurs propriétaires.