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Samedi de manifestations et de répression en Birmanie

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Par Euronews avec AFP, A¨P
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Samedi de manifestations et de répression en Birmanie
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Nouvelle journée de manifestations et de répression meurtrière par la junte militaire en Birmanie.

Ce samedi, les forces de sécurité birmanes ont ouvert le feu sur des manifestants opposés au coup d'Etat militaire du 1er février dernier dans la ville de Monywa, dans le centre du pays.

Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir des manifestants transporter un jeune homme qui semble avoir été grièvement blessé à la tête.

A Mandalay, des manifestants se sont rassemblés samedi. Ils se sont déplacés à scooter et à moto pour éviter d'être interpellé par la police ou les soldats.

A Dawei, dans le sud du pays, des jeunes ont défilé, brandissant des drapeaux rouges aux couleurs de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi.

D'autres rassemblements ont eu lieu à travers le pays. Au moins trois personnes ont été tuées et plusieurs blessées, ont rapporté des témoins à l'AFP.

Plus de 550 morts

Plus de 550 civils sont tombés sous les balles des forces de sécurité ces deux derniers mois, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Le bilan pourrait être beaucoup plus lourd : quelque 2 700 personnes ont été arrêtées. Détenues au secret, sans accès à leur proche ou à un avocat, beaucoup sont portées disparues.

La junte a aussi bloqué l'accès à internet pour une grande majorité de la population, coupant les données mobiles et les connexions sans fil.

Fréquences radio, SMS, applications qui fonctionnent sans connexion : le mouvement pro-démocratie tente de trouver d'autres alternatives pour s'organiser.

"La junte utilise maintenant des grenades (...) des mitrailleuses et d'autres armes de guerre contre le peuple birman. Cette folie doit cesser", a tweeté le rapporteur spécial de l'ONU Tom Andrews, exhortant à la mise en place d'un embargo sur les armes.

Mais le Conseil de sécurité de l'ONU reste divisé.

La Chine et la Russie sont catégoriquement opposées à l'idée de sanctions des Nations unies, contrairement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni qui en ont déjà imposé de leurs côtés.

Les généraux resserrent aussi leur étau judiciaire contre Aung San Suu Kyi, 75 ans, accusée de corruption et d'avoir violé une loi sur les secrets d'Etat datant de l'époque coloniale.

Si elle est reconnue coupable, l'ex-dirigeante, détenue au secret mais "en bonne santé" selon ses avocats, risque d'être bannie de la vie politique et encourt de longues années de prison.