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Irlande du Nord : cent ans après sa création, état des lieux d'une société toujours divisée

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Irlande du Nord : cent ans après sa création, état des lieux d'une société toujours divisée
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A travers l'Irlande du Nord, les signes d'un territoire divisé depuis 100 ans sont encore visibles partout. Exactement un siècle après la partition de l'île, selon que l'on soit nationaliste pro-irlandais ou unioniste, défenseur du rattachement à la Grande-Bretagne, cette date n'a pas la même signification.

"Je veux célébrer la formation de l'Irlande du Nord, sa contribution au monde. Oui, nous avons eu nos problèmes. Personne ne le cache, mais dites-moi quel autre pays démocratique dans le monde n'a pas eu de problèmes ? ", estime Stephen Gough, militant pro-unioniste. "Les gens disent que nous ferons partie d'une Irlande unie dans dix ans, je ne le crois pas. Mais c'est pourquoi il est important que nous travaillons ensemble pour faire de l'Irlande du Nord un meilleur pays".

Le confinement est levé à Belfast et dans le reste du territoire, la vie revient doucement à la normale même si aucun grand événement n'est prévu pour le centenaire.

Les autorités ne veulent pas raviver les tensions quelques semaines après les récentes émeutes déclenchées par l'accord de Brexit.

"La violence n'est jamais loin en Irlande du Nord. Je pense que les gens n'ont certainement pas envie de mettre de l'huile sur le feu. D'un autre côté, ne rien faire c'est aussi provoquer un camp", analyse Duncan Morrow, professeur de sciences politiques à l'université d'Ulster.

Les cicatrices du conflit ne sont pas encore effacées. Comme à Belfast, où des murs dits de la paix maintiennent malgré tout les communautés à l'écart.

Il y a 100 ans, les frontières de l'Irlande du nord ont été tracées pour créer une majorité pro-britannique, mais aujourd'hui sa domination s'affaiblit.

"Je ne pense pas que ce sera la même chose dans 100 ans. La démographie change, les politiques changent. Il peut s'agir d'une Irlande unie ou d'un autre type de cadre mais il semble en tout cas que les choses soient en train d'évoluer", anticipe Duncan Morrow.

Symbole d'un rapprochement des camps unionistes et nationalistes, le "pont de la paix" dans la ville de Derry qui fait le lien entre deux quartiers historiquement opposés.Pourtant, il y a seulement deux ans, la partenaire de Sara, la journaliste Lyra McKee, a été abattue par des militants nationalistes irlandais alors qu'elle était en reportage.

"Il y a très peu de choses à propos desquelles se réjouir en Irlande du Nord. Vous savez, depuis le début, c'est un état très problématique. Avec plus de temps peut-être, cela pourrait changer", estime Sara Canning.

"L'accord du Vendredi saint a vieilli et je pense personnellement qu'il est possible de l'améliorer. Les gens ne cessent de dire qu'ils ne veulent pas y toucher, mais je pense qu'il doit être modifié pour refléter plus fidèlement l'Irlande du Nord d'aujourd'hui. Le paysage est complètement différent de ce qu'il était il y a 23 ans. Les modérés sont de plus en plus nombreux et, je l'espère, se font davantage entendre. Ce qui, à mon avis, est le problème ici, c'est que ce sont sont les voix les plus extrêmes qui sont entendues", précise-t-elle.

On estime que le conflit nord-irlandais a fait environ 3 500 morts en trente ans.