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Londres et Paris "renforcent" leur coopération contre l'immigration clandestine.

Par Tadhg Enright
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Archive - La police des frontières britanniques ramènent à terre à Douvres des migrants qui traversaient la Manche, le 15 août 2020
Archive - La police des frontières britanniques ramènent à terre à Douvres des migrants qui traversaient la Manche, le 15 août 2020   -   Tous droits réservés  Ben Stansall / AFP or licensors
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Au moins 430 migrants ont traversé la Manche lundi pour se rendre au Royaume-Uni, selon le ministère britannique de l'Intérieur, un nouveau record journalier qui intervient alors que le Parlement examine le projet de durcissement du système d'asile britannique.

Le précédent record quotidien s'établissait à 416, atteint en septembre 2020, selon l'agence de presse britannique PA.

Le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin et son homologue britannique Priti Patel se sont entretenus en début de soirée par visioconférence. Dans une déclaration conjointe, ils promettent "le renforcement" de leur coopération contre l'immigration clandestine.

Le Royaume-Uni s'est engagé à un investissement financier de 62,7 millions d'euros en 2021-2022 "pour appuyer la France dans son action d'équipement et de lutte contre l'immigration irrégulière", selon le document publié par le ministère de l'Intérieur français. La France promet de "renforcer la présence des forces de l'ordre" le long de ses côtes.

Selon la BBC, près de 8 000 personnes réparties sur environ 345 bateaux ont rejoint les côtes anglaises depuis le début de l'année, malgré la promesse du gouvernement britannique de rendre cette route d'immigration impraticable et ses appels répétés à la France pour lutter davantage contre ces traversées.

Selon le commandant Dan O'Mahoney, chargé de la "menace clandestine" en Manche, le Royaume-Uni connaît "une hausse inacceptable des traversées de la Manche par de petits bateaux en raison d'une augmentation de l'immigration clandestine en Europe".

"Les gens devraient demander l'asile dans le premier pays sûr qu'ils atteignent et ne pas risquer leur vie en faisant ces traversées dangereuses. Nous continuons à poursuivre les criminels à l'origine de ces traversées illégales", a-t-il poursuivi, cité dans un communiqué du ministère de l'Intérieur britannique.

Ce nouveau record intervient alors que les députés britanniques examinent cette semaine le projet de loi de la ministre de l'Intérieur de Boris Johnson, Priti Patel, sur la réforme du système d'asile.

Présentée par la ministre comme "juste mais ferme" mais dénoncée par des associations de défense des droits humains, elle vise à décourager l'immigration illégale et prévoit de traiter différemment les demandeurs d'asile selon qu'ils soient arrivés dans le pays légalement ou illégalement.

Lors des débats lundi à la Chambre des communes, l'ancienne Première ministre Theresa May, également ex-ministre de l'Intérieur, a mis en garde contre l'idée d'envoyer les demandeurs d'asile dans des centres en dehors du Royaume-Uni le temps que soit examinée leur demande. Elle a indiqué avoir envisagé cette option, avant d'y renoncer en raison de "problèmes pratiques".

Le projet de loi prévoit d'augmenter à quatre ans, contre six mois actuellement, la peine de prison encourue par les migrants qui cherchent à entrer illégalement dans le pays et de porter à la prison à vie - contre 14 ans d'emprisonnement actuellement - la peine maximale encourue par les passeurs.

Tadhg Enright, correspondant d'euronews à Londres :

"Ce nouvel accord avec la France semble incroyablement similaire à un autre accord conclu l'année dernière. Il prévoyait lui aussi de doubler les patrouilles et de renforcer le partage de renseignements. Cela a apparemment aidé les autorités françaises à stopper un grand nombre de traversées, mais pas suffisamment pour empêcher un nouveau record en la matière cette semaine. Une petite goutte d’eau dans l’Océan. Le Parlement britannique envisage également une nouvelle loi visant à criminaliser les traversées illégales, ce que certains militants considèrent comme cruel. Reste à savoir si cette loi découragera réellement cette pratique alors que rien d'autre n’a été efficace jusqu’à présent".