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Guerre de la pêche : Paris envisage des mesures de rétorsion contre Londres

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Par euronews
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Guerre de la pêche : Paris envisage des mesures de rétorsion contre Londres
Tous droits réservés  Thibault Camus/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Pour défendre ses pêcheurs, la France s'est donnée 15 jours pour étudier les mesures de rétorsion à prendre contre le Royaume-Uni. Paris en appelle à la solidarité européenne. Jugeant "inacceptable" le trop faible nombre de licences de pêche accordées dans les eaux britanniques, le gouvernement entend bien se faire respecter. Il ne va de la subsistance de ses marins pêcheurs. Leur nombre a déjà fortement diminué en France, ajouté à cela la crise du Covid-19 et le Brexit, la profession semble en danger.

"Les bateaux de la région ont besoin d'accéder aux eaux anglaises plutôt dans la période octobre à janvier et on arrive dans cette période-là. Le problème, c'est qu'on va se retrouver avec approximativement 90% de la flotte européenne, donc française, mais aussi belge et hollandaise, dans les eaux françaises" explique Étienne Dachicourt, directeur général de la Coopérative maritime de la région Étaploise, à Calais dans les Hauts de France. Pour lui, les dangers sont de deux ordres : trop de concurrence et risque de pénurie.

Un pêcheur de Boulogne-sur-Mer, Jean Marie Baheu, patron du bateau Le Murex n'en peut plus d'attendre, il ne comprend pas ce qui coince :

"On a fait la demande de licence de pêche depuis le mois de janvier, on a donné les preuves d'antériorités, on a donné toutes les preuves qu'on pouvait apporter, et des preuves on en a, et puis il n'y a rien qui vient en fait."

Au total, selon le gouvernement britannique "presque 1 700 navires ont obtenu une licence pour pêcher dans la zone économique exclusive des 12-200 milles marins" et "117 pour la zone des 6-12 milles".

Hier, l'île anglo-normande de Jersey a donné 64 licences à des bateaux français qui ont pu prouver qu'ils pêchaient dans cette zone avant le Brexit. 31 autres n'ont obtenu qu'une autorisation provisoire. Mais 75 autres navires ont été recalés et devront donc cesser toute activité de pêche dans les eaux de Jersey dans un délai de 30 jours.

Bruxelles tente de résoudre le problème, mais le commissaire européen chargé de la pêche, Virginijus Sinkevičius, semble impuissant jusqu'ici :

"Nous ne savons pas encore quelle information il manquait, parce que nous avons fourni tout ce que nous avions. Et s'il y a quelque chose qui manque, nous allons bien sûr travailler en étroite collaboration avec les autorités françaises pour que ces informations arrivent le plus rapidement possible à bon port."

Michel Spingler, AP Photo
Le pêcheur Nicolas Bishop de Boulogne sur Mer sur le "Jeremy Florent II" - archive du 10 décembre 2020Michel Spingler, AP Photo

Quant au gouvernement de l'île de Guernesey, il s'est engagé à prolonger les autorisations provisoires "jusqu'au 31 janvier 2022 pour tous les navires, afin d'offrir certitude et stabilité dans l'intervalle". Mais rien n'est réglé.

Sources additionnelles • AP, AFP