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France : des méthodes de chasse d'oiseaux jugées polémiques à nouveau autorisées

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Par Vincent Coste  avec AFP
Archives : une femelle merle noire nourrissant ses petits, photographiée à Pokrent, en Allemagne, le 10 mai 2015
Archives : une femelle merle noire nourrissant ses petits, photographiée à Pokrent, en Allemagne, le 10 mai 2015   -   Tous droits réservés  JENS BUTTNER / DPA / AFP

Pour les défenseurs de la cause animale, c'est un retour en arrière en France. Pour les chasseurs, une victoire. Le gouvernement français vient en effet de publier ce vendredi huit arrêtés autorisant, de nouveau, des chasses d'oiseaux dites traditionnelles à l'aide de pièges. Cette décision a été immédiatement attaquée par des associations.

Ces méthodes de chasse avait pourtant été interdites par le Conseil d'Etat. Dans les faits, la plus haute juridiction administrative française avait annulé, en août dernier, plusieurs autorisations de chasse pour capturer avec des filets ou de cages vanneaux huppés, pluviers dorés, alouettes des champs, grives et merles noirs, jugeant "que ces autorisations délivrées par le ministre chargé de l'environnement ne sont pas conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux".

La directive européenne "oiseaux" de 2009 interdit les techniques de capture massive d'oiseaux sans distinction d'espèces. Une dérogation est possible "à condition d’être dûment motivée et dès lors qu’il n'existe pas d'autre solution satisfaisante pour capturer certains oiseaux", rappelait le Conseil d'Etat.

Le gouvernement a toutefois décidé de prendre huit arrêtés pour 2021-2022, parus au Journal officiel ce vendredi. Ces textes autorisent donc "la capture des vanneaux huppés et des pluviers dorés au moyen de tenderies aux filets" et la "tenderie (nœud coulant) aux grives et aux merles noirs" dans le département du nord de la France les Ardennes. Ces autorisations concernent également plusieurs département du sud-ouest du pays. "La capture de l'alouette des champs au moyen de matoles" a été ainsi autorisée dans les Landes et en Lot-et-Garonne et "la capture de l’alouette des champs au moyen de pantes" autorisée en Gironde, dans les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques.

Cette mesure est interprétée par les associations comme un geste envers l'électorat très courtisé des chasseurs qui ont manifesté par milliers mi-septembre.

"C’est une décision du président de la République imposée aux ministres de l’Ecologie", commente la Ligue de protection des oiseaux (LPO) dans un communiqué, alors qu'il est déjà reproché à Emmanuel Macron plusieurs largesses à l'égard des chasseurs pour s'assurer leurs votes. La LPO ajoute également que "100 000 oiseaux sauvages sont sacrifiés sur l’autel du cynisme électoral".

Satisfaction des chasseurs

Sans surprise, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), salue "l'arbitrage sans ambiguïté du président de la République en faveur des chasses traditionnelles", dans un communiqué.

La FNC se félicite "d’une collaboration studieuse avec les services du ministère de la Transition écologique" et fait valoir que "le Conseil d’Etat n’a jamais dit que les chasses traditionnelles étaient illégales mais il a considéré que les arrêtés nationaux concernés n’étaient jusqu’à présent pas suffisamment motivés".

La LPO a annoncé vendredi avoir attaqué ces nouveaux arrêtés devant le Conseil d'Etat, tout comme l'association One Voice en référé et sur le fond.

"Ce n'est pas très classe de prendre ces arrêtés un vendredi pour gagner un week-end de chasse", avait estimé jeudi le président de la LPO Allain Bougrain-Dubourg, lors d'une rencontre avec la presse. Il faut compter deux à trois semaines pour que la plus haute juridiction administrative française se prononce.

En juin dernier, le Conseil d'état avait jugé qu'une autre méthode de chasse "traditionnelle", la chasse à la glu, était illégale en "annulant la réglementation française autorisant la chasse à la glu des grives et des merles car elle est contraire au droit européen". Quelques mois auparavant, la justice européenne s'était également prononcée pour cette interdiction.