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Nlle-Calédonie : les indépendantistes veulent boycotter le référendum sur l'indépendance

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Par Olivier Peguy  avec AFP, AP
Drapeau du mouvement indépendantiste kanak FLNKS, Nouméa (Nlle-Calédonie, France), le 01/10/2021
Drapeau du mouvement indépendantiste kanak FLNKS, Nouméa (Nlle-Calédonie, France), le 01/10/2021   -   Tous droits réservés  THEO ROUBY/AFP or licensors

Le mouvement indépendantiste kanak FLNKS a appelé à la "non-participation" au référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie prévu le 12 décembre. Il estime que la situation sanitaire liée au Covid ne permet pas une organisation sereine pour un tel scrutin.

"On ne pourra pas faire campagne parce que nos populations sont en deuil". C'est par ces termes que Jean Creugnet, porte-parle du FLNKS, justifie la décision du mouvement indépendantiste de boycotter le prochain référendum sur l'indépendance.

Le scrutin est censé avoir lieu le 12 décembre prochain.

Or, le territoire est confronté à une situation sanitaire tendue, liée à l'épidémie de Covid-19 : 92 nouveaux cas en 24h et 31 patients en réanimation, et 247 morts depuis le 9 septembre. Un confinement "adapté" est en vigueur jusqu'au 31 octobre : confinement strict le week-end, et confinement plus souple en semaine.

Au regard de cette situation, le FLNKS a appelé ce jeudi à la "non participation" au référendum.

Dans leur communiqué, les indépendantistes kanak ont reproché à l'Etat de vouloir "maintenir coûte que coûte la troisième et ultime consultation référendaire" de l'Accord de Nouméa (1998), qui organise la décolonisation par étapes de l'île.

Ils prônent un report du référendum après les échéances électorales nationales de 2022.

Réponse des partis loyalistes

Favorable au maintien de la date du 12 décembre, le groupe "Les voix du NON", qui agrège les principaux partis loyalistes, a accusé le FLNKS "d'instrumentaliser la situation (sanitaire)".

"La seule réaction qu'on a, c'est qu'on reprend la campagne. (La décision des indépendantistes) traduit une crainte de leur part du résultat du référendum", a fustigé sur Nouvelle-Calédonie la 1ére, Christopher Gygès, directeur de campagne.

Il a précisé que son mouvement "allait accélérer la campagne digitale" et organiser des réunions "d'ultra-proximité dans le respect des gestes barrière".

De son côté, le parti de centre droit Calédonie Ensemble, dirigé par les députés (UDI) Philippe Gomés et Philippe Dunoyer, a qualifié la décision du FLNKS de "mensongère, inacceptable et irresponsable".

La récente visite du ministre

Cette prise de position intervient au lendemain de la visite en Nouvelle-Calédonie du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu.

Au cours de cette visite, les leaders indépendantistes avaient déjà demandé le report du vote, au regard de la virulente épidémie de Covid-19.

Lors de son déplacement, M. Lecornu avait estimé que la situation sanitaire "est tendue mais tenue" alors que l'épidémie de coronavirus est en recul et que la tension a baissé dans les services hospitaliers.

Il avait déclaré que "seule une épidémie hors de contrôle" pourrait conduire à un report du dernier référendum.

Les précédents référendums

Deux précédents référendums ont lieu les 4 novembre 2018 et 4 octobre 2020.

Ils ont été remportés par les partisans du maintien dans la France avec 56,7% puis 53,3%.