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Emmanuel Macron veut "emmerder" les non-vaccinés, suspension de séance à l'Assemblée nationale

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Par Euronews  avec AFP
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Le président français Emmanuel Macron lors de son allocution du Nouvel an, le 31 décembre 2021
Le président français Emmanuel Macron lors de son allocution du Nouvel an, le 31 décembre 2021   -   Tous droits réservés  MARTIN BUREAU/AFP or licensors

L'examen du projet de loi sur le pass vaccinal a été de nouveau suspendu en pleine nuit mercredi en raison de la tempête provoquée à l'Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron qui a affirmé vouloir "emmerder" les non-vaccinés alors que le nombre de cas quotidiens a atteint un record de 271 000 nouvelles contaminations.

"Les conditions d'un travail serein ne sont pas réunies", a déclaré peu avant 2h le président de séance, Marc Le Fur (LR), en annonçant que les débats de cette première lecture reprendraient mercredi à 15h.

"Propos indignes", "insultants", les élus d'opposition se sont déchaînés contre les déclarations d'Emmanuel Macron, multipliant les suspensions de séance et demandes de rappel au règlement, avant d'exiger, en vain, la venue du Premier ministre Jean Castex, dans une ambiance survoltée.

"Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie", a clamé le chef de l'Etat dans un entretien au Parisien. "Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen", a-t-il ajouté.

"Cynisme puéril"

Le patron des députés LR, Damien Abad, a fustigé des propos "indignes, irresponsables et prémédités" qui relèvent d'un "cynisme puéril", tandis que le président des Républicains Christian Jacob s'est "refusé à cautionner un texte qui vise à emmerder les Français".

A l'autre bout de l'hémicycle, Ugo bernalicis (LFI) a dénoncé une "crise politique déclenchée par le monarque présidentiel, qui se permet d'insulter une partie des Français". Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, a estimé que le projet de pass vaccinal instaurait désormais une forme de "déchéance de nationalité", comme le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel.

Le projet de loi sur le pass sanitaire "est-il un texte pour plus emmerder ? Ou moins emmerder ?" les Français, s'est-il interrogé.

Huile sur le feu

Au banc du gouvernement, le ministre de la Santé Olivier Véran a tenté d'expliquer la parole présidentielle, dans un langage plus policé. "Le mal qui ronge notre pays, c'est une vaccination qui bien qu'importante, reste insuffisante", avec des "millions" de non-vaccinés, a-t-il expliqué.

Les propos d'Emmanuel Macron ont ruiné une amorce d'apaisement au Palais Bourbon, déjà agité la nuit précédente par un vote surprise suspendant temporairement les travaux sur ce texte, au grand dam de la majorité.

Les oppositions avaient raillé l'incapacité de la majorité d'être présente en nombre suffisant dans l'hémicycle pour éviter ce "camouflet", et dénoncé une absence de volonté de dialogue du gouvernement.

Le gouvernement avait de son côté accusé l'opposition, en particulier les députés LR, de chercher à faire un "coup" politique sans considération pour la gravité de la crise sanitaire.

Quelque 450 amendements restent au menu de cette première lecture au Palais Bourbon.

L'exécutif vise une adoption définitive en fin de semaine ou début de semaine prochaine du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal, avant une entrée en vigueur au 15 janvier.