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Ukraine : reportage à Sloviansk, ville martyre du conflit

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Par Anelise Borges  & Maxime Bayce
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Ukraine : reportage à Sloviansk, ville martyre du conflit
Tous droits réservés  AP Photo/Vadim Ghirda

Alors que le monde se prépare à une éventuelle incursion russe en Ukraine, Sloviansk – comme une grande partie de l'est du pays – ne se relève toujours pas de huit années de conflit.

Cette ville d'un peu plus de 100 000 habitants a été le théâtre de violents combats en 2014, lorsque les séparatistes soutenus par la Russie ont pris le contrôle de la région.

Vlada Lysenko avait 15 ans à l'époque et se souvient d'une ville en état de siège.

"Des gens étaient à l'intérieur du poste de police avec des armes automatiques et des uniformes. Nous ne comprenions pas ce qui se passait... Il y avait beaucoup de monde. Il y avait des pneus et des barricades...", raconte Vlada. "Nous avons évité tous les bâtiments à plusieurs étages parce qu'il y avait des snipers en haut. Nous essayions de ne pas être dans un espace ouvert, parce que nous ne savions pas quand une balle allait arriver."

Il a fallu près de trois mois aux forces armées ukrainiennes pour reprendre Sloviansk. Les séparatistes se sont alors déplacés de 100 km vers le sud, d'où ils continuent de se battre aujourd'hui.

Dans toute cette région, les signes d'une guerre qui a commencé il y a huit ans sont encore visibles et les mémoires toujours à vif.

Roman avait 20 ans lorsqu'il a été touché par un sniper sur la ligne de front. Sa mère témoigne au micro d'Euronews. "C'était une personne timide et tranquille. Mais il avait quelque chose en lui. Un sens de la responsabilité envers les autres. Il était moralement prêt à protéger l'Ukraine. Il disait 'maman, si ce n'est pas moi, alors qui ?' (...) Bien sûr la mort de jeunes gens est triste et très douloureuse. Mais l'indépendance de l'Ukraine en vaut la peine."

Si Sloviansk a été reprise, Louhansk et Donetsk, les capitales régionales restent dans le giron des forces pro-russes. Une ligne de front coupe en deux la région, autrefois l'une des plus prospères d'Ukraine.

Au détour d'un parc, une vieille dame assise sur un banc joue des airs d'accordéon. "Je suis pour l'amitié. Vous pouvez me juger autant que vous voulez, mais je suis pour l'amitié. Je connais très bien la Russie. Je connais très bien l'Ukraine. Et les gens sont les gens. Ce n'est pas la faute des gens.", juge-t-elle.

Pas la faute des gens mais peut-être celle de leurs dirigeants... En cas d'offensive russe personne ne sait vraiment ce qu'il adviendra de Sloviansk et de ses habitants.