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Pour sa défense, l'Autriche est prête à changer son fusil d'épaule

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Par Euronews avec Johannes Pleschberger
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Pour sa défense, l'Autriche est prête à changer son fusil d'épaule
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Quelle posture de défense adopter pour les pays qui n'adhèrent à l'OTAN ? Cette question, l'Autriche se la pose avec insistance depuis le début de la guerre en Ukraine.

Ces derniers jours, dans la banlieue de Vienne, la ministre de la Défense, Klaudia Tanner inaugurait le chantier d'un futur centre de recrutement des armées. L'occasion d'évoquer le budget de l'armée autrichienne.

"Nous sommes actuellement à 2,71 milliards d'euros par an - c'est pour l'Autriche le budget de la défense historiquement le plus élevé. Mais nous ne nous leurrons pas : cela ne suffit certainement pas à rattraper des décennies de négligence."

Pour l'Autriche non alignée, il était jusqu'à présent hors de question d'adhérer à l'OTAN. En fait, la neutralité éternelle est célébrée comme la fête nationale de la République alpine, avec des parades militaires qui ne parviennent pas à dissimuler le faible budget alloué à la défense.

Un budget de 0,6 % du PIB

Les pays tout aussi neutres que sont la Finlande et la Suède consacrent près d'1,5% de leur produit intérieur brut à la défense nationale. L'Autriche, avec 0,6%, dépense moins de la moitié de ce montant. L'Irlande est lanterne rouge avec 0,2 %.

Martin Rosenkranz, journaliste militaire, est le témoin depuis des décennies des mesures d'austérité qui affaiblissent l'armée autrichienne. Celle-ci doit composer avec un matériel vieillot et un manque cruel de personnel. Selon ce spécialiste, l'Autriche ne pourrait pas se défendre en cas d'attaque de Vladimir Poutine .

"Ces dernières années, lorsque l'Autriche a voulu acheter des armes, elle a choisi des armes avec une puissance de frappe militaire aussi faible que possible " assure Martin Rosenkranz.

La guerre à 400 km

Du coup, l'actualité en Ukraine pourrait contraindre le gouvernement autrichien à changer très vite son fusil d'épaule. Car, comme l'explique notre correspondant à Vienne, Johannes Pleschberger : "La guerre qui n'est qu'à 400 km de Vienne a provoqué un changement dans le positionnement de l'Autriche : au lieu de ses bonnes relations traditionnelles avec la Russie, la république alpine joint désormais ses efforts à ceux de l'Occident."

Reste à savoir maintenant dans quelles mesures et dans quel laps de temps, l'Autriche sera en mesure de proposer une véritable défense nationale.