Six semaines après la mort de Masha Amini, les manifestations continuent en Iran et dans le monde

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Par Euronews  avec AFP
Près de 80 000 personnes étaient rassemblées à Berlin en soutien aux manifestations en Iran.
Près de 80 000 personnes étaient rassemblées à Berlin en soutien aux manifestations en Iran.   -   Tous droits réservés  Markus Schreiber/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Quelque 80 000 personnes ont défilé samedi à Berlin pour soutenir les protestations en Iran. Parmi les participants à cette manifestation organisée par un collectif de femmes, certains ont brandi des affiches avec le slogan "Women, Life, Freedom" (Femmes, Vie, Liberté, ndlr), d'autres des drapeaux kurdes.

"Aujourd'hui des milliers de personnes affichent leur solidarité aux courageuses femmes et aux manifestants en Iran", a affirmé la ministre allemande de la Famille, l'écologiste Lisa Paus, sur Twitter. "Nous sommes à vos côtés", a-t-elle ajouté.

Les manifestations continuent également en Iran. Les commerçants et ouvriers dans plusieurs villes ont organisé des grèves samedi.

Le média en ligne 1500tasvir a fait état de "grèves (...) organisées dans des villes, dont Sanandaj, Bukan et Saqez (nord-ouest)". Cette dernière est la ville natale de Masha Amini.

A Tabriz, capitale de la province de l'Azerbaïdjan oriental, des dizaines de travailleurs se sont rassemblés devant une chocolaterie, d'après d'autres vidéos qui n'ont pas pu être vérifiées dans l'immédiat par l'AFP.

Rassemblements dans les universités

Des étudiants ont protesté dans plusieurs universités du pays, a indiqué 1500tasvir, citant la Faculté des arts et d'architecture de Yazd (centre), l'université de Téhéran, l'université Allameh Tabatabai, dans l'est de la capitale, l'université Razi à Kermanshah (nord-ouest), ainsi que celles de Hamedan (ouest), Ahvaz et Yasouj (sud-ouest).

Un syndicat d'enseignants a appelé à une grève nationale dans le pays dimanche et lundi pour dénoncer la répression qui, selon Amnesty International, a coûté la vie à au moins 23 enfants.

Les autorités, qui voient dans la plupart des manifestations des "émeutes", minimisent leur portée et les imputent aux "ennemis" de la République islamique comme les Etats-Unis.

Samedi, le vice-ministre de l'Intérieur Majid Mirahmadi a admis des rassemblements dans des universités mais "avec de moins en moins de gens". "Les émeutes connaissent leurs derniers jours", a-t-il assuré, cité par l'agence officielle Irna.

Mahsa Amini, 22 ans, était décédée trois jours après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, où le voile est obligatoire pour toutes les femmes dans l'espace public.

La répression des protestations, les plus importantes en Iran depuis celles de 2019 contre la hausse du prix de l'essence, ont fait au moins 122 morts dont des enfants, selon l'Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo.