De Kharkiv à Donetsk, les soldats ukrainiens restent optimistes et déterminés

 Des militaires ukrainiens se préparent à retourner sur le front, près de Koupiansk, en Ukraine, samedi 18 février 2023.
Des militaires ukrainiens se préparent à retourner sur le front, près de Koupiansk, en Ukraine, samedi 18 février 2023. Tous droits réservés Vadim Ghirda/AP
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Par euronews avec AFP, AP, EFE
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Selon le gouverneur ukrainien de la province de Louhansk, l’armée ukrainienne détruirait chaque jour des équipements lourds de l’armée russe. Le militaire assure que malgré une situation difficile sur l'ensemble du front, les soldats ukrainiens restent pleinement maîtres de la situation.

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Les militaires ukrainiens de la région de Kharkiv restaient optimiste samedi malgré les tentatives de percée des forces du Kremlin.

Selon un membre de la 92e brigade mécanisée, les Russes avaient concentré leurs efforts sur la percée des lignes ukrainiennes dans la région de Koupiansk, mais avançaient de "manière chaotique". "Nous repoussons leurs attaques avec plus de précision et d'exactitude", a ajouté le combattant ukrainien avant de retourner sur le front.

Les villages situés à proximité de Koupiansk, ville de l’oblast de Kharkiv, subissent des attaques quotidiennes.

Dans le village de Zelene, les explosions se succèdent et les civils, toujours dans l’angoisse d’une nouvelle attaque, attendent l’aide humanitaire. Zelene ne se trouve qu’à environ 10 kilomètres de la ligne de front.

Kyiv affirme par ailleurs que les Russes tentent de percer les défenses ukrainiennes dans la zone de Kreminna. L’endroit fait faisait face ce dimanche à de nombreux tirs d'obus et de violentes attaques.

En direction de Svatove, les positions ukrainiennes sont plus "stables" selon Serhiy Hayday, le gouverneur ukrainien de la province de Louhansk, et l’armée ukrainienne détruirait chaque jour des équipements lourds de l’armée russe. Le militaire assure que malgré une situation difficile sur l'ensemble du front dans cette région orientale, les soldats ukrainiens restent pleinement maîtres de la situation face à la nouvelle offensive russe.

Dans l'est de l'Ukraine

Dans les environs désertés d'une localité proche de la ligne de front dans la région de Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, un soldat ukrainien, agenouillé, se tient prêt à tirer, le doigt ganté sur la gâchette de son fusil d'assaut.

"Les Russes veulent contrôler cette route", assure son commandant, qui répond au nom de "Virus", sans quitter du regard une rue résidentielle recouverte de neige.

Derrière les murs du jardin et au-delà, des chiens aboient tandis que des tirs d'armes légères crépitent au loin, entre les sons étouffés des tirs d'artillerie.

Vendredi marquera un an depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, et beaucoup s'attendent à une intensification des combats à cette occasion.

Mais pour "Virus" et son unité "Witcher", qui ont été déployés dans la région très disputée de Donetsk (est), les attaques russes n'ont jamais faibli ces douze derniers mois.

Le long de la ligne de front, notamment dans la ville de Bakhmout, les forces russes ont soumis les troupes ukrainiennes à une pression constante, ajoute-t-il. Mais la ligne ukrainienne tient bon, selon lui, et ses soldats sont prêts en cas d'escalade du conflit.

"Si vous me demandez, la situation n'a pas changé pour notre unité", confie-t-il, avant de se fondre dans un épais brouillard, espérant en profiter pour localiser les troupes ennemies.

"Certaines personnes parlent d'une nouvelle offensive, mais les Russes attaquent tous les jours", souligne-t-il.

Après des semaines d'hésitation de la part des alliés de Kyiv, qui craignaient une escalade du conflit, de nouveaux chars de fabrication occidentale sont en route pour l'Ukraine. 

Mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky a à présent ajouté des avions de chasse à sa liste de matériel nécessaire pour chasser les forces russes de son territoire occupé, poussant à nouveau l'alliance à la réflexion.

"Virus", équipé d'une caméra montée sur casque, d'un fusil d'assaut AR-15 et de vêtements de camouflage chauds et imperméables contre le froid glacial, ne semble pas manquer de matériel.

Il reconnaît toutefois que sur le terrain, la "technologie de l'aviation" les aiderait certainement à se défendre contre les frappes aériennes russes, et à endiguer le flux très "important" d'attaques de troupes ennemies.

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La stratégie russe, et en particulier le recours au groupe de mercenaires Wagner à Bakhmout, renforcé par le déploiement de prisonniers inexpérimentés, ont été étudiés de près par les militaires ukrainiens.

Les lourdes pertes essuyées à Bakhmout, théâtre d'une sanglante bataille depuis le début de la guerre, ont donné à cette ville anéantie le surnom de "hachoir à viande".

Selon "Virus", la Russie emploie des méthodes similaires ailleurs sur le front, en envoyant cinq groupes de dix hommes en salves rapides pour attaquer les troupes ukrainiennes.

Celles-ci repoussent alors les premières vagues, précise-t-il, mais "le temps d'arriver à la cinquième, ils prennent possession de nos tranchées car nous n'avons pas le temps de recharger nos armes, juste car nous n'avons pas le temps de les tuer".

"Ils ne se soucient pas de la vie de leurs soldats", abonde le commandant.

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Une maison pour quartier général

Nourris de nouilles déshydratées, de biscuits et d'autres sucreries, les soldats de l'unité "Witcher" s'occupent comme ils peuvent dans leur quartier général, une petite maison abandonnée où vivait vraisemblablement une personne âgée.

Dans une pièce recouverte de papier peint floral, des boîtes de munitions ouvertes sont entreposées à même le sol. Plus loin, des armes semi-automatiques reposent contre un vaisselier.

Près d'un an après le début de la guerre, "Virus" et ses hommes affirment que le moral de la résistance ukrainienne reste élevé, malgré les faibles chances d'une fin imminente du conflit.

L'un des membres de l'unité, l'opérateur radio "Spider", déclare qu'il est prêt à tout pour repousser les forces russes hors de l'Ukraine et garantir la paix.

"Si l'on a besoin de moi pour tirer à la mitrailleuse, je le ferai", assure-t-il. "Si l'on a besoin de moi pour faire fonctionner un système antichar, je le ferai aussi".

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