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La nouvelle stratégie de Sécurité intégrée de Berlin, un document de 80 pages dévoilé

Le ministre des Finances Christian Lindner, la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, et le chancelier Olaf Scholz en point presse sur la Sécurité à Berlin
Le ministre des Finances Christian Lindner, la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, et le chancelier Olaf Scholz en point presse sur la Sécurité à Berlin Tous droits réservés Markus Schreiber/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
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Par euronews avec AFP, AP
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Première puissance économique européenne, l'Allemagne cible Pékin et Moscou dans sa stratégie de Sécurité intégrée, un document de 80 pages qui évoque tous les enjeux de sécurité intérieure et extérieure auxquels Berlin doit faire face.

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L'Allemagne a pris conscience des risques militaires, économiques et sociaux croissants auxquels elle est confrontée. C'est ce qu'a déclaré le gouvernement en dévoilant sa toute première stratégie de sécurité intégrée, un fait sans précédent dans l'histoire du pays depuis la Seconde Guerre mondiale. 

Cette approche a été proposée pour la première fois par la coalition au pouvoir il y a deux ans, mais l'invasion de l'Ukraine par la Russie lui a donné un nouvel élan.

L'Allemagne cible Moscou, "la plus grande menace pour la paix" et Pékin, "rival systémique", dans sa Stratégie nationale de sécurité, selon le document inédit de 80 pages dévoilé ce mercredi.

Après des mois de discussions et de tensions au sein de la coalition, le gouvernement d'Olaf Scholz a présenté cette synthèse définissant les enjeux de sécurité auxquels est confrontée la première puissance économique européenne :

"Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, nous avons élaboré une stratégie de sécurité nationale". (...)"Cette suit le principe directeur de la sécurité intégrée. Il ne s'agit pas seulement de la défense et de la Bundeswehr, mais de l'ensemble de notre sécurité - de la diplomatie à la police, aux pompiers et aux organisations d'aide technique, en passant par la coopération au développement, la cybersécurité et la résilience des chaînes d'approvisionnement."

Maintes fois annoncé et reporté, ce document voit enfin le jour au sein d'une coalition en baisse dans les sondages et marquée par des tensions entre écologistes et libéraux sur le budget et la lutte contre le réchauffement climatique.

Ce document, moins ambitieux qu'initialement prévu par le contrat de coalition conclu fin 2021, dresse un panorama des enjeux de sécurité, des relations avec Moscou et Pékin à la cybersécurité, en passant par les menaces climatiques.

"La sécurité au XXIe siècle, c'est obtenir de manière fiable des médicaments vitaux à la pharmacie. La sécurité, c'est ne pas être espionné par la Chine lorsque l'on discute avec des amis ou ne pas être manipulé par des robots russes lorsque l'on navigue sur les réseaux sociaux", a résumé la cheffe de la diplomatie allemande, l'écologiste Annalena Baerbock, lors de la présentation du document.

Sans surprise, la Russie est hissée au rang de "plus grande menace pour la paix et la sécurité dans la région euro-atlantique dans un avenir prévisible". 

L'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022 a marqué un "changement d'époque" pour la politique étrangère et de défense allemande, qui doit entraîner un réarmement du pays, a expliqué Olaf Scholz.

La commission budgétaire du Bundestag a d'ailleurs donné son feu vert mercredi à une première tranche de financement pour acquérir un système israélien de défense antimissiles balistiques Arrow, d'un coût total de 4 milliards d'euros.

Berlin confirme sa volonté de consacrer 2% de son PIB à la défense, bien que la trajectoire financière reste encore floue.

La Chine, à la fois "partenaire, concurrente et rivale systémique"

"La Chine tente par différents moyens de remodeler l'ordre international existant basé sur des règles, revendique de plus en plus offensivement une suprématie régionale et agit sans cesse en contradiction avec nos intérêts et nos valeurs", estime le gouvernement allemand.

"Nous constatons que les éléments de rivalité et de concurrence ont augmenté ces dernières années", note le document.

Une délégation de responsables chinois menée par le Premier ministre Li Qiang est attendue à Berlin la semaine prochaine pour des consultations gouvernementales germano-chinoises.

Pour Berlin, avec l'action de Pékin, "la stabilité régionale et la sécurité internationale sont de plus en plus sous pression" et "les droits de l'homme ne sont pas respectés".

Malgré tout, "la Chine reste un partenaire sans lequel de nombreux défis et crises mondiaux ne peuvent être résolus", souligne le document.

Pour Olaf Scholz, "il s'agit de faire en sorte que la Chine continue à croître économiquement, que l'intégration de la Chine dans le commerce mondial et dans les relations économiques mondiales ne soient pas entravée". "Mais il faut en même temps tenir compte des questions de sécurité qui se posent à nous", a-t-il expliqué à la presse.

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Premier partenaire économique de l'Allemagne et marché vital pour son puissant secteur automobile, la Chine a longtemps été ménagée par Berlin, qui a toutefois durci le ton depuis plus d'un an face aux menaces visant Taïwan et les persécutions contre les Ouïghours.

L'Allemagne s'aligne sur la doctrine de l'Union européenne qui ne cherche pas à se "couper" ("decoupling") complètement de la Chine, mais à réduire les risques ("de-risking").

Cette Stratégie n'a pas convaincu l'opposition, le chef du parti conservateur CDU en particulier. 

Le document est "exsangue en termes de contenu, stratégiquement non pertinent et sans conséquences en termes de politique étrangère", a fustigé Friedrich Merz (CDU). Il critique notamment l'abandon de l'idée, un temps évoquée, de créer un Conseil national de la sécurité, sur le modèle américain.

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