Turquie : Ankara a mené des frappes aériennes en Irak et en Syrie après la mort de 12 soldats Turcs

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Par Somaya Aqad, Euronews, Agences
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La Turquie a mené ce week-end une opération aérienne "contre des cibles terroristes dans le nord de la Syrie et de l'Irak" en représailles à la mort de douze de ses soldats en deux jours dans le nord de l'Irak où elle dispose de bases militaires.

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Dans le nord-est de la Syrie, au moins huit civils ont été tués dans des frappes aériennes turques lundi, dont deux femmes, a déclaré Farhad Shami, porte-parole des Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes, dans un message sur X, anciennement Twitter.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, un organisme de surveillance de la guerre basé au Royaume-Uni, a déclaré que 12 autres personnes avaient été blessées.

La Turquie a mené 128 frappes dans le nord-est de la Syrie en 2023, tuant 94 personnes, selon l'Observatoire.

Vendredi, des responsables turcs ont déclaré que des militants affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe séparatiste kurde qui mène une insurrection contre la Turquie depuis les années 1980, avaient tenté d'infiltrer une base turque dans la région kurde semi-autonome du nord de l'Irak. Selon eux, six soldats turcs ont été tués dans les échanges de tirs qui ont suivi. Le lendemain, six autres soldats turcs ont été tués lors d'affrontements avec des militants kurdes.

En réponse, Ankara a lancé des frappes sur des dizaines de sites associés, selon elle, au PKK en Irak et en Syrie.

Certaines de ces frappes ont touché des sites de l'industrie pétrolière, des établissements de santé et des infrastructures vitales dans le nord-est de la Syrie, réduisant la production d'électricité de 50 % samedi, selon l'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie, une autorité dirigée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie qui, selon la Turquie, est affiliée au PKK, mais qui est un allié clé des États-Unis.

La Turquie et Washington considèrent tous deux le PKK comme un groupe terroriste, mais ne sont pas d'accord sur le statut des groupes kurdes syriens, qui ont été alliés aux États-Unis dans la lutte contre le groupe État islamique en Syrie.

Les Kurdes exhorte les Nations Unies d'agir

Dans sa déclaration, l'administration kurde a exhorté les Nations unies à intervenir, avertissant que les attaques turques pourraient menacer la sécurité de la région.

Elle a indiqué que l'une des frappes avait touché un site proche de la prison d'Alaya à Qamishli, qui abrite des membres de l'EI.

Les Kurdes syriens, après la guerre en Syrie déclenchée en 2011, ont établi une administration autonome dans les zones qu'ils contrôlent dans le nord et l'est du pays, qui sont régulièrement prises pour cibles par l'armée de la Turquie, pays voisin de la Syrie et de l'Irak.

Alliées des Etats-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition dominée par les Kurdes, tiennent ces zones.

Ankara considère la principale composante des FDS, les YPG (Unités de protection du peuple), comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, turc), qualifié d'"organisation terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux.

Lundi, les bombardements turcs ont ciblé des installations gérées par l'administration autonome kurde tuant huit civils, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres mais disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie.

Parmi les morts, cinq ont péri dans une frappe contre une imprimerie dans la ville de Qamichli, dans la province de Hassaké, près de la frontière turque, a précisé l'ONG.

L'aviation turque a mené plus de 20 frappes aériennes dans la région, principalement sur Qamichli et ses environs, selon l'OSDH et des correspondants de l'AFP sur place.

"Plus de 25 installations civiles" ont été visées, a affirmé sur X (ex-Twitter) Farhad Shami, porte-parole des FDS, confirmant le bilan de huit civils tués.

Samedi soir, l'OSDH a fait état de frappes contre des sites pétroliers près de la frontière turque.

Les douze militaires turcs ont péri dans deux attaques séparées contre des bases militaires turques vendredi et samedi dans le nord de l'Irak, selon le ministère turc de la Défense.

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L'armée turque, qui déploie également des soldats dans le nord de la Syrie, déclenche régulièrement des opérations militaires terrestres et aériennes contre les positions du PKK qui dispose de bases arrière dans le Kurdistan d'Irak (nord).

Le PKK est en lutte armée contre les autorités turques depuis 1984.

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