Marie-Agnes Zimmermann : "Nous n'avons plus le temps de discuter, il faut passer à l'action"

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Par Shona Murray
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Candidate principale du parti Renew Europe, Marie-Agnes Strack-Zimmermann considère que l'Union européenne doit participer de façon plus active aux conflits mondiaux, et simplifier sa bureaucratie pour stimuler le développement économique du continent.

À quelques semaines des élections européennes, nous avons rencontré Marie-Agnes Strack-Zimmermann, membre du Parlement allemand et candidate principale du parti Renew Europe.

Nous évoquons ensemble la réponse européenne à la guerre en Ukraine, le bilan d'Ursula von der Leyen à la tête de la Commission, et l'avenir de la transition écologique de l'Europe.

Les libéraux à la traîne dans les sondages

Marie-Agnes Zimmerman a toujours été une européenne convaincue. Face à l'essor de l'extrême droite en Europe, elle estime qu'il est plus important que jamais de défendre les valeurs libérales.

"Dans cette période vraiment compliquée, il n'est pas facile pour les gens de choisir un parti qui donne aux citoyens la possibilité de décider par eux-mêmes", avance-t-elle. "Beaucoup de personnes, en Allemagne en particulier, se tournent vers des leaders plus stricts en espérant qu’ils résoudront leurs problèmes pour eux".

"Dans la pensée libérale, nous considérons que vous devez être libre de penser et que vous restez responsables de votre vie, même dans des périodes particulièrement difficiles", ajoute la candidate.

Les sondages placent actuellement le parti Renew Europe en 3ème position des intentions de vote, et prédisent des résultats record pour les partis d'extrême droite, tels que l'AfD en Allemagne.

"Il faut expliquer aux gens que voter pour l'AfD pourrait avoir des conséquences tragiques. Nous savons que l'objectif de l’AfD au Parlement européen sera de nuire au fonctionnement de l’Union".

Alice Weidel, leader de l'AfD, a récemment affirmé dans une interview au Financial Times qu'elle soutiendrait la sortie de l'Allemagne de l'Union si elle était élue au Parlement européen

"Elle a déclaré cela publiquement et je pense qu'il est très important qu'elle l'ait fait, pour que tout le monde comprenne que l'AfD est un parti national, pas un parti européen", affirme Marie-Agnes Zimmermann.

"Et il y a deux semaines, nous avons eu une discussion en Allemagne sur le Deutsche mark parce qu'ils souhaitent le rétablir. Pouvez-vous imaginer cela ?"

Le Pacte vert retardé par la bureaucratie européenne ?

Pour la candidate de Renew Europe, le poids de l'administration est un frein pour les entreprises et l'innovation sur le continent européen.

Marie-Agnes Zimmerman déclare : "Si vous parlez à des entrepreneurs en Allemagne, qui souhaitent réellement travailler pour un futur plus vert, ils ont tous le même problème : la bureaucratie".  

"Tout le monde est enthousiaste, les gens veulent changer les choses mais ils se heurtent à des règles, des règles, encore des règles".

Selon elle, la complexité de l'administration européenne bride toute l'économie du continent.

"Nous constatons que les jeunes leaders, les entrepreneurs, les start-ups, quittent l'Europe, et c'est terrible", explique la candidate.

"Le poids de la bureaucratie européenne est trop important pour les entreprises qui souhaitent s’installer sur le continent. Et ces entrepreneurs, ces jeunes, ils veulent rester ici, ils veulent vivre ici. Ils veulent réussir ici"

Le soutien européen en Ukraine

Au début de l'invasion russe en Ukraine, Marie-Agnes Zimmermann avait l'impression que l'Europe était plus soudée que lors de l'annexion de la Crimée en 2014. Mais deux ans plus tard, elle n'est plus aussi confiante.

"Par exemple, il y a quelques mois, Ursula von der Leyen évoquait 1 million de munitions. Mais elles n’ont jamais atteint l'Ukraine".

La candidate ajoute : "Il s’agit d’un problème urgent, qui ne peut pas attendre. Si nous promettons une livraison, nous devons tenir notre promesse. L’Ukraine a reçu 300 000, peut-être 400 000 balles, nous sommes très loin du million".

Selon elle, si l'Ukraine perd cette guerre, les conséquences seront désastreuses, non seulement dans l'Union européenne mais dans le monde entier.

"Certains pays ont l'impression que cette situation ne les concerne pas, mais c'est un problème, un problème majeur pour l'ensemble de l'Europe. Et nous devons faire plus", affirme Marie-Agnes Zimmermann.

Elle s'oppose ainsi aux récentes prises de position du chancelier allemand Olaf Scholz au sujet des missiles Taurus, indispensables selon elle à l'effort de guerre ukrainien.

"Olaf Scholz veut être le chancelier de la paix. Mais nous sommes tous des politiciens de la paix. Tout le monde veut arrêter cette guerre. Mais d'une bonne manière. Il ne s’agit pas de laisser la Russie envahir la totalité de l'Ukraine".

Quel est le bilan d'Ursula von der Leyen ?

Présidente de la Commission européenne depuis 2019, Ursula von der Leyen laisse un bilan mitigé, selon la candidate de Renew, en particulier concernant la situation en Ukraine.

"En termes de sécurité, ce n'est pas vraiment une réussite", considère Marie-Agnes Zimmermann, qui ajoute : "Je suis très déçue parce qu'elle a été ministre de la Défense de l'Allemagne pendant six ans. Elle sait mieux que personne ce qui se passe quand on perd du temps".

"Pourquoi n'a-t-elle pas parlé de sécurité militaire quand elle a pris son poste de présidente de la Commission ? Elle connaît ce sujet, elle sait ce qui s’est passé (lors de l'invasion de la Crimée) en 2014".

En ce qui concerne le respect des droits de l'Homme, la candidate libérale ne s'attendait pas à ce que la Commission accorde 10 milliards d'euros d’aide à Viktor Orbán dans le cadre des négociations autour de l'aide européenne à l'Ukraine.

"Tout le monde a été choqué. Bloquer 50 milliards, puis donner 10 milliards à Viktor Orban pour obtenir son accord. C'est vraiment incroyable".

Comment mettre un terme aux tensions au Moyen-Orient ?

Enfin, concernant le conflit israélo-palestinien, Marie-Agnes Zimmermann considère qu'il est "primordial d'ouvrir la voie vers un processus de paix au Moyen-Orient".

Selon elle, les perspectives sont relativement encourageantes.

"On peut voir que beaucoup de pays occidentaux, comme l'Allemagne, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, regardent vers l'avant".

"Des États comme la Jordanie et le monde arabe dans son ensemble, tout le monde au Moyen-Orient aspire à la paix. Et je pense qu’à l’avenir, nous aurons une véritable opportunité de poser les fondations d’un pays pour le peuple palestinien", conclut-elle.

Journaliste • Vincent Reynier

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