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Biennale de Venise : l'Ouzbékistan invite à échanger sur l'art et la science

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Par Marta Brambilla

Pendant la Biennale de Venise, le souffle de l'art se propage dans la ville. Cette édition 2022 qui se déroule jusqu'au 27 novembre dans la cité des Doges se distingue par un désir renouvelé après la pandémie de partager des idées, expériences et émotions esthétiques car sur place, la beauté est partout.

80 pays participent à cette 59e Biennale d'Art contemporain dont l'Ouzbékistan qui dispose pour la première fois, de son propre pavillon. Le pays d'Asie centrale était déjà présent à la Biennale d'architecture de Venise l'an dernier

Cette année, le pavillon ouzbek n'a rien à voir avec une salle d'exposition classique : il s'agit plutôt d'une plateforme où l'on peut dialoguer et apprendre les uns des autres.

"C'est un grand plaisir de voir que notre pavillon facilite les échanges créatifs entre les artistes et les musiciens, qu'ils soient ouzbeks ou étrangers," s'est félicitée Saida Mirziyoyeva, vice-présidente du conseil de la Fondation pour le développement de la culture et de l'art de la République d'Ouzbékistan (ACDF). "La Biennale est une occasion pour nous tous," a-t-elle poursuivi, "de nous rassembler et de coopérer et les dirigeants de la République d'Ouzbékistan sont heureux de promouvoir cet esprit de collaboration".

"Apprendre et donner en retour"

Donner à chacun, et en particulier aux jeunes, la possibilité d'apprendre est au cœur de la démarche de l'Ouzbékistan comme l'a souligné Gayane Umerova, directrice exécutive de la fondation ACDF. "L'éducation est l'essence même de notre pavillon car cet espace lui est entièrement dédié," a-t-elle indiqué. "Nous invitons des conservateurs, des artistes et des historiens à discuter avec les artistes ouzbeks et à créer une atmosphère riche où l'on s'implique et où l'on se soutient mutuellement, mais aussi un lieu de connaissances où chacun peut apprendre de l'autre," a-t-elle précisé avant de décrire l'espace de discussion en cercle où le public et les artistes peuvent s'asseoir : "C'est un peu comme un espace de méditation où chacun est incité de manière naturelle, à exposer ses connaissances, à apprendre, mais aussi à donner en retour."

Jardin de la sagesse

Des buissons de lavande de mer, avec leur parfum délicat, sont disséminés dans le pavillon. L'installation intitulée "Jardin de la sagesse" fait référence à l'ancienne tradition islamique du jardin comme lieu de partage et d'échange. Ce patrimoine culturel et scientifique devait occuper une place essentielle dans cet espace selon son conservateur Josef Grima du Space Caviar Studio.

"Ce pavillon est le fruit d'une réflexion sur le travail d'un éminent scientifique pluridisciplinaire et mathématicien du IXe siècle appelé Al-Khwârizmî," nous a-t-il expliqué. "Il a laissé un héritage incroyablement important, y compris dans le domaine de l'informatique," a-t-il souligné avant de déclarer : "Le mot algorithme est même une référence à l'Ouzbékistan dans le sens où il vient de "algoritmi" qui était le nom latin d'Al-Khwârizmî qui était originaire de la région de Khwārezm en Ouzbékistan. Le fait qu'en réalité, les choses que nous prenons pour acquises ont bien plus de significations différentes et de liens avec d'autres cultures et d'autres lieux que nous le pensons est extrêmement fascinant," a-t-il estimé.

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Le pavillon de l'Ouzbékistan à la Biennale de Venise se veut un lieu d'échanges et de créationeuronews

Création algorithmique infinie

Ce jour-là, c'est aussi grâce aux algorithmes que Charli Tapp, artiste et compositeur, et Abror Zufarov, célèbre musicien traditionnel ouzbek, font dialoguer leurs instruments. Le piano et le tanbûr se font écho pour donner vie à une création algorithmique infinie.

Cette œuvre vivante unique sera complétée par le travail d'autres musiciens qui seront invités à jouer au cours des prochains mois à la Biennale de Venise.

Journaliste • Marta Brambilla