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Résilience de la biodiversité : la restauration des écosystèmes

Monarch butterfly
Monarch butterfly Tous droits réservés Ann Heisenfelt/AP
Tous droits réservés Ann Heisenfelt/AP
Par Ophélie Barbier avec AP
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Face à la dégradation des espaces naturels et à la disparition de nombreuses espèces, restaurer les écosystèmes est devenu une préoccupation de taille.

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Des entreprises, laboratoires et instituts de recherche se spécialisent dans la restauration écologique, qui permet d’aider à l’auto-réparation d’un écosystème affaibli ou altéré. Ces techniques permettent à la biodiversité de retrouver un équilibre, de restaurer la vie sauvage qui la constitue et ainsi, préserver des milieux et des espèces.

Cédric Jacquier est écologue et travaille pour une entreprise d'expertise naturaliste. D'après lui, trois techniques permettent de restaurer un écosystème, en fonction de la perturbation qu'a subi le milieu naturel en question : la restauration écologique, la réhabilitation ou la réaffectation.

"Si la perturbation est faible, on peut restaurer l’écosystème, c’est à dire revenir à un écosystème similaire à celui qui a précédé la perturbation", explique l'expert. La réhabilitation, quant à elle, est utilisée lorsque la perturbation est modérée : on ne peut revenir à l’écosystème originel, mais on va s’en rapprocher. "Et pour finir, la réaffectation est utile lorsque la perturbation a été trop importante", conclue Cédric Jacquier. "On recrée un écosystème, qui tend au maximum vers l’écosystème originel".

Des exemples de restaurations écologiques

Les trois techniques expliquées précédemment prennent différentes formes. "La renaturation des cours d'eau est un bel exemple d'écologie de la restauration", cite Cédric Jacquier, qui cite le "reméandrage". Cette technique consiste à redonner la bonne trajectoire d'un ruisseau et à créer des virages, pour que des sinuosités, ou "méandres", se forment. "On s'est aperçus que refaire méandrer les cours d'eau, c'est à dire les faire revenir à un état naturel, permettait de rétablir la biodiversité inféodée à ce milieu", démontre l'écologue.

Autre exemple, celui de la restauration en 2009 d'un ancien verger de la plaine de Crau en Camargue. “Il s'agissait d'un ancien verger industriel, réhabilité en coussouls. Ce sont des plaines très sèches, comme les steppes, favorables à des espèces que l’on ne trouve presque qu’en région PACA, en France”, explique Cédric Jacquier. À cause de l'arboriculture, la surface de la plaine de Crau avait diminué de 80% en 400 ans.

Des experts en restauration écologique ont alors réhabilité la plaine : arrachage d'arbres fruitiers et de peupliers, réintroduction d'ovins qui ont maîtrisé la végétation, plantation de végétaux "nurses" qui ont facilité la croissance d'autres plantes... Cette réhabilitation a marqué le retour de la végétation steppique et de sa faune.

GERARD JULIEN/AFP
Photo aérienne réalisée le 18 août 2011 de la plaine de la Crau, plaine steppique, la plus étendue d'Europe occidentale, située entre Arles et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).GERARD JULIEN/AFP

La restauration d’un écosystème peut également passer par la réintroduction d’espèces clé de voûte, telles que le castor, qui permettent de restructurer des écosystèmes. Quand un castor s’installe, il crée des barrages et l’eau déborde en nourrissant les sols d'humidité. Dès lors, la végétation s’installe. 

À cause de l'industrialisation et des dégradations de l'environnement, les fonctionnalités écologiques de beaucoup d'espaces naturels ont été modifiées. L'écologue Cédric Jacquier fait la comparaison entre une forêt touchée par la main de l'homme et une forêt non exploitée. “En Pologne, Białowieża est une forêt primaire qui n’a jamais été exploitée. Un hectare de cette forêt équivaut à 100 hectares d’une forêt française en termes de fonctionnalités biologiques (intérêt pour l'accueil des espèces forestières, nombre d'espèces, interactions entre elles). Si l’on veut qu’une forêt de chez nous ait les mêmes fonctionnalités écosystémiques, il faudrait attendre entre 300 et 400 ans minimum".

Évaluer l'état d'un écosystème, est-ce possible ?

La société Argaly analyse l'ADN des espèces présentes dans l'environnement, afin d'obtenir une meilleure connaissance de la biodiversité et d'évaluer la qualité d'un milieu. Cette analyse est utilisée dans le cadre d'études d'impact, de détection d'espèces rares ou invasives dans un espace naturel.

Pour la co-fondatrice et directrice générale d'Argaly, Marie Pierron, l’ADN environnemental correspond à toutes les traces d’ADN que peuvent laisser des espèces derrière elles, comme des poils ou du mucus. À partir d’un échantillon de sol, de sédiment, d’eau ou d’herbe, il s'agit de détecter ces traces qui traînent dans l'environnement en question : "les bactéries, les champignons, les vers de terre... peuvent être des indicateurs de la qualité d’un sol”, indique Marie Pierron.

Jessica Hill/AP2007
LichensJessica Hill/AP2007

Cela peut servir à élaborer un inventaire des espèces présentes et "avoir une meilleure connaissance de la biodiversité pour mieux la gérer”, résume Marie Pierron. Par exemple, un éleveur peut prélever des échantillons dans son champ pour en faire analyser l’ADN et savoir si les composantes de ce sol sont bonnes pour l'alimentation de ses bêtes. “Nous allons en avoir besoin, au niveau agricole notamment, pour proposer des systèmes sains et plus durables dans le temps”, conclue la directrice d'Argaly.

Décortiquer les composantes d’un sol est alors utile à la restauration des écosystèmes car pour restaurer, “il faut avoir une idée initiale de l’état de la biodiversité et faire un état des lieux, avoir une idée de ce qu’il y avait dans l'environnement avant sa dégradation".

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