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Ce lundi : débat entre les principaux candidats à la présidence de la Commission européenne

Ursula von der Leyen a lancé sa campagne sous le slogan : « Plus qu'une Union. Notre maison. »
Ursula von der Leyen a lancé sa campagne sous le slogan : « Plus qu'une Union. Notre maison. » Tous droits réservés Jean-Francois Badias/Copyright 2024 The AP. All rights reserved.
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Par Jorge Liboreiro
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Cet article a été initialement publié en anglais

Lors d'un débat ce lundi, les principaux candidats à la présidence de la Commission européenne vont affronter Ursula von der Leyen, la présidente sortante, donnée favorite.

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C'est le grand débat du jour. A six semaines des élections européennes, les principaux candidats à la présidence de la Commission européenne ont rendez-vous à Maastricht ce lundi (à partir de 19 heures) pour débattre de leurs priorités et de leur programme. I

Tous les regards seront tournés vers la présidente sortante, Ursula von der Leyen, qui brigue un second mandat sous les couleurs du Parti populaire européen. Mais ses concurrents multiplient les critiques à son encontre. A droite c'est sa politique du Green Deal qui est dans le collimateur, et les aspirants à sa gauche dénoncent l'alliance toujours plus étroite de son parti avec les forces de droite dure et d'extrême droite.

Pour un(e) président(e) de la Commission en exercice, un débat de type présidentiel constitue une nouveauté. Même si, après cinq ans de mandat, Ursula von der Leyen dispose d'un certain avantage, elle qui a dû si souvent croiser le fer au Parlement pour défendre son rôle de chef de l'exécutif européen afin de promouvoir des "solutions européennes" face aux "défis européens".

En cinq, l'ancienne ministre allemande de la Défense est devenue une personnalité pragmatique et idéologiquement flexible qui a réussi à approfondir ses liens avec les dirigeants de droite et de gauche, du Grec Kyriakos Mitsotakis à l'Espagnol Pedro Sánchez, afin de faire avancer son ambitieux programme, dont la grande majorité a déjà atteint la ligne d'arrivée.

Ursula von der Leyen a ainsi évité de recourir au style fractionné et sans faille qui caractérise traditionnellement la politique partisane. Un style qui a souvent agacé. Les députés européens se sont plaints de la façon dont la présidente quitte les sessions plénières à mi-chemin laissant ses commissaires répondre aux questions sensibles.

Mais alors que la campagne bat son plein, la présidente sortante ne pourra pas cette fois de défiler.

Vendredi, l'équipe électorale de von der Leyen, dirigée de manière controversée par son chef de cabinet, en congé sans solde, a dévoilé son slogan officiel : "Plus qu'une Union, notre maison » — et de nouvelles photos de la candidate sous les mots « Ursula 2024 » entre des étoiles jaunes européennes.

Les images ont été immédiatement diffusées sur tous les réseaux sociaux de son parti, le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit. L'équipe n'aura toutefois pas recours à TikTok,l'application de partage de vidéos appartenant à des Chinois qui est devenue un phénomène chez les adolescents et un casse-tête en matière de sécurité pour les décideurs politiques.

L'iconographie est une tentative non dissimulée de personnaliser fortement la campagne et de placer von der Leyen au premier plan des efforts du PPE pour rester le groupe le plus important au Parlement, même si elle ne brigue pas un siège dans l'hémicycle.

Malgré son rôle dominant à Bruxelles, qui, selon les sondages, ne sera pas modifié, le PPE continue de lutter pour prendre la tête de l'un des principaux États membres. À ce jour, le plus grand pays du bloc dirigé par un politicien du PPE est la Pologne après la victoire électorale de Donald Tusk l'année dernière. Les « Big Four », à savoir l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne, sont aux mains de partis concurrents.

L'absence de courant à haute tension a fait de von der Leyen le visage le plus reconnaissable du PPE au sein du parti, comme en témoigne désormais la campagne. Cette position centrale contraste toutefois avec l'opposition que certaines de ses politiques phares, notamment l'interdiction progressive des moteurs à combustion, la loi sur la restauration de la nature et une proposition aujourd'hui disparue visant à réduire l'utilisation de pesticides, ont suscitée dans les rangs du PPE.

Pourtant, n'ayant aucune alternative claire en vue, la formation de centre-droit mise beaucoup sur von der Leyen pour un second mandat qui devrait se concentrer sur la compétitivité et la défense, qui ont tendance à plaire à l'électorat conservateur.

"Prospérité. Sécurité. Démocratie. C'est ce qui intéresse les gens en ces temps difficiles. Et c'est ce que défendra le PPE lors de cette élection", a d'ailleurs déclaré von der Leyen dans une citation incluse dans le dossier de presse de sa campagne.

La nomination du président de la Commission européenne est d'abord approuvée par le Conseil européen, puis confirmée par le Parlement européen, un processus délicat en deux étapes qui oblige les candidats à passer du statut d'agent partisan à celui de créateur de consensus.

Outre ses relations solides avec les capitales, qui sont essentielles pour obtenir l'approbation du Conseil européen, Ursula von der Leyen profite également du profil bas, voire inexistant, de ses autres concurrents.

L'aspirant le plus en vue de la course est Nicolas Schmit, le commissaire européen à l'emploi et aux droits sociaux, qui représente le Parti des socialistes européens (PSE). Le Luxembourgeois a jusqu'à présent évité les attaques directes contre son patron actuel et s'est concentré sur la "normalisation" des sujets de discussion entre l'extrême droite et le PPE.

Le débat de Maastricht, co-organisé par Politico Europe et Studio Europa, mettra également en vedette Marie-Agnes Strack-Zimmermann (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe), Bas Eickhout (Parti vert européen), Anders Vistisen (Parti de l'identité et de la démocratie), Walter Baier (Parti de la gauche européenne), Maylis Roßberg (Alliance libre européenne) et Valeriu Ghilețchi (Mouvement politique chrétien européen) sur scène.

Après l'événement, Ursula von der Leyen reprendra sa tournée dans les États membres, avec la République tchèque, la Pologne et l'Italie comme prochaines destinations. Compte tenu des barrières linguistiques, sa présence sur la piste de la campagne électorale devrait apporter un soutien aux partis nationaux qui se disputent des sièges au Parlement.

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