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L'Ukraine dans l'impasse pendant la présidence hongroise du Conseil de l'UE

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est un critique virulent de la politique de l'UE à l'égard de l'Ukraine.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán est un critique virulent de la politique de l'UE à l'égard de l'Ukraine. Tous droits réservés Omar Havana/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Tous droits réservés Omar Havana/Copyright 2023 The AP. All rights reserved
Par Jorge Liboreiro
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le premier cycle de négociations entre l'UE et l'Ukraine aura lieu le 25 juin.

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L’ambition européenne de l’Ukraine pourrait connaître une pause de six mois, le temps de présidence hongroise du Conseil de l’UE.

Du 1er juillet au 31 décembre, le gouvernement de Viktor Orbán fixera l'ordre du jour hebdomadaire et présidera les réunions ministérielles à Bruxelles, décidant ainsi des sujets qui seront placés en tête de liste et de ceux qui seront relégués au second plan.

Le slogan officiel de la présidence sera "Make Europe Great Again", un clin d'œil à la formule employée par Donald Trump lors de sa campagne présidentielle en 2016.

Cette perspective suscite un certain malaise parmi les diplomates qui craignent que le Premier ministre hongrois n'exploite cette position privilégiée pour promouvoir ses opinions nationalistes, en particulier à l'égard de l'Ukraine. Viktor Orbán a parfois bloqué les discussions à travers le recours à son droit de veto.

Alors que Budapest dévoilait mardi le programme officiel de la présidence, ces craintes ont semblé se confirmer. János Bóka, ministre hongrois des Affaires européennes, a clairement indiqué que son pays n'aiderait pas Kyiv à ouvrir l'un des 35 chapitres qui constituent les six groupes thématiques des négociations d'adhésion.

"Selon mes prévisions, la question de l'ouverture des chapitres ne sera pas du tout soulevée au cours de la présidence hongroise", explique János Bóka.

Le programme de 21 pages fait plusieurs allusions à l'Ukraine concernant l'économie, l'intégrité territoriale, la reconstruction, les implications en matière de sécurité, les réfugiés, les crimes de guerre et l'itinérance, mais pas dans le contexte de l'élargissement.

"Le processus d'élargissement doit contribuer de manière substantielle à l'amélioration de la situation des minorités nationales", est-il écrit.

Ce ton contraste avec celui de la Belgique, qui assure actuellement la présidence semestrielle de l'UE, et qui s'est efforcée de faire avancer autant que possible la candidature d'adhésion de l'Ukraine.

La Belgique a réussi la semaine dernière à obtenir l'unanimité nécessaire pour approuver le cadre de négociation pour l'Ukraine et la Moldavie, que la Hongrie avait bloqué.

Cette avancée permettra à la Belgique d'organiser la première conférence intergouvernementale avec l'Ukraine le 25 juin. En d'autres termes, le premier cycle de négociations.

"Excellentes nouvelles de Bruxelles", a salué Olga Stefanishyna, vice-première ministre ukrainienne. "Nous passons à l'étape suivante de notre adhésion".

L'élan cependant risque de s'essouffler.

Limitez votre enthousiasme

Lors de la conférence de presse de mardi, János Bóka a précisé que son pays s'efforcerait de rendre le processus d'élargissement "fondé sur le mérite, objectif et crédible". Il préfère déplacer l'attention politique de l'Ukraine versles Balkans occidentaux.

"Ce que nous avons vu, c'est que dans certains États membres (et) institutions, il y a une sorte d'enthousiasme pour l'élargissement pour, très clairement, le trio de l'Est", indique János Bóka, faisant référence à l'Ukraine, à la Moldavie et à la Géorgie.

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"La présidence s'est fixée pour objectif de faire passer une partie de cet enthousiasme dans les Balkans occidentaux afin que tous puissent se rapprocher de l'adhésion".

János Bóka juge "réaliste" que la Serbie, candidate de longue date qui s'est progressivement éloignée des normes de l'UE, ouvre un nouveau groupe de chapitres pendant la présidence hongroise, tandis que le Monténégro devrait débloquer "autant de chapitres que possible". Une nouvelle conférence intergouvernementale devrait être organisée pour la Macédoine du Nord et l'Albanie, dont les candidatures avancent en parallèle, estime le ministre hongrois.

Pour l'Ukraine, János Bóka indique que le processus pourrait "continuer" après la réunion du 25 juin, mais que cela devrait se faire "de la manière prescrite" et seulement après que la Commission européenne ait effectué les vérifications nécessaires pour examiner la capacité de l'Ukraine à adhérer à l'Union.

Il précise que l'ouverture de nouveaux chapitres pour Kyiv ne serait "pas du tout évoquée" au cours des six prochains mois.

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La politique d'élargissement, tout comme les affaires étrangères, la fiscalité et le budget commun, est soumise au principe de l'unanimité, ce qui signifie qu'un seul pays peut bloquer une décision adoptée par les 26 autres États membres.

Viktor Orbán a largement utilisé ce principe pour obtenir des concessions et bloquer des accords, notamment en ce qui concerne l'Ukraine et la Russie. Budapest empêche actuellement le déblocage de 6,6 milliards d'euros d'aide militaire de l'UE à l'Ukraine, une situation de blocage depuis mai de l'année dernière.

Zoltán Kovács, porte-parole du gouvernement hongrois pour les affaires internationales, a précédemment refusé d'exclure l'utilisation du droit de veto pendant la présidence, ce qui, si cela devait se produire, aggraverait sérieusement les tensions entre la Hongrie et ses partenaires.

János Bóka promet que son pays agirait en tant qu'"intermédiaire honnête" et travaillerait "loyalement". Toutefois, la Hongrie "représente une alternative européenne très claire. Et cette vision de l'Europe sera également représentée dans notre travail", prévient le ministre hongrois des Affaires européennes.

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Interrogé sur le débat en cours sur les postes à responsabilité de l'UE, János Bóka réaffirme l'opposition de la Hongrie à la reconduction d'Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne. Mais il précise qu'il n'y a pas d'objection aux candidatures d'António Costa (Conseil européen) et de Kaja Kallas (Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité). Les dirigeants devraient sceller l'accord le 27 juin.

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