Huit heures pour convertir votre voiture à essence en véhicule électrique ?

La start-up allemande e-Revolt affirme pouvoir transformer une voiture à moteur à combustion interne en un véhicule électrique en moins d'une journée.
La start-up allemande e-Revolt affirme pouvoir transformer une voiture à moteur à combustion interne en un véhicule électrique en moins d'une journée. Tous droits réservés E-Revolt
Par David Walsh
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Cet article a été initialement publié en anglais

Grâce à une méthode permettant d'installer des batteries dans 42 modèles de voitures à essence courantes, la start-up e-Revolt prétend pouvoir réduire les délais de conversion de plusieurs mois à une journée.

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Le coût d'une voiture électrique flambant neuve est souvent prohibitif pour les automobilistes désireux de passer à une solution de transport plus écologique.

Mais que diriez-vous si, au lieu de casser la tirelire pour acheter un nouveau véhicule électrique (VE) que vous ne pouvez pas vous permettre, vous pouviez conserver votre voiture actuelle tout en vous mettant au vert ?

La conversion de véhicules à essence en véhicules alimentés par des batteries n'est pas un concept nouveau, le principe ayant même été appliqué à des voitures anciennes pour les adapter à une ère moderne plus soucieuse de l'environnement.

Le processus peut toutefois être long, les entreprises existantes imposant des délais allant de deux semaines à six mois pour effectuer l'opération nécessaire sur une voiture à moteur à combustion interne (ICE).

Grâce à un nouveau procédé et une nouvelle batterie, une start-up basée en Allemagne pense maintenant pouvoir réduire les temps d'attente des clients à huit heures seulement.

De plus, elle peut convertir jusqu'à 42 modèles différents des principaux constructeurs automobiles, dont les Volkswagen Golf et Polo, l'Audi A3 et la Seat Leon, à l'aide d'un kit unique.

Cela peut sembler trop beau pour être vrai, mais la façon dont e-Revolt a abordé le processus de conversion l'a, dès le départ, placée sur une trajectoire différente de celle des autres entreprises du secteur.

"C'est un processus de production. Cela signifie qu'il faut réfléchir à la manière de l'optimiser pour le rendre plus rapide, plus facile, etc. Mais cela ne fonctionne que si vous avez un volume important, parce que vous devez investir beaucoup de travail et d'argent au départ pour développer tout cela", déclare à Euronews Next Rolf Behling, directeur général et responsable technique d'e-Revolt.

"A l'avenir, vous pourrez économiser du temps et de l'argent. Mais c'est là toute la différence : vous devez avoir une solution sérieuse au départ".

Besoin de rapidité

Alors, comment cela fonctionne-t-il et pourquoi le délai d'exécution est-il si court par rapport aux solutions existantes ?

"Nous retirons le moteur à combustion et nous le remplaçons par un cadre qui utilise les anciennes attaches du moteur", explique Timo Walden, chef de projet chez e-Revolt et l'un des premiers investisseurs de l'entreprise.

Nous pouvons donc facilement remplacer le moteur par le nouveau cadre et les nouveaux composants. C'est pourquoi nous sommes beaucoup plus rapides qu'une solution individuelle.
Timo Walden
Chef de projet, e-Revolt

"Nous pouvons donc facilement remplacer le moteur par le nouveau cadre et les nouveaux composants. C'est pourquoi nous sommes beaucoup plus rapides qu'une solution individuelle. Le cadre joue donc un rôle crucial dans notre rapidité".

L'entreprise indique qu'il faut en moyenne une journée pour mener à bien le processus, qui comprend le démontage de l'ancien bloc moteur de la voiture et son remplacement par sa technologie de batterie brevetée et son cadre de moteur, ainsi que la numérisation complète du véhicule.

Le coût de l'opération se situe entre 12 000 et 15 000 €, ce qui pourrait rassurer les nombreux consommateurs qui ne peuvent actuellement pas consacrer leur budget à l'achat d'un nouveau véhicule électrique.

Si la rapidité est essentielle pour rendre le processus de conversion évolutif, la capacité à adapter la production est l'atout principal d'e-Revolt.

Bien que le procédé actuel soit conçu pour un ensemble de modèles de marques automobiles spécifiques, l'équipe est prête à fournir un service sur-mesure à tout client souhaitant adapter un véhicule entièrement différent.

"Il n'y a pas de solution unique qui fonctionne pour tous les véhicules. Chaque modèle requiert des aménagements spécifiques", explique Rolf Behling, ancien ingénieur en informatique.

Mais pourquoi se donner la peine de convertir une vieille voiture et les gens sont-ils réceptifs à l'idée de prolonger la durée de vie de leur véhicule actuel ?

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"Je dirais que 95 % des gens sont très réceptifs à cette idée. Ils nous disent : "OK, c'est super. C'est une bonne idée. Il n'est pas nécessaire d'avoir de nouvelles ressources. Vous pouvez les réutiliser". Certains nous disent : "Oui, c'est très bien. C'est peut-être une bonne chose de l'avoir comme deuxième voiture"", ajoute Rolf Behling.

Dans l'ensemble, le public comprend l'intérêt de la réutilisation et de la modernisation des voitures, mais ce marché est en concurrence directe avec les entreprises automobiles elles-mêmes, qui investissent pour concevoir et produire une gamme plus large de modèles de véhicules électriques pour le marché.

Soutenir l'économie circulaire

Comment réagissent ces entreprises lorsqu'elles apprennent que les moteurs et les composants originaux de leurs voitures, conçus en interne, sont mis au rebut en faveur de pièces d'une autre entreprise ?

"Ils comprennent que l'idée est bonne. Cela dépend des personnes à qui l'on s'adresse. Si vous parlez aux vendeurs, ils n'aiment pas ça parce qu'ils veulent vendre une nouvelle voiture", explique Rolf Behling.

"En revanche, si l'on s'adresse, par exemple, aux constructeurs automobiles, ils apprécient l'idée, car ils affirment que l'économie circulaire est pour eux une question très importante".

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Dans un monde confronté à l'enjeu de la crise climatique, il est important pour les constructeurs automobiles d'être perçus comme des acteurs positifs face au problème des voitures à combustion polluantes.

"Je pense qu'il y a moyen de travailler ensemble à l'avenir parce que les entreprises savent que la vraie solution n'est pas de jeter la voiture à chaque fois", considère Timo Walden à Euronews Next.

"La voiture doit donc être durable, pas seulement viser la durabilité, mais être réellement durable, pour que vous utilisiez la voiture dans une économie circulaire et que vous la modernisiez peut-être à l'avenir avec une nouvelle batterie, etc".

L'allongement du cycle de vie des véhicules, dans l'optique d'une économie circulaire et durable, donne à une start-up comme e-Revolt la marge de manœuvre nécessaire pour s'adapter, ce que n'ont pas la plupart des grands constructeurs automobiles.

La durée de vie actuelle des batteries permet aux voitures converties par e-Revolt d'avoir une autonomie estimée entre 250 et 300 km avec une seule charge, mais des travaux de développement sont en cours pour améliorer cette performance.

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"C'est un point positif [pour e-Revolt] car nos voitures et nos solutions sont modulaires. Si, par exemple, il existe un jour une meilleure batterie, nous n'aurons pas besoin du temps nécessaire à un OEM [fabricant d'équipement d'origine] traditionnel - deux ou trois ans ou plus - pour intégrer cette nouvelle batterie dans la voiture. Nous pouvons dire "d'accord, si vous voulez changer cela, nous pouvons le faire avec la nouvelle batterie". Ainsi chaque composant peut être remplacé par un composant différent", ajoute Timo Walden.

Quant aux procédures administratives, il reviendra à chacun de se renseigner sur la législation en vigueur dans son pays, sur la garantie constructeur de son véhicule, et de se rapprocher de son assurance pour connaître les modalités de couverture de leur véhicule en cas de conversion à l'électrique.

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