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Des quotas au sommet du Mont-Blanc ?

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L'ascension du Mont-Blanc par sa voie "normale" sera réglementée dès l'été 2019 pour les alpinistes non accompagnés d'un guide, les contours de cet encadrement restant à définir, a-t-on appris mardi auprès de la mairie de Saint-Gervais (Haute-Savoie).

"C'est une décision difficile mais une vraie bonne décision car le Mont-Blanc n'est pas une course comme les autres. Elle se prépare", a affirmé Jean-Marc Peillex, le maire de cette commune, d'où s'étire la voie classique vers le géant alpin (4.810 mètres).

Le principe de cette réglementation a été acté par les partenaires concernés (Peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix, Fédération française des clubs alpins et de montagne, préfecture de Haute-Savoie et compagnies de guides) lors de réunions menées le 30 août et le 2 septembre.

Des modalités encore à préciser

La préfecture de Haute-Savoie a souligné que "rien n'était acté" et que la "mise en place" de "pistes de réflexions" était "actuellement en travail". "L'application technique et juridique de cette réglementation n'est pas définie", a-t-elle ajouté.

Cela pourrait prendre la forme d'une autorisation délivrée par l'office du tourisme de Saint-Gervais uniquement si le ou les candidats à l'ascension sans guide peuvent justifier d'une réservation dans l'un des refuges situé sur l'itinéraire, de plus en plus prisé chaque année.

Pour Olivier Begain, président de la Compagnie des guides de Saint-Gervais et des Contamines, la mise en place de quotas va dans le bon sens.

“Il est clair que dans le contexte actuel tellement compliqué, où les soucis sont quotidiens, qu’une réglementation se mette en place, ça ne peut être qu’un bien pour tout le monde. Un bien pour les professionnels, un bien pour les amateurs. Et au niveau global, un bien pour la sécurité et la protection des personnes. Les discussions (les guides de Saint-Gervais ont participé aux réunions aboutissant à la mise en place des quotas, ndlr) qui ont eu lien ne concernent que ce qui ce passe sur la commune de Saint-Gervais, sur laquelle se trouve l’itinéraire de la voie royale qui est l'ascension classique, normale, du mont Blanc. Et 80% des personnes qui montent au mont Blanc le font par cette voie normale".

"Avec cette décision, on essaye de revenir à une logique d'ascension normale, que le mont Blanc redevienne une belle montagne. Et on espère que les gens qui vont faire cette ascension, la considèrent non comme systématiquement un challenge, mais comme une étape dans une vie d’alpiniste".

Création d'une "brigade blanche"

Au total, le quota pourrait être fixé à 214 alpinistes par jour, soit les capacités des refuges du mont Blanc.

Ce toit de l'Europe sur-fréquenté et parfois peu respecté a déjà fait l'objet de restrictions similaires provisoires au plus fort de la saison estivale cette année.

Le maire de Saint-Gervais-Les-Bains a également annoncé la possible création d'une "brigade blanche" assermentée pour faire respecter la nouvelle réglementation au départ du train menant au pied de l'ascension.

De son côté, la commune voisine, Chamonix, a regretté une décision "non concertée" qui va l'obliger "à prendre des mesures permettant (d'en) gérer les effets négatifs".

"Il est déplorable qu'une analyse plus globale des solutions qui pourraient être mises en oeuvre sur l'ensemble des voies d'accès du Mont-Blanc n'ait pas été travaillée", dénonce Éric Fournier, le maire de la ville, cité dans un communiqué.

L'élu estime qu'il faut distinguer la "situation particulière" de la voie normale, la "pratique sportive" et "la fréquentation constatée sur l'ensemble du massif".

Il déplore que des "incivilités, inadmissibles et largement médiatisées" aient conduit à l'adoption d'une réglementation "sans que soient mesurées (ses) incidences et (ses) effets de bord sur les autres voies d'accès au sommet" sur lesquelles se reportent les alpinistes exclus de la voie normale.

Avec AFP