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A louer : Station Spatiale Internationale

A louer : Station Spatiale Internationale
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رويترز
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Si vous avez toujours rêvé de séjourner dans la Station spatiale internationale, ce sera possible dès l'année prochaine. Après la Russie, la NASA entend louer à son tour l'ISS à des particuliers et des entreprises. Objectif: se désengager financièrement du projet et développer l'économie de l'espace.

"Si un astronaute privé est dans la station, il devra payer le matériel de survie, la nourriture, l'eau, et tout le reste. Nous payons environ 80 millions de dollars par siège pour nos propres astronautes. Si vous faites la moyenne du programme des équipages commerciaux, notre coût tombe à environ 58 millions de dollars par siège. Donc, théoriquement, en tant qu'astronaute privé, je m'attends à ce que le prix se situe dans cette fourchette" précise Jeff Dewit, directeur financier de la Nasa.

"La commercialisation de l'orbite terrestre permettra à la NASA de concentrer ses ressources pour faire atterrir la première femme et le prochain homme sur la Lune d'ici 2024, c'est la première phase de la création d'une présence lunaire durable et de la préparation des missions vers Mars. Nous sommes en train d'intégrer la présence humaine dans le système solaire, et le secteur privé américain participera à cet effort" explique Bill Gerstenmaier, mission d'exploration et d'opérations humaines pour la Nasa.

Le voyage vers l'ISS sera le plus coûteux : près de 51 millions d'euros aller-retour

Il n'y aura pas plus de deux missions privées par an précise la Nasa, soit des séjours jusqu'à 1 mois, une douzaine de personnes pourraient ainsi séjourner à bord de l'ISS chaque année. Un seul impératif : être transportés par deux sociétés américaines : SpaceX, avec la capsule Crew Dragon, et Boeing, qui construit la capsule Starliner.

Ces sociétés choisiront les clients et leur factureront le voyage, qui sera la partie la plus coûteuse de l'aventure : de l'ordre de 51 millions d'euros par aller-retour, soit le tarif moyen facturé à la Nasa par ces deux sociétés pour transporter ses propres astronautes.

Ni Dragon ni Starliner ne sont encore prêtes. En théorie, les capsules concurrentes doivent être opérationnelles à la fin de 2019, mais le calendrier dépend encore de la réussite de plusieurs tests. 2020 sera donc le plus tôt pour ces missions privées.

Les États-Unis veulent développer l'économie de l'espace

L'ISS n'appartient pas à la Nasa : la station a été construite avec la Russie depuis 1998, et d'autres nations participent et envoient des astronautes.

Mais les Etats-Unis ont financé et contrôlent la majorité des modules.

Ces touristes de l'espace ne seront pas les premiers: l'homme d'affaires américain Dennis Tito fut le premier, en 2001. Il avait payé la Russie environ 20 millions de dollars à l'époque. Quelques autres l'avaient suivi, jusqu'au Canadien Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, en 2009.

Depuis 2011, les fusées Soyouz sont le seul taxi humain vers l'ISS, et ont exclusivement acheminé des astronautes d'agences spatiales (en plus des cosmonautes russes). Il y a en permanence entre trois et six membres d'équipage à bord: en ce moment, trois Américains, deux Russes et un Canadien s'y trouvent.

La Russie prévoit d'ailleurs de reprendre ces vols de touristes fin 2021.

Le changement de politique annoncé vendredi inclut aussi l'ouverture des parties américaines de la station à des entreprises privées pour des "activités commerciales et marketing".

Cela inclut les start-ups qui développent la fabrication de matériaux en apesanteur, par exemple. Les fibres optiques sont d'une qualité inégalée lorsqu'elles sont fabriquées en apesanteur.

La Nasa a publié une première grille de prix vendredi, par kilogramme de fret.

L'idée est de développer l'économie de l'espace dans l'espoir de voir le secteur privé reprendre un jour l'ISS, que les États-Unis devraient arrêter de financer à la fin des années 2020.

"Nous voulons devenir locataire, et non plus propriétaire", avait expliqué Jim Bridenstine, administrateur de la Nasa, en avril à des journalistes.

L'agence spatiale veut dégager des moyens financiers pour la mission Artémis de retour sur la Lune en 2024, et l'envoi des premiers humains sur Mars, peut-être dans la décennie suivante.

Mais la rentabilité d'activités commerciales en orbite terrestre reste à prouver, en raison du coût encore très élevé du transport.

Pour l'agence spatiale, nécessité semble faire loi.

Lorsque la Russie avait annoncé l'envoi de Dennis Tito, la Nasa s'était initialement opposée... et avait fini par présenter une facture aux Russes.

avec AFP