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Crise des licences de pêche : Paris pose un ultimatum à Londres

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Par euronews
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Pêche à Boulogne-sur-Mer, décembre 2020
Pêche à Boulogne-sur-Mer, décembre 2020   -   Tous droits réservés  Michel Spingler/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Nouvel épisode dans la crise des licences de pêcheurs : si d'ici la fin de la semaine prochaine, ce n'est pas réglé, la France annoncera des mesures de rétorsions contre Londres.

Si le Royaume-Uni n'accorde pas plus de licences aux pêcheurs français, d'ici huit jours, la France annoncera des mesures de rétorsions nationales ou européennes.

La France menace notamment de réduire ses livraisons d'électricité à Jersey et de prendre des mesures dans le secteur des services financiers ou de la recherche.

Un "motif d'angoisse colossale pour les pêcheurs" français

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement français, a expliqué pourquoi :

_« La ligne qui est aujourd'hui suivie par les autorités britanniques est inadmissible et inacceptable, parce qu'elle ne respecte pas l'accord qui a été signé dans le cadre du Brexit. _

_De notre côté, nous avons toujours répondu à toutes les demandes qui ont été faites. Nous avons toujours produit tous les documents qui étaient demandés. Nos pêcheurs, nos organisations professionnelles de pêcheurs ont été absolument admirables, extrêmement patients. _

Cette situation est un motif d'angoisse colossale pour les pêcheurs qui veulent tout simplement continuer à travailler. »

Cette situation de tension et d'incertitude énerve les pêcheurs français mais aussi ceux de Jersey qui craignent de ne plus pouvoir vendre leur produit dans les ports français de Normandie.

Le câble électrique vers Jersey

Sans parler de la menace électrique qui plane, comme ils ont pu s'en rendre compte le 18 septembre dernier. Excédés, ce jour-là, côté français, des élus et pêcheurs ont manifesté sur la plage à Armanville. Car c'est d'ici qu'un câble de 90 000 volt part pour alimenter Jersey en électricité. Le message des élus était clair : si la solidarité énergétique est respectée, la solidarité chez les pêcheurs doit l'être.

Dans les zones de pêche encore disputées (zone des 6-12 milles des côtes britanniques et îles anglo-normandes), Londres et Jersey ont accordé au total un peu plus de 200 licences définitives, alors que Paris en réclame encore244.

Au total, 11 pays européens contestent la position britannique dans ce dossier pêche et l'ont fait officiellement savoir : la France, l'Allemagne, la Belgique, Chypre, l'Espagne, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède.

L'accord post-Brexit, conclu in extremis à la fin de l'année dernière entre Londres et Bruxelles, prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition d'obtenir une licence, accordée s'ils peuvent prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l'ampleur des justificatifs à fournir.

Sources additionnelles • AP, AFP