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Conflit en Ukraine : le "bon signal" des Russes à Paris

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Par Euronews  avec AFP
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Conflit en Ukraine : le "bon signal" des Russes à Paris
Tous droits réservés  Andriy Andriyenko/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

A Paris, les diplomates russes, ukrainiens, français et allemands se sont rencontrés mercredi pour tenter de trouver une issue diplomatique à la crise ukrainienne. C'était la première réunion dans le format dit "Normandie" depuis décembre 2019

Les discussions visaient à relancer le protocole de paix de Minsk de 2015. La France et l'Allemagne ont affirmé avoir obtenu  un "bon signal" de la part des Russes, même si la réunion de Paris a été "difficile" selon la présidence française."Dans le contexte actuel, nous avons obtenu aujourd'hui un bon signal dans des conditions difficiles", a-t-elle souligné. "Nous avons obtenu le signal de réengagement que nous recherchions", a insisté l'Elysée

L'émissaire ukrainien s'est lui aussi montré plutôt positif : "Les parties ont déclaré ouvertement et sincèrement qu'il existait des différences dans l'interprétation et l'exécution de l'accord de Minsk entre la Russie et l'Ukraine, mais il existe une volonté de continuer à travailler pour réduire ces différences", a déclaré Andriï Iermak.

Signal de détente

Les conseillers des présidents français Emmanuel Macron, russe Vladimir Poutine, ukrainien Volodymyr Zelensky et du chancelier allemand Olaf Scholz se sont entretenus pendant plus de huit heures à l'Elysée des moyens de relancer le processus de paix en Ukraine, en pleine escalade des tensions à la frontière orientale de ce pays, où la Russie a massé jusqu'à 100 000 hommes.

"L'objectif de cette réunion était d'envoyer un signal de détente ou de désescalade dans un contexte avec beaucoup d'interrogations sur les intentions russes", a relevé la présidence française. Elle a permis de "tester la volonté des Russes de négocier ou de trouver une solution diplomatique", a-t-elle ajouté.

"Malgré des différences de lecture, la trêve doit persister, le cessez-le-feu doit être maintenu" entre armée ukrainienne et séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, a commenté de son côté l'envoyé spécial russe sur le conflit ukrainien, Dmitri Kozak. Il s'est toutefois montré plus critique concernant le format "Normandie" : "Nous sommes tous convenus, et c'est une nouvelle avancée, que tant que subsisteront des interprétations différentes de l'accord de Minsk, dans sa mise en oeuvre ou dans l'ordre d'exécution des actions spécifiques, le format Normandie ne pourra guère jouer un rôle significatif au sein du Groupe de contact trilatéral, et contribuer au règlement du conflit dans l'est de l'Ukraine", a estimé Dmitri Kozak.

Les conseillers sont convenus de se réunir à nouveau dans deux semaines à Berlin pour approfondir leurs discussions. "Nous espérons que nos collègues ont compris nos arguments et que dans deux semaines nous aurons des résultats", a indiqué Dmitri Kozak à l'issue de la rencontre.

Le négociateur russe a aussi insisté sur le fait que la situation dans les régions séparatistes de l'Ukraine et les tensions à la frontière où la Russie a déployé des troupes étaient "deux choses différentes". Moscou réfute toute intention d'attaquer l'Ukraine mais demande des garanties que ce pays ne rentrera jamais dans l'Otan

Désaccord sur les modalités du dialogue

"Nous voulons maintenir ce dialogue", a pour sa part déclaré le négociateur ukrainien Andriï Iermak. Les Russes et les Ukrainiens ont accepté de travailler à une consolidations du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine où un conflit entre Kiev et séparatistes prorusses a fait plus de 13 000 morts depuis 2014.

"C'est important aujourd'hui où chacun s'interroge sur les intentions de Vladimir Poutine et la possibilité au fond d'une déstabilisation qui pourrait intervenir dans le Donbass ou sur la ligne de contact", a fait valoir l'Elysée. "Dans un contexte ou chacun spécule, il y a un engagement russe à ce que le cessez-le-feu soit maintenu et renforcé", a souligné un conseiller présidentiel.

Les Russes et les Ukrainiens restent, en revanche, en désaccord sur les modalités du dialogue entre Kiev et les séparatistes. Pour l'Ukraine, tout dialogue direct avec les séparatistes, ce que demande Moscou, est une "ligne rouge", a rappelé l'Elysée. Il reviendrait de facto à les légitimer, une perspective difficile à accepter pour l'opinion publique ukrainienne.

"_Il faut maintenant préciser quand et comment la négociation va être structuré_e" au sein des groupes de travail mis en place par les accords de paix de Minsk de 2015, a concédé Paris. L'Elysée a aussi concédé être encore loin d'un sommet entre MM. Poutine, Zelensky, Macron et Scholz, Moscou s'opposant à une telle perspective tant que Kiev n'aura pas rempli certains engagements.

"S'il est possible d'obtenir des Russes un engagement à tenir un sommet, ce sera formidable", a ainsi lancé l'Elysée.