Royaume-Uni, Norvège, Suisse : ces pays européens sont "dangereusement mal préparés" à la hausse des températures

Le soleil se lève derrière la BT Tower, avec un oiseau volant au premier plan, alors que le temps chaud se poursuit, à Londres.
Le soleil se lève derrière la BT Tower, avec un oiseau volant au premier plan, alors que le temps chaud se poursuit, à Londres. Tous droits réservés REUTERS/Toby Melville
Par Rosie Frost (adapté de l'anglais)
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Cet article a été initialement publié en anglais

Selon une équipe de chercheurs de l'Université d'Oxford, les bâtiments situés dans des régions comme l'Europe du Nord "agissent comme des serres" et ne sont pas conçus pour faire face aux journées chaudes.

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La Suisse, le Royaume-Uni et la Norvège sont "dangereusement mal préparés" à maintenir la population au frais si le réchauffement de la planète dépasse 1,5ºC. Une nouvelle étude de l'Université d'Oxford publiée le 13 juillet dans la revue Nature révèle quels pays connaîtront l'augmentation la plus spectaculaire du nombre de jours nécessitant des adaptations permettant de rafraîchir les bâtiments, telles que des volets, des ventilateurs ou des climatiseurs.

8 des 10 pays qui connaîtront la plus forte augmentation du nombre de jours de chaleur inconfortable à l'échelle mondiale se situent en Europe du Nord.

En l'absence de mesures appropriées pour un refroidissement durable, le risque d'une forte augmentation des systèmes de climatisation gourmands en énergie planne. Si des combustibles fossiles sont utilisés pour lutter contre la chaleur, les émissions de gaz à effet de serre augmenteront, accélérant ainsi le réchauffement de la planète.

Où l'augmentation du nombre de jours de chaleur inconfortable sera-t-elle la plus forte ?

L'étude utilise un concept appelé "degrés-jours de refroidissement". Il s'agit de journées où la température est supérieure à la moyenne de la région et où un système de refroidissement est nécessaire pour assurer le confort des populations.

Si le réchauffement planétaire dépasse 1,5 °C, l'Irlande sera en tête de liste, avec 38 % de jours en plus avec ces températures inconfortables. La Suisse et le Royaume-Uni connaîtront une augmentation de 30 %, tandis que la Norvège enregistrera une hausse de 28 %.

REUTERS/Toby Melville
Une femme boit de l'eau par temps chaud dans le quartier financier de la City de Londres.REUTERS/Toby Melville

La Finlande et la Suède viennent ensuite avec une augmentation de 28 % chacune, suivies de l'Autriche (25 %), puis du Canada, du Danemark et de la Nouvelle-Zélande (24 %).

Les chercheurs précisent qu'il s'agit là d'estimations "prudentes". Elles ne tiennent pas compte des événements extrêmes tels que les vagues de chaleur, qui viendraient s'ajouter aux augmentations moyennes. Ils affirment que ces pays sont "dangereusement mal préparés" à ce changement.

Les bâtiments d'Europe du Nord ne sont pas conçus pour la chaleur

"Les pays d'Europe du Nord devront s'adapter à grande échelle à la résistance à la chaleur plus rapidement que les autres pays", explique Nicole Miranda, autrice principale de l'étude. Elle souligne que le Royaume-Uni a connu des perturbations massives lors des vagues de chaleur record de 2022. Les chaleurs extrêmes entraînent également des risques de déshydratation, d'épuisement et même de décès, en particulier chez les populations vulnérables telles que les personnes âgées ou les personnes handicapées. "Il est impératif, tant sur le plan sanitaire qu'économique, que nous nous préparions à des journées plus chaudes", ajoute Nicole Miranda.

Le problème vient en partie du fait que les bâtiments dans des pays comme l'Europe du Nord sont mieux conçus pour conserver la chaleur en hiver que pour conserver la fraîcheur en été. En adaptant notre environnement bâti, nous n'aurions pas besoin d'augmenter notre utilisation de l'air conditionné, explique le Dr Jesus Lizana, coauteur principal de l'étude.

"À l'heure actuelle, dans des pays comme le Royaume-Uni, nos bâtiments agissent comme des serres : pas de protection extérieure contre le soleil, fenêtres fermées, pas de ventilation naturelle ni de ventilateurs au plafond", explique le chercheur. "Nos bâtiments sont exclusivement préparés pour les saisons froides".

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