De l'énergie humaine aux piles à eau, voici comment la Suisse se positionne sur le climat

La Suisse est particulièrement vulnérable au changement climatique.
La Suisse est particulièrement vulnérable au changement climatique. Tous droits réservés Pixabay
Par Euronews Green
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Cet article a été initialement publié en anglais

Le changement climatique a été l'une des questions les plus débattues lors de la récente réunion du Forum économique mondial à Davos.

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En janvier, les scientifiques ont confirmé que 2023 serait l'année la plus chaude jamais enregistrée, les températures élevées mettant en péril les limites de 1,5 °C du réchauffement climatique.

En Europe, la Suisse est particulièrement vulnérable au changement climatique. Au cours de la dernière décennie, les températures ont été en moyenne supérieures de 2,5 °C à celles de l'ère pré-industrielle.

Ses glaciers ont connu une fonte record, avec une perte de 10 % au cours des deux dernières années. Les conditions météorologiques extrêmes sont passées de pluies diluviennes à des sécheresses persistantes.

Le changement climatique a été l'une des questions les plus débattues lors de la récente réunion du Forum économique mondial à Davos. Ce mois-ci, nous nous penchons donc sur les références vertes du pays où s'est tenue la rencontre mondiale.

Référendums suisses : un vote pour le climat ?

La votation (pétition) est l'une des plus anciennes traditions démocratiques de la Suisse et joue un rôle unique dans son action en faveur du climat.

Les initiatives populaires visant à créer une nouvelle loi doivent recueillir 100 000 signatures valides pour être soumises au vote. Les propositions visant à approuver ou à rejeter des lois existantes nécessitent 50 000 signatures.

Il existe également des référendums obligatoires, qui sont requis pour réviser la constitution, adhérer à une organisation internationale ou introduire une législation fédérale d'urgence pendant plus d'un an.

Lors d'un référendum organisé en juin dernier, les électeurs suisses ont ainsi approuvé une nouvelle loi visant à accélérer le passage du pays des combustibles fossiles aux énergies renouvelables, afin d'atteindre un niveau d'émissions nettes nulles d'ici à 2050. Au total, 51,9 % des électeurs ont dit oui à la législation sur le climat et l'innovation, qui inscrit l'objectif de zéro émission dans la loi.

Certains référendums n'ont pas eu autant de succès, comme celui proposé par les défenseurs des droits des animaux en 2022, qui visait à interdire l'expérimentation animale et qui a été rejeté à une écrasante majorité.

Ces référendums prennent différentes formes. Les Jeunes socialistes, l'aile jeunesse du parti social-démocrate, viennent de recueillir suffisamment de signatures pour organiser un référendum sur l'introduction d'un lourd impôt sur la fortune destiné à financer des mesures de protection du climat.

Leur proposition prévoit une taxe de 50 % sur les héritages supérieurs à 50 millions de francs (53,3 millions d'euros), les fonds générés étant exclusivement destinés à la lutte contre le réchauffement climatique.

"Ceux qui, depuis des décennies, mettent en péril nos ressources naturelles pour leur propre profit doivent en payer le prix", peut-on lire sur leur site web.

Les Jeunes socialistes soumettent chaque année un grand nombre de pétitions de ce type, souvent fondées sur les préoccupations de ceux qui sont trop jeunes pour participer à la vie politique par d'autres moyens.

La Suisse est-elle en train de sortir du nucléaire et d'introduire l'énergie solaire ?

Selon l'Agence internationale de l'énergie, la Suisse est l'un des pays dont l'intensité en carbone est la plus faible en matière d'électricité. Avant la COP28 qui s'est tenue à Dubaï l'année dernière, Felix Wertli, l'ambassadeur suisse pour le climat, a affirmé que la recherche de stratégies pour les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique était essentielle pour le plan climatique du pays.

Environ trois quarts de l'énergie consommée par la Suisse proviennent des énergies renouvelables, principalement de l'hydroélectricité.

Mais là encore, les référendums peuvent être une arme à double tranchant. En 2017, les Suisses ont voté en faveur de l'abandon progressif de l'énergie nucléaire et, depuis lors, le secteur énergétique du pays est en transition. La forte dépendance à l'égard de l'hydroélectricité signifie que lorsque les réserves d'eau sont faibles en hiver. Le pays doit importer de l'électricité pour couvrir la demande.

Les sources d'énergie de la Suisse dépendent donc souvent de ses voisins et comprennent fréquemment des combustibles fossiles.

Un caméraman s'approche du glacier du Rhône près de Goms, en Suisse
Un caméraman s'approche du glacier du Rhône près de Goms, en SuisseAP Photo/Matthias Schrader

Pour combler le déficit lié à l'abandon progressif de l'énergie nucléaire, il est nécessaire d'investir davantage dans les énergies renouvelables - en particulier celles qui, comme l'énergie éolienne, permettent de produire davantage d'électricité en hiver - si la Suisse veut atteindre ses objectifs en matière d'émissions.

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Les autorités fédérales suisses ont fixé un objectif de 2 milliards de GWh d'énergie solaire nouvelle dans le cadre d'une législation encourageant le développement de l'énergie solaire. Elles ont également mis de côté plus de 3 milliards de francs suisses (environ 3,14 milliards d'euros) pour aider les entreprises et les particuliers à se passer des combustibles fossiles.

Une "batterie d'eau" géante contribue à stabiliser l'approvisionnement

Le développement des ressources renouvelables a également permis de mettre au point des méthodes innovantes pour maintenir l'approvisionnement à un niveau constant.

En 2022, une "batterie d'eau" géante située dans une grotte souterraine à 600 mètres de profondeur dans le canton du Valais est devenue opérationnelle. Elle peut stocker l'équivalent de 400 000 batteries de voitures électriques grâce à deux grands bassins d'eau situés à des hauteurs différentes.

L'électricité excédentaire est stockée en pompant l'eau du bassin inférieur vers le bassin supérieur, ce qui permet de "charger" la batterie.

Lorsque l'électricité est nécessaire, le sens de l'eau est inversé. L'écoulement de l'eau fait tourner une turbine qui produit de l'énergie hydroélectrique.

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Capable de stocker et de produire de grandes quantités d'énergie, la batterie jouera un rôle important dans la stabilisation de l'approvisionnement en électricité, en Suisse et en Europe. Elle réduit le risque de surcharge du réseau électrique pendant les périodes de forte demande telles que les vagues de chaleur.

Quel pays s'est distingué ce mois-ci ?

Chaque mois, nous mettons en lumière un pays européen qui défend le climat, la nature et l'environnement. Notre pays vert du mois peut se distinguer par n'importe quelle innovation liée au changement de politique.

Voici quelques-uns des pays qui ont déjà été mis à l'honneur : Suède, Albanie, Danemark, Islande, Autriche, Portugal, Espagne, Estonie et Pays de Galles.

Si vous vous sentez encouragés par une initiative gouvernementale européenne en février, n'hésitez pas à nous contacter sur les médias sociaux, que ce soit sur Instagram ou sur Twitter.

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