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Les socialistes européens ne soutiendront pas Ursula von der Leyen si les forces d'extrême droite déterminent les priorités

Giacomo Filibeck, secrétaire général du Parti socialiste européen (PSE)
Giacomo Filibeck, secrétaire général du Parti socialiste européen (PSE) Tous droits réservés Luis MILLAN/ European Union 2024 - Source : EP
Tous droits réservés Luis MILLAN/ European Union 2024 - Source : EP
Par Isabel Marques da SilvaMared Gwyn Jones
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Giacomo Filibeck, secrétaire général du Parti socialiste européen, explique à Euronews que l'"ambiguïté" d'Ursula von der Leyen sur l'extrême droite est "inacceptable".

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Le Parti socialiste européen (PSE) lance un avertissement au Parti populaire européen (PPE). Les sociaux-démocrates ne siégeront pas à la table si le centre-droit permet aux forces d'extrême-droite de façonner les priorités du prochain mandat européen.

Le secrétaire général du PSE, Giacomo Filibeck, donne le ton avant de négocier les postes de l’UE et le programme politique de la prochaine Commission européenne.

La victoire du PPE aux élections européennes ouvre la voie à la reconduction d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission. Mais Giacomo Filibeck prévient qu'elle ne pourrait pas compter sur le soutien des socialistes si elle continue à tendre la main à la droite radicale.

Ursula von der Leyen doit être nommée par les 27 dirigeants de l'Union européenne et obtenir le soutien d'une majorité absolue de 361 eurodéputés nouvellement élus pour obtenir un second mandat. Or, le groupe des socialistes et démocrates (S&D) pourrait offrir jusqu'à 136 voix.

"Si, au cours des négociations, nous constatons que CRE (Conservateurs et réformistes européens) ou ID (Identité et démocratie) jouent un rôle dans la définition des priorités pour les cinq prochaines années, ce sont les socialistes, les démocrates et les progressistes qui ne s'assiéront pas à la table des négociations", assure-t-il.

"Si, au contraire, nous nous ouvrons au soutien et à la contribution des partis verts, nous les accueillerons plus que favorablement", ajoute Giacomo Filibeck.

Si l’extrême droite progresse au Parlement à l’issue des élections européennes, les partis pro-européens du centre conservent tout de même leur majorité.

Alors que les premières indications du camp du PPE suggèrent qu'ils veulent rester fidèles à leurs partenaires traditionnels, ils refusent d'exclure la possibilité de travailler avec certaines forces d'extrême-droite au cas par cas.

Giacomo Filibeck laisse entendre que son parti chercherait à obtenir l'assurance que le PPE ne formera pas de majorités ad hoc avec les forces d’extrême droite au cours du prochain mandat avant d'offrir son vote pour soutenir Ursula von der Leyen à la tête de la Commission.

"Il ne peut y avoir une majorité institutionnelle pour élire le président de la Commission, puis une majorité politique à la carte sur les différentes politiques pour créer un programme parallèle alternatif", explique-t-il. "Une fois que nous sommes d'accord pour soutenir ensemble le prochain mandat de la prochaine Commission, cela signifie également que nous sommes d'accord sur des priorités claires".

Le Parlement européen a été en mesure pendant des décennies d'adopter des lois en s’appuyant sur les trois principaux partis du centre, les Verts ont aussi donné leur soutien à la grande coalition au cours du dernier mandat.

Mais de profondes dissensions ont commencé à apparaître entre le PPE et ses partenaires traditionnels ces dernières années. Les chrétiens-démocrates ont tenté de limiter certains dossiers environnementaux clés, notamment un projet de loi visant à restaurer 20 % des terres et des mers de l'UE d'ici 2030. Cette loi sur la restauration de la nature est l’un des piliers du Pacte vert européen proposé et défendu par Ursula von der Leyen.

Pendant la campagne, la responsable allemande a exprimé sa volonté de collaborer avec certains eurodéputés du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, qu'elle considère comme pro-européens, pro-Ukraine et pro-Etat de droit.

Des sources au sein du groupe PPE indiquent que les élus de Frères d'Italie de la Première ministre italienne Giorgia Meloni et du Parti démocratique civique (ODS) du Premier ministre tchèque Petr Fiala sont considérés comme des partenaires constructifs potentiels pour le prochain mandat.

Mais cette ouverture provoque des craintes parmi les forces centristes et de gauche, qui estiment que l’actuelle présidente de la Commission est en train de démanteler lentement le cordon sanitaire face à l'extrême droite.

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"Ce qui n'est pas acceptable pour nous, c'est l'ambiguïté avec laquelle le PPE a joué pendant la campagne et, dans une certaine mesure, Madame von der Leyen dans les débats publics (...) lorsqu'elle a laissé entendre qu'il était possible d'ouvrir cette coalition à d'autres forces", précise Giacomo Filibeck.

Des partis appartenant au groupe PPE sont déjà entrés au gouvernement ou ont signé des accords avec l'extrême droite en Italie, en République tchèque, en Suède et, plus récemment, aux Pays-Bas. Mardi, le président du parti français membre du PPE a déclenché la panique en indiquant qu'il était prêt à conclure une alliance avec l'extrême droite française avant les élections législatives anticipées prévues le 30 juin et le 7 juillet.

Les socialistes visent la présidence du Conseil européen

Alors que les dirigeants de l'UE commencent à se bousculer pour obtenir les postes les plus importants de l’UE, les socialistes convoitent la présidence du Conseil européen, qui réunit les 27 chefs d'État et de gouvernement. Le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez représenteront le PSE dans les négociations.

La présidence du Conseil européen est traditionnellement confiée à un ancien chef d'État de l'UE.

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Le nom de l'ancien Premier ministre portugais Antonio Costa — qui a été contraint de démissionner en novembre dernier dans le cadre d'une vaste enquête de corruption impliquant son chef de cabinet, circule pour ce poste. Giacomo Filibeck assure que "nous avons beaucoup d'anciens et d'actuels Premiers ministres en Europe qui ont toutes les cartes en main pour accomplir (...) la tâche de président du Conseil européen et Antonio Costa est certainement l'un d'entre eux".

Il refuse de confirmer si la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, pourrait être une candidate potentielle.

"Comme je l'ai dit, nous avons des Premiers ministres actuels et passés qui sont tous habilités à jouer ce rôle dans l'intérêt de l'ensemble de l'Union européenne", résume Giacomo Filibeck

Le Premier ministre portugais de centre-droit Luís Montenegro a déjà soutenu la candidature potentielle de son prédécesseur, Antonio Costa, à la présidence du Conseil européen.

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"Il est possible que M. Costa préside le Conseil européen", a-t-il expliqué.

"António Costa est candidat à ce poste, l'AD (Aliança Democrática) et le gouvernement portugais ne se contenteront pas de soutenir cette candidature, ils feront tout pour qu'elle soit couronnée de succès".

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