Le programme était chargé, en cérémonies mais aussi en émotions de toutes sortes, pour les 500 vétérans qui ont pu revoir les plages de Normandie 75 ans après le Débarquement décisif des troupes alliées. Revivez ce 6 juin 2019, également historique.
Ils gardent le visage grave à l'issue de ce 75ème anniversaire du Jour J mais ils sont heureux d'avoir revu d’anciens frères d‘armes, et d'avoir évoqué les bons et les mauvais souvenirs. La longue journée de commémorations en Normandie était spécialement dédiée aux derniers vétérans encore en vie - ils ne sont plus que quelques centaines - car la plupart sont centenaires ou presque, et l’année prochaine, ils seront certainement encore moins nombreux à parcourir les plages du Débarquement, à marcher sur le sable où ils ont tant souffert, ou à se recueillir dans les immenses cimetières où reposent trop de soldats américains, britanniques, canadiens…
Environ 500 de ces vétérans ont assisté aux cérémonies au premier rang ce jeudi 6 juin 2019 à Colleville-sur-mer, à Colleville-Montgomery, à Courseulles-sur-mer, à Bayeux et à Ver-sur-mer, essentiellement dans le département du Calvados. 300 d’entre eux, des Britanniques, avaient embarqué le 5 juin à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, afin de retraverser symboliquement la Manche. Ils sont arrivés bon pied bon œil et ont profité pleinement de l'hommage qui leur était rendu.
Vous pouvez revivre ici les moments forts et les à-côtés festifs d'un nouveau "Jour le plus long" historique :
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Live terminé



Les moments-clés du “Jour le plus long” :
22H00 le 5 juin 1944, le coup d’envoi de l’opération “Overlord” (“Seigneur tout puissant” en français) est donné par le commandant en chef des forces alliées, le général américain Dwight Eisenhower. A Londres, il salue et encourage les premiers parachutistes qui vont sauter sur la Normandie. Il discute quelques instants avec eux. Quand il les quitte, il a les larmes aux yeux.
A 21H15, Radio Londres a déjà diffusé la première strophe de “Chanson d’automne”, célèbre poème de Paul Verlaine : “Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon coeur d’une langueur monotone”. 200 autres phrases codées sont transmises. En France, les réseaux de résistance l’ont compris, le Débarquement en Normandie n’est plus qu’une question d’heures.
Le 6 juin, quelques minutes après minuit, des avions alliés commencent à pilonner les blockhaus et les batteries allemandes le long de la côte normande. Plus de 5 000 tonnes de bombes vont être lâchées.
A 00H15, près de mille planeurs chargés de matériel atterrissent tant bien que mal un peu à l’intérieur des terres. Plusieurs se fracassent sur des pieux ou s’écrasent dans les marais, il y a déjà des morts et des blessés. Dans le village de Bénouville, les Britanniques prennent rapidement le contrôle d’un pont levant stratégique qui sera surnommé “Pegasus Bridge”.
Entre 01H00 et 02H30, environ 13 000 parachutistes américains et 10 000 britanniques sont également largués derrière les plages. Les 82e et 101e divisions aéroportées américaines sautent sur la péninsule du Cotentin, la 6e Airborne britannique près de Sword. Il leur faudra moins de six heures pour prendre Sainte-Mère-Eglise et tenir toutes les voies terrestres qui mènent au littoral.
A partir de 01H00, l’alerte générale est transmise aux unités allemandes mais le maréchal Rommel, chargé de la défense de toute la côte atlantique, n’est pas au bon endroit au bon moment. Il fête le cinquantième anniversaire de sa femme dans la maison familiale à Herrlingen, dans le sud de l’Allemagne, au lieu de se trouver en Normandie.
05H00 du matin le Jour J, Adolf Hitler, gavé de médicaments, notamment de somnifères, dort profondément dans son chalet du Berghof, perché dans les Alpes bavaroises. Personne autour de lui n’ose le déranger. De toute façon, l’état-major allemand croit toujours que le vrai débarquement aura lieu dans le nord de la France.
06H00 du matin, le jour se lève à peine, l’horizon est barré par des milliers de navires, exactement 4 126 bâtiments de guerre et barges d’assaut. Les canons de la marine commencent à tirer sans arrêt, un feu roulant s’abat sur les plages.
06H45, l’enfer débute dès les premiers instants sur la plage baptisée Omaha Beach. La mer est agitée, des barges se renversent avant d’arriver, des soldats dont l’équipement est trop lourd coulent à pic, ainsi que des véhicules militaires embarqués. Au total, plus de 34 000 Américains vont être déversés sur le sable, un millier vont être tués, 1 500 blessés.
07H10, des commandos de l’unité d’élite américaine des Rangers s’attaquent à la pointe du Hoc. Ils doivent détruire les batteries allemandes qui sont installées sur les falaises car elles menacent les plages d’Utah et d’Omaha en dessous. Mission réussie mais à quel prix ! Les deux tiers des effectifs sont décimés.
07H30, Environ 53 000 Britanniques touchent terre à leur tour sur les plages de Gold et de Sword. Un millier d’entre eux vont y trouver la mort ou être blessés.
07H45, D’autres Américains investissent Utah Beach. Les bombardements ont mieux ciblé les défenses allemandes, les soldats sont confrontés à beaucoup moins de résistance que leurs camarades sur Omaha. Sur les 23 250 hommes débarqués, 200 vont être tués ou blessés.
08H10, ce sont les Canadiens qui prennent d’assaut la plage de Juno. Le brouillard et la marée montante leur cachent les “hérissons” d’acier anti-chars, et les premières barges s’empalent dessus. Ils sont 21 400 soldats, 878 vont rester à terre.
09H15, l’entourage de Hitler finit par le réveiller. Le Führer est en rage et couvre d’insultes deux de ses maréchaux, Jodl et von Rundstedt; ce dernier est habitué, il déteste le chancelier qu’il traite dans son dos de “petit caporal”. Puis Hitler change totalement d’humeur.Très excité, il dit : “Me voici face à face avec mes vrais ennemis, ces cow-boys !”.
09H30, le général Eisenhower commence à respirer. “Ike” - c’est son surnom - peut annoncer que le débarquement en France suit son cours. En cas de catastrophe, il avait prévu un communiqué dans lequel il disait : “Nos soldats ont fait preuve d’un courage sans faille. S’il faut blâmer quelqu’un, c’est moi et moi seul !”.
12H00, Winston Churchill, le Premier ministre britannique, estime qu’il est possible désormais d’annoncer le succès de l’opération “Overlord”. Il prend la parole devant le Parlement à Londres, il déclare : “Tout se déroule conformément au plan… et quel plan !”.
15H00, les dernières défenses allemandes tombent à Omaha “la sanglante”. Les Américains ont enfin réussi à passer les dunes qui dominent la plage, une tête de pont peut se mettre en place pour acheminer les renforts, les véhicules militaires, et évacuer les blessés.
18H00 : le général Charles de Gaulle, chef du gouvernement français provisoire réfugié à Londres, clame à la radio : “La bataille suprême est engagée ! Après tant de combats, de fureurs, de douleurs, voici venu le choc décisif, le choc tant espéré. C’est la bataille de France, et c’est la bataille de la France !”.
Sur l’ensemble du front de Normandie ce 6 juin - sur 80 kilomètres - les pertes des Alliés seront estimées à près de 6 000 morts pour les Américains, 4 000 pour les Britanniques et les Canadiens. L’armée du IIIe Reich aurait perdu entre 4 et 6 000 hommes. Des centaines de soldats allemands sont faits prisonniers.