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75e D-Day : un anniversaire essentiel pour les tout derniers vétérans

75e D-Day : un anniversaire essentiel pour les tout derniers vétérans
Tous droits réservés  REUTERS/Andrew Yates
Tous droits réservés REUTERS/Andrew Yates
Par Joël Chatreau
Publié le Mis à jour
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Le programme était chargé, en cérémonies mais aussi en émotions de toutes sortes, pour les 500 vétérans qui ont pu revoir les plages de Normandie 75 ans après le Débarquement décisif des troupes alliées. Revivez ce 6 juin 2019, également historique.

Ils gardent le visage grave à l'issue de ce 75ème anniversaire du Jour J mais ils sont heureux d'avoir revu d’anciens frères d‘armes, et d'avoir évoqué les bons et les mauvais souvenirs. La longue journée de commémorations en Normandie était spécialement dédiée aux derniers vétérans encore en vie - ils ne sont plus que quelques centaines - car la plupart sont centenaires ou presque, et l’année prochaine, ils seront certainement encore moins nombreux à parcourir les plages du Débarquement, à marcher sur le sable où ils ont tant souffert, ou à se recueillir dans les immenses cimetières où reposent trop de soldats américains, britanniques, canadiens…

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Environ 500 de ces vétérans ont assisté aux cérémonies au premier rang ce jeudi 6 juin 2019 à Colleville-sur-mer, à Colleville-Montgomery, à Courseulles-sur-mer, à Bayeux et à Ver-sur-mer, essentiellement dans le département du Calvados. 300 d’entre eux, des Britanniques, avaient embarqué le 5 juin à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, afin de retraverser symboliquement la Manche. Ils sont arrivés bon pied bon œil et ont profité pleinement de l'hommage qui leur était rendu.

Vous pouvez revivre ici les moments forts et les à-côtés festifs d'un nouveau "Jour le plus long" historique :

Live terminé

Les principales phases militaires du Débarquement le 6 juin 1944 en Normandie, point de départ de l'opération "Overlord" : à découvrir sur notre infographie interactive 
 
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Suivez le 75e D-Day en temps historique réel sur notre compte @euronewsfr : les moments essentiels du Jour J illustrés de photos. Une réalisation de Vincent Coste
Voici le dernier tweet publié :
 
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Malgré la violence des combats, le commando Kieffer des Forces françaises libres n'avait perdu "que" dix hommes au soir du 6 juin 1944. A l'issue de la terrible bataille de Normandie, fin août, 27 fusiliers marins manquaient à l'appel. 75 ans plus tard, trois vétérans du commando sont encore en vie. 
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La cérémonie à Colleville-Montgomery rend spécialement hommage au commando de marine Kieffer, portant le nom du capitaine de corvette français Philippe Kieffer. Ses 177 membres se sont brillamment illustrés en entrant en action au matin du 6 juin 1944 sur la plage Sword. A Ouistreham, à l'embouchure de l'Orne, les "bérets verts" ont notamment réussi à détruire les batteries allemandes installées sur le casino de Riva-Bella, qui avait été transformé en véritable forteresse. 
 
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Le saviez-vous ?
 
Après la prise du pont levant de Bénouville par des commandos de paras britanniques en seulement un quart d'heure aux premières heures du 6 juin 1944, l'ouvrage a été baptisé “Pegasus Bridge”, en l’honneur du 6e Airborne dont le cheval ailé Pégase est l’emblème.
A l'entrée de ce pont se trouve le café-restaurant “Gondrée”, qui était tenu à l’époque par un couple d’Alsaciens et existe toujours; il est entré dans l’Histoire en devenant le premier bâtiment libéré de France.
 
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La Normandie se souvient bien sûr également, en ce jour anniversaire, de ses milliers d'habitants écrasés sous les bombes à partir de juin 1944. Rien que le Jour J, presque 12 000 tonnes ont été lâchées par les avions alliés. Au matin du 7 juin, on dénombrait déjà environ 3 000 morts parmi la population. En septembre 1944, le bilan se montait à 20 000 habitants tués et 150 000 contraints à l’exode.
La ville de Saint-Lô, dans le département de la Manche, est devenue un symbole de ce carnage. Bombardée d'abord par les Américains puis par les Allemands, elle a été presque totalement détruite et surnommée d'ailleurs "la capitale des ruines".
 
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Moment fort et émouvant sur la plage de Juno, que les Canadiens ont prise d'assaut le Jour J. Des soldats sont arrivés par la mer en direction de la cérémonie de Courseulles-sur-mer.
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Au cimetière britannique de Bayeux a débuté une cérémonie franco-britannique en présence du prince Charles et de Theresa May. Environ 8 000 personnes sont sur place, notamment les 300 vétérans britanniques qui ont embarqué hier à Portsmouth, en Angleterre, pour rejoindre la Normandie. Un hommage a notamment été rendu en la cathédrale de Bayeux.
 
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"Vous figurez vraiment parmi les très grands Américains qui existeront jamais. Vous êtes la fierté de la nation. Vous êtes la gloire de notre République et nous vous remercions du fond de nos coeurs", a déclaré le président Trump devant plusieurs dizaines de vétérans américains présents à Colleville-sur-mer; beaucoup d'entre eux se trouvent en chaise roulante.
     
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A Courseulles-sur-mer, la commémoration bat son plein :
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Retour à Colleville-sur-mer qui domine la plage d'Omaha. "L'Amérique n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle se bat pour la liberté des autres", a déclaré Emmanuel Macron dans son discours. "L'Amérique n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle se montre fidèle aux valeurs universelles que défendaient ses pères fondateurs, lorsqu'il y a près de deux siècles et demi, la France vint soutenir son indépendance", a poursuivi le chef de l'Etat.
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C'est après 8 heures que les Canadiens ont débarqué sur la plage de Juno le 6 juin il y a 75 ans jour pour jour. Ils y ont perdu près de 880 hommes. 


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Dans le même temps également se tient à Courseulles-sur-mer, dans le Calvados, une cérémonie franco-canadienne avec le Premier ministre français, Edouard Philippe, et son homologue canadien, Justin Trudeau. Environ 6 000 personnes y participent.
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Pendant ce temps (plus léger !), un défilé de collectionneurs se déroule dans la ville de Sainte-Mère-Eglise. Des milliers de festivités liées aux véhicules et matériel militaires sont organisées ce jeudi sur les côtes de Normandie parallèlement aux célébrations. 
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Et pour preuve que les anciens du D-Day ne manquent pas d'humour, ni d'audace, même 75 ans plus tard : "Ah, si j'avais vingt ans de moins !", s'est exclamé un vétéran en s'adressant à Melania Trump. Le couple présidentiel américain a ri de bon coeur...
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Les présidents français et américain ont salué les vétérans présents : ils sont 160 en tout ayant combattu durant la Seconde Guerre mondiale, seulement 45 d'entre eux ont participé au Débarquement du 6 juin 1944.
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Emmanuel Macron et sa femme Brigitte ont également atterri à Colleville-sur-mer. Les couples français et américains se retrouvent.
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Le site de Colleville-sur-mer est imposant : les tombes blanches, en forme de croix ou d'étoiles de David pour les combattants de confession juive, s'étendent à perte de vue sur le gazon parfaitement entretenu.
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Donald Trump est toujours accompagné de son épouse Melania au cours de ces commémorations.
 
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C'est juste au-dessus d'Omaha Beach "la sanglante" que se trouve le cimetière, le premier de la Seconde Guerre mondiale établi sur le sol français par les Américains. 9 387 GIs y reposent.
 
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La cérémonie phare de ce 75ème anniversaire se déroule dans environ dix minutes au cimetière américain de Colleville-sur-mer : elle est co-présidée par Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump.
Ce dernier vient de publier un message sur son compte Twitter, dans lequel il s'adresse aux vétérans du D-Day, "les plus braves qui ont jamais vécu", écrit-il. "Nous sommes éternellement reconnaissants".
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Le saviez-vous ?
 
L’écrivain irlando-américain Cornelius Ryan, auteur du best-seller “The Longest Day” publié en 1959, ainsi que le réalisateur américain Darryl F. Zanuck qui l'a adapté au cinéma en 1962, se sont inspiré d'une déclaration d'Erwin Rommel. Le maréchal allemand, qui a fait construire le fameux “Mur de l’Atlantique” afin de protéger le littoral français d’une éventuelle invasion, avait eu cette phrase prémonitoire :
“Si on pense que les Anglo-Américains arriveront par beau temps, en empruntant l’itinéraire le plus court, et qu’ils préviendront à l’avance, on se trompe (...) Les Alliés débarqueront par un temps épouvantable en choisissant l’itinéraire le plus long (...) Le débarquement aura lieu en Normandie, et ce jour sera… le jour le plus long !”.
 
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Theresa May a remercié la France pour "ce monument à la mémoire de ceux qui se sont battus". "C'est extrêmement émouvant que d'être ici", a déclaré la Première ministre qui vit sa dernière journée officielle en tant que chef du gouvernement britannique.
 
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"Nous devons notre liberté à nos vétérans", a déclaré le président français à Ver-sur-mer. "Merci à tous les hommes et femmes qui ont combattu pour que le sol français soit de nouveau libre", a-t-il poursuivi.
 
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A Ver-sur-mer, dans le département du Calvados, Emmanuel Macron et Theresa May sont en train d'inaugurer un mémorial britannique :
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C'est à Portsmouth que le président français, Emmanuel Macron, et la reine Elizabeth II d'Angleterre ont donc donné le coup d'envoi des célébrations de ce 75ème anniversaire du Jour J. En tout, 16 pays étaient représentés et ont adopté une déclaration pour "faire en sorte que les sacrifices du passé ne soient jamais vains et jamais oubliés". 
Durant cette cérémonie a retenti le chant des partisans en hommage également aux réseaux français de résistance qui ont facilité les opérations alliées sur la côte normande.
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Première forte émotion pour les vétérans hier sur les quais de Portsmouth, sur la côte sud de l'Angleterre. La mémoire qui ressurgit pour 300 anciens du Débarquement, tous Britanniques. Ils ont de nouveau embarqué, mais évidemment sur un bateau de croisière cette fois, et ils ont retraversé symboliquement la Manche. 
 
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Les moments-clés du “Jour le plus long” :


 


22H00 le 5 juin 1944, le coup d’envoi de l’opération “Overlord” (“Seigneur tout puissant” en français) est donné par le commandant en chef des forces alliées, le général américain Dwight Eisenhower. A Londres, il salue et encourage les premiers parachutistes qui vont sauter sur la Normandie. Il discute quelques instants avec eux. Quand il les quitte, il a les larmes aux yeux.


 


A 21H15, Radio Londres a déjà diffusé la première strophe de “Chanson d’automne”, célèbre poème de Paul Verlaine : “Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon coeur d’une langueur monotone”. 200 autres phrases codées sont transmises. En France, les réseaux de résistance l’ont compris, le Débarquement en Normandie n’est plus qu’une question d’heures.


 


Le 6 juin, quelques minutes après minuit, des avions alliés commencent à pilonner les blockhaus et les batteries allemandes le long de la côte normande. Plus de 5 000 tonnes de bombes vont être lâchées.


 


A 00H15, près de mille planeurs chargés de matériel atterrissent tant bien que mal un peu à l’intérieur des terres. Plusieurs se fracassent sur des pieux ou s’écrasent dans les marais, il y a déjà des morts et des blessés. Dans le village de Bénouville, les Britanniques prennent rapidement le contrôle d’un pont levant stratégique qui sera surnommé “Pegasus Bridge”.


 


Entre 01H00 et 02H30, environ 13 000 parachutistes américains et 10 000 britanniques sont également largués derrière les plages. Les 82e et 101e divisions aéroportées américaines sautent sur la péninsule du Cotentin, la 6e Airborne britannique près de Sword. Il leur faudra moins de six heures pour prendre Sainte-Mère-Eglise et tenir toutes les voies terrestres qui mènent au littoral.


 


A partir de 01H00, l’alerte générale est transmise aux unités allemandes mais le maréchal Rommel, chargé de la défense de toute la côte atlantique, n’est pas au bon endroit au bon moment. Il fête le cinquantième anniversaire de sa femme dans la maison familiale à Herrlingen, dans le sud de l’Allemagne, au lieu de se trouver en Normandie.


 


05H00 du matin le Jour J, Adolf Hitler, gavé de médicaments, notamment de somnifères, dort profondément dans son chalet du Berghof, perché dans les Alpes bavaroises. Personne autour de lui n’ose le déranger. De toute façon, l’état-major allemand croit toujours que le vrai débarquement aura lieu dans le nord de la France.


 


06H00 du matin, le jour se lève à peine, l’horizon est barré par des milliers de navires, exactement 4 126 bâtiments de guerre et barges d’assaut. Les canons de la marine commencent à tirer sans arrêt, un feu roulant s’abat sur les plages.


 


06H45, l’enfer débute dès les premiers instants sur la plage baptisée Omaha Beach. La mer est agitée, des barges se renversent avant d’arriver, des soldats dont l’équipement est trop lourd coulent à pic, ainsi que des véhicules militaires embarqués. Au total, plus de 34 000 Américains vont être déversés sur le sable, un millier vont être tués, 1 500 blessés.


 


07H10, des commandos de l’unité d’élite américaine des Rangers s’attaquent à la pointe du Hoc. Ils doivent détruire les batteries allemandes qui sont installées sur les falaises car elles menacent les plages d’Utah et d’Omaha en dessous. Mission réussie mais à quel prix ! Les deux tiers des effectifs sont décimés.


 


07H30, Environ 53 000 Britanniques touchent terre à leur tour sur les plages de Gold et de Sword. Un millier d’entre eux vont y trouver la mort ou être blessés.


 


07H45, D’autres Américains investissent Utah Beach. Les bombardements ont mieux ciblé les défenses allemandes, les soldats sont confrontés à beaucoup moins de résistance que leurs camarades sur Omaha. Sur les 23 250 hommes débarqués, 200 vont être tués ou blessés.


 


08H10, ce sont les Canadiens qui prennent d’assaut la plage de Juno. Le brouillard et la marée montante leur cachent les “hérissons” d’acier anti-chars, et les premières barges s’empalent dessus. Ils sont 21 400 soldats, 878 vont rester à terre.


 


09H15, l’entourage de Hitler finit par le réveiller. Le Führer est en rage et couvre d’insultes deux de ses maréchaux, Jodl et von Rundstedt; ce dernier est habitué, il déteste le chancelier qu’il traite dans son dos de “petit caporal”. Puis Hitler change totalement d’humeur.Très excité, il dit : “Me voici face à face avec mes vrais ennemis, ces cow-boys !”.


 


09H30, le général Eisenhower commence à respirer. “Ike” - c’est son surnom - peut annoncer que le débarquement en France suit son cours. En cas de catastrophe, il avait prévu un communiqué dans lequel il disait : “Nos soldats ont fait preuve d’un courage sans faille. S’il faut blâmer quelqu’un, c’est moi et moi seul !”.


 


12H00, Winston Churchill, le Premier ministre britannique, estime qu’il est possible désormais d’annoncer le succès de l’opération “Overlord”. Il prend la parole devant le Parlement à Londres, il déclare : “Tout se déroule conformément au plan… et quel plan !”.


 


15H00, les dernières défenses allemandes tombent à Omaha “la sanglante”. Les Américains ont enfin réussi à passer les dunes qui dominent la plage, une tête de pont peut se mettre en place pour acheminer les renforts, les véhicules militaires, et évacuer les blessés.


 


18H00 : le général Charles de Gaulle, chef du gouvernement français provisoire réfugié à Londres, clame à la radio : “La bataille suprême est engagée ! Après tant de combats, de fureurs, de douleurs, voici venu le choc décisif, le choc tant espéré. C’est la bataille de France, et c’est la bataille de la France !”.


     


Sur l’ensemble du front de Normandie ce 6 juin - sur 80 kilomètres - les pertes des Alliés seront estimées à près de 6 000 morts pour les Américains, 4 000 pour les Britanniques et les Canadiens. L’armée du IIIe Reich aurait perdu entre 4 et 6 000 hommes. Des centaines de soldats allemands sont faits prisonniers.


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