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La loi sur la sécurité globale adoptée, les députés français ignorent les défenseurs des libertés

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Par Sandrine Delorme  & euronews avec AFP, AP
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Policiers en place contre une manifestation dénonçant la loi de sécurité globale et l'évacuation violente de la place de la république la nuit précédente, 24/11/2020
Policiers en place contre une manifestation dénonçant la loi de sécurité globale et l'évacuation violente de la place de la république la nuit précédente, 24/11/2020   -   Tous droits réservés  Michel Euler/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Ils étaient plusieurs milliers à Lyon pour dénoncer la loi de sécurité globale. Ils étaient tout aussi nombreux à Bordeaux et d'autres manifestations sont prévues en France samedi.

Ce dernier acte législatif du président Macron a pour but de lutter contre la criminalité et le terrorisme, mais il est jugé liberticide sur plusieurs aspects. Sensée veillée à l'image des policiers, la loi punit la diffusion d’images de policiers et gendarmes, "dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à leur intégrité physique ou psychique". L'utilisation de drones pour la surveillance est aussi validée. Les défenseurs des libertés dénoncent une dérive autoritaire, une atteinte disproportionnée à la liberté d'informer.

A Paris justement, dernier exemple en date, dans la nuit du 23 au 24 novembre, la police est accusée d'avoir fait un usage excessif de la force lors du démantèlement d'un camp de protestation mis en place par des associations de migrants.

L'évacuation brutale, filmée par des journalistes, a suscité indignation et appels à des enquêtes. La police des polices a été saisie. Les défenseurs des libertés civiles affirment que la nouvelle loi laissera libre-cours à toute future agression policière.

Mais le projet de loi sur la sécurité globale a déjà été adoptée en première lecture par l'assemblée nationale par 388 voix pour, 104 contre et 66 abstentions. Pour tenter de déminer la polémique, le Premier ministre a indiqué qu'il allait transmettre lui-même le texte au Conseil constitutionnel pour en étudier la validité.

Bruxelles a dénoncé cette loi et rappelé que "les journalistes devaient pouvoir faire leur travail librement et en toute sécurité."

On peut se poser la question : qu'adviendraient-ils des enquêtes sur les violences contre les Gilets jaunes par exemple ? De la couverture médiatiques de tels mouvements sociaux ?

Alors que la nouvelle loi est susceptible de renforcer la popularité d'Emmanuel Macron auprès de nombreux électeurs, la gauche accuse le président de céder à l'extrême droite dans sa quête de réélection en 2022.