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Sommet de l'OTAN à Madrid : ce qu'il faut retenir

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Par Hüseyin Koyuncu  avec AP, AFP
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Les dirigeants de l'OTAN se réunissent pour une photo de groupe lors du sommet à Madrid, 29 juin 2022.
Les dirigeants de l'OTAN se réunissent pour une photo de groupe lors du sommet à Madrid, 29 juin 2022.   -   Tous droits réservés  AP

L'OTAN a clôturé jeudi son sommet à Madrid, en adoptant une nouvelle feuille de route stratégique, qui redéfinit les priorités de l'alliance militaire.

La nouvelle doctrine transatlantique qualifie la Russie "de menace la plus significative et directe pour la sécurité des alliés".

"Nous ne pouvons pas écarter la possibilité d'une attaque contre la souveraineté ou l'intégrité territoriale des alliés", assure ce document, qui n'avait pas été révisé depuis 2010.

Cette nouvelle feuille de route cible aussi pour la première fois la Chine qui représente, selon l'OTAN, un "défi" pour sa "sécurité". 

Affichant leur unité, les pays de l'OTAN ont validé un renforcement de leur présence militaire sur le flanc oriental de l'Alliance, qui va porter à plus de 300 000 militaires les effectifs de ses "forces à haut niveau de préparation".

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Le président français Emmanuel Macron, s'entretient avec le chancelier allemand Olaf Scholz au sommet de l'OTAN à Madrid.AP Photo

Lors de ce sommet qu'il qualifie d'historique, le président américain Joe Biden a annoncé que les États-Unis vont renforcer leur positionnement militaire en Europe.

"Les États-Unis font exactement ce que j'ai dit que nous ferions si Poutine envahissait l'Ukraine : renforcer nos moyens en Europe. Avec plus de navires ici, en Espagne, plus de défense aérienne en Italie et en Allemagne, plus de F-35 au Royaume-Uni, et il y aura un nouveau quartier général permanent pour le 5e corps d'armée en Pologne", explique le dirigeant américain. 

L'adhésion de la Suède et la Finlande

Le sommet de Madrid a aussi permis de lancer officiellement le processus d'adhésion de la Suède et la Finlande, qui ont décidé de rejoindre l'OTAN en réaction à l'offensive russe en Ukraine, rompant avec une longue tradition de non-alignement.

"Pour nous, le plus important est que la Finlande et la Suède deviennent membres de l'OTAN. Nous sommes là pour protéger tous nos alliés et bien sûr nous sommes préparés à toutes les éventualités", a expliqué Jens Stoltenberg. 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président américain Joe Biden et le premier ministre britannique Boris Johnson (De gauche à droite)AP

Cette adhésion était jusqu'à présent bloquée par la Turquie qui accusait notamment Stockholm et Helsinki d'abriter des militants de l'organisation kurde PKK, qu'Ankara et l'UE considère comme terroriste.

Mais au terme de longues tractations, Ankara a donné mardi soir son accord à l'entrée dans l'OTAN de ces deux pays nordiques, le président turc Recep Tayyip Erdogan ayant estimé avoir obtenu leur "pleine coopération" dans sa lutte contre le PKK.

L'OTAN inquiète de l'influence de Moscou et Pékin sur son flanc sud

La dernière session du sommet de l'Alliance atlantique, qui s'est achevée Madrid, a porté dans la matinée de jeudi sur "les menaces et les défis au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Sahel".

Les pays de l'Alliance se sont notamment penchés sur la question de "la recherche par la Russie et la Chine d'avancées politiques, économiques, militaires au sud" du territoire des pays de l'OTAN , a expliqué le secrétaire général de l'organisation, le Norvégien Jens Stoltenberg, en clôturant la réunion.

Un "défi croissant" auquel l'OTAN veut notamment s'attaquer "via plus d'aide" à ses partenaires dans la région, a-t-il déclaré, annonçant notamment un plan de soutien à la Mauritanie pour aider ce pays africain à sécuriser ses frontières et à lutter contre l'immigration illégale et le terrorisme.

La présence croissante de mercenaires russes du groupe Wagner au Mali ou en Centrafrique a été dénoncée par plusieurs pays occidentaux.

Retour à la guerre froide

Un "rideau de fer" est en train de s'abattre entre la Russie et l'Occident, sur fond d'une crise diplomatique sans précédent en raison du conflit ukrainien, a affirmé jeudi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

"Le rideau de fer, de fait, il est déjà en train de s'abattre", a estimé M. Lavrov, faisant écho à la célèbre phrase de Winston Churchill, lors d'une conférence de presse à Minsk avec son homologue bélarusse Vladimir Makeï.

"Que (les Occidentaux) fassent attention et qu'ils ne se coincent pas (les doigts) dedans. Le processus est en cours", a-t-il ironisé.

Selon M. Lavrov, l'UE "ne montre aucun intérêt à comprendre les intérêts" russes et ses décisions sont dictées "par Washington".

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Chef de la diplomatie russe, Sergueï LavrovAP Photo

Le ministre a jugé que le sommet de l'OTAN cette semaine démontrait que les Etats-Unis veulent "soumettre tous les Etats à leur volonté".

"Ce rideau de fer est érigé aujourd'hui par les Occidentaux eux-mêmes", a renchéri son homologie bélarusse.

La formule de Churchill d'un rideau de fer s'abattant sur l'Europe en 1946 illustrait la séparation du continent européen entre pays capitalistes et le bloc soviétique, donnant naissance à la Guerre froide.