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L'Espagne réforme son système de retraites

Les députés espagnols ont adopté la réforme des retraites, le 30 mars, par 179 voix pour, contre 104 et 61 abstentions
Les députés espagnols ont adopté la réforme des retraites, le 30 mars, par 179 voix pour, contre 104 et 61 abstentions Tous droits réservés euronews
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Par euronews avec AFP
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Pas de manifestations, pas d'affrontements avec la police... A la différence de celle du président Emmanuel Macron en France, la réforme des retraites du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a réussi ces dernières semaines à s'imposer dans "la paix sociale".

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Comme une lettre à la poste, ou presque : en Espagne, les députés ont validé jeudi la réforme des retraites du gouvernement de gauche, prévoyant de faire davantage contribuer les hauts revenus tout en maintenant l'âge de départ à 67 ans.

Pas de manifestations, pas d'affrontements avec la police... A la différence de celle du président Emmanuel Macron en France, la réforme du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a réussi ces dernières semaines à s'imposer dans "la paix sociale", selon ses termes, en dépit des critiques de l'opposition de droite et du patronat.

Adopté mi-mars par le gouvernement par la voie d'un décret, le texte a reçu jeudi le feu vert définitif de la majorité des députés, avec 179 voix pour, 104 voix contre et 61 abstentions, notamment grâce à l'appui de partis indépendantistes basque et catalan.

Ce "large soutien" va permettre de "moderniser notre système" de retraite et de renforcer "son équité et sa durabilité", s'est félicité sur Twitter le ministre de la Sécurité Sociale, José Luis Escriva, porteur de cette mesure.

Négocié par les socialistes avec la formation de gauche radicale Podemos, leur allié au sein de la coalition au pouvoir, ce texte, qui est la dernière étape d'une réforme à laquelle il a été procédé par phases depuis deux ans, a également été discuté avec les partenaires sociaux.

"Historique" pour les syndicats

Destinée à rééquilibrer le système de retraite espagnol, menacé par le vieillissement de la population, cette réforme prévoit concrètement d'accroître l'assiette de cotisation, c'est-à-dire la part du salaire sur laquelle cotisent les employés, afin de mettre davantage à contribution ceux dont les revenus sont les plus élevés.

Elle entérine par ailleurs une hausse de la contribution, en particulier des employeurs, au "mécanisme d'équité intergénérationnelle", qui alimente un "fonds de réserve" créé pour faire face aux tensions attendues lorsque la génération du "baby boom" des années 1960-70 arrivera à l'âge de la retraite.

Le texte ne touche pas en revanche à l'âge légal de départ à la retraite qui doit passer progressivement à 67 ans en 2027, en vertu d'une réforme entérinée en 2011 sous un précédent gouvernement socialiste. Certaines personnes pourront toutefois continuer à partir à 65 ans si elles ont au moins cotisé 38 ans et six mois.

Cette réforme, à laquelle la Commission européenne a donné son feu vert, était l'une des principales contreparties exigées par Bruxelles en échange de l'octroi des fonds du méga plan de relance européen, dont l'Espagne est l'un des principaux bénéficiaires avec 140 milliards d'euros.

Soutenue par les deux principaux syndicats de salariés, l'UGT et Commissions ouvrières (CCOO) qui ont salué un "accord historique", elle a en revanche été critiquée par les principales organisations patronales qui estiment qu'elle va "augmenter le coût du travail" et "mettre en péril la création d'emplois".

"Sparadrap" pour la droite

A quelques mois des élections législatives prévues pour fin 2023, le chef de file du Parti populaire (PP, droite), Alberto Nuñez Feijoo, a quant à lui mis en doute la viabilité de la réforme... en la comparant avec celle d'Emmanuel Macron, qui a reculé l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans.

"C'est juste un sparadrap" qui ne tiendra que "jusqu'en 2025", a-t-il dénoncé, estimant que l'Espagne faisait "exactement le contraire" de la France qui a, pour sa part, opté pour une réforme "durable" sur fond de "tensions sociales".

Des propos jugés "déconcertants" par José Luis Escriva, qui a défendu mercredi dans un entretien avec le quotidien El Pais, la solidité de sa réforme mais aussi la méthode suivie par le gouvernement, permettant d'avancer sur un sujet où le "consensus" est "difficile".

"_L'Italie tourne en rond depuis des années sur les réformes à mener et, en France, nous voyons ce qui est en train de se passe_r", a-t-il insisté.

Un message appuyé par le responsable du premier syndicat français (CFDT), Laurent Berger, dans les colonnes du même quotidien. En France, "il n'y a pas de recherche de compromis", contrairement à l'Espagne, où la réforme a donné lieu à "une concertation entre les syndicats et le gouvernement", a-t-il jugé.

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