La guerre en Ukraine : un test pour la technologie militaire

Un soldat de l'AFU répare un char Leopard 2 dans la région de Zaporizhzhya, juin 2023.
Un soldat de l'AFU répare un char Leopard 2 dans la région de Zaporizhzhya, juin 2023. Tous droits réservés AP Photo/Andriy Andriyenko, File
Par Andrey PoznyakovFrances Lopez
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Cet article a été initialement publié en russe

La guerre en Ukraine oblige les experts à repenser leur conception de la guerre et devient un test sérieux pour les armements.

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Soutenir l'Ukraine dans sa lutte contre l'agression russe est devenu une question de principe pour des dizaines de pays qui fournissent à Kiev une aide humanitaire et militaire. Parmi les armes fournies aux forces armées ukrainiennes, on trouve aussi bien des pièces d'équipement utilisées depuis longtemps que des pièces relativement nouvelles. Pour tous ces équipements, la guerre à grande échelle en Europe est devenue une sorte de test de leur efficacité dans les conditions des opérations de combat modernes.

Война в Украине стала окунанием в реальность для Запада, для военных и гражданских стратегов, для людей, связанных с обороной, потому что мы вернулись к высокоинтенсивной конвенциональной войне. Это вырвало нас из 20 или даже скорее 30 лет ложных представлений, представлений, не соответствующих текущим реалиям. Это подводит нас к принятию решений исторического значения.
Сесар Пинтадо
профессор Центра международной безопасности и обороны в Севилье

Selon l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale, qui étudie les problèmes de la mondialisation, depuis le début de l'invasion russe, les partenaires internationaux ont promis à l'Ukraine une aide militaire d'une valeur de plus de 80 milliards d'euros. Quelle est l'efficacité des armes fournies en conditions réelles de combat ?

Des échecs retentissants

Selon l'expert militaire César Pintado, les chars Leopard et les BMP Bradley, par exemple, n'étaient pas sous leur meilleur jour dès le départ. Dans le même temps, les lacunes de certains modèles plus anciens, comme les chars à roues, ont été révélées, indiquant qu'ils ne valaient plus la peine d'être utilisés dans la guerre moderne.

Les analystes ont toutefois tendance à attribuer cette situation à des erreurs dans l'utilisation de ces véhicules et à un manque de formation. Matthew Schmidt, de l'université de New Haven, attire l'attention sur les différences d'approche de la guerre entre l'Occident et l'Orient. Selon lui, il est important de considérer que l'interopérabilité établie avec d'autres branches de l'armée sert en quelque sorte de multiplicateur pour accroître l'efficacité des mêmes bataillons de chars aux États-Unis, et qu'une telle formation nécessite du temps et de l'entraînement :

"Si les chars français étaient utilisés par des troupes de l'OTAN bien entraînées, il y aurait moins de pertes de ces chars en Ukraine. Non pas parce que les troupes de l'OTAN sont techniquement plus aptes à interagir avec les chars, mais parce qu'elles savent comment les utiliser en combinaison avec d'autres systèmes tels que l'artillerie ou l'infanterie. Elles_ont de meilleures_ compétences en matière de_communication_.

M. Schmidt estime qu'au fil du temps, l'AFU a été en mesure d'améliorer de manière significative sa gestion des équipements occidentaux. Mais il faut plus que cela, ou même plus que cela, pour réussir dans la guerre.

Une guerre du présent et de l'avenir

L'une des caractéristiques de ce conflit est souvent évoquée comme étant l'utilisation à grande échelle de drones. César Pintado estime que c'est en Ukraine que les drones sont devenus un élément de base de la guerre. Il parle de "révolution" :

"La nature de la guerre est en train de changer sous nos yeux, parfois discrètement, parfois spontanément, mais sans aucun doute les bases d'une révolution sont en train d'être posées, d'une manière de combattre complètement différente. C'est_comme l'introduction de l'aviation dans la Première Guerre mondiale"._

Matthew Schmidt, quant à lui, n'est pas enclin à exalter autant l'importance des drones. Selon lui, les drones d'attaque ont au contraire montré leur inefficacité.

La communication et la guerre électronique ont joué un rôle beaucoup plus important", affirme le professeur d'affaires internationales, de sécurité nationale et de sciences politiques de l'université de New Haven. Il cite en exemple un programme visant à recueillir des témoignages sur les mouvements militaires russes : L'AFU a utilisé des services existants pour envoyer des plaintes concernant des problèmes dans le secteur du logement et des services publics, afin que les Ukrainiens puissent partager des informations avec l'armée. Une fois recoupées et confirmées, ces données améliorent considérablement la connaissance et la coordination des troupes dans la zone de combat", note M. Schmidt.

Il évoque également l'importance des écoutes téléphoniques et de la suppression des systèmes de communication, notamment au cours des premiers mois de l'invasion russe, qui ont permis d'intercepter des informations classifiées et d'empêcher les unités russes de partager des informations. Selon M. Schmidt, le développement de ces domaines est la clé du succès de l'Ukraine dans une future confrontation avec la Russie, les deux parties cherchant à renforcer leurs capacités militaires :

"Vous voyez ces innovations aujourd'hui ? Je pense que ce sera encore mieux. Aujourd'hui, il faut faire vite. Il faut improviser. Mais dans un futur conflit stabilisé, nous verrons de nombreuses innovations à long terme. Du côté russe, il faudra une décennie ou plus aux militaires pour reconstruire ce qu'ils ont perdu dans cette guerre. Et la principale chose que les Russes apprendront de cette guerre, c'est que leurs systèmes ne sont pas très performants".

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