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"L'énergie propre est la voie la plus sûre": l'Europe doit mener la transition, selon l'ONU

Simon Stiell, secrétaire exécutif de l'ONU pour le climat, s'exprime au sommet d'action climatique des dirigeants à la COP29 de Bakou
Simon Stiell, secrétaire exécutif de l'ONU pour le climat, s'exprime au sommet des dirigeants sur l'action climatique à la COP29 de Bakou Tous droits réservés  COP29/Vuqar Ibadov
Tous droits réservés COP29/Vuqar Ibadov
Par Ruth Wright
Publié le
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"Sans baisse des énergies fossiles, la chaleur extrême de cet été paraîtra faible face au cauchemar climatique permanent", prévient Simon Stiell (ONU Climat).

"L'été européen a été infernal. C'est le prix à payer quand la dépendance mondiale aux combustibles fossiles nous rattrape", avertit Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

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S'exprimant devant la commission de l'environnement, du climat et de la sécurité alimentaire du Parlement européen, à Bruxelles, Stiell a appelé les législateurs à redoubler d'efforts pour défendre le leadership climatique historique de l'Europe et à accélérer la transition vers les énergies propres.

"Il est dans l'intérêt même de l'Europe de rester ferme sur l'action climatique, et de la renforcer : bâtir une résilience face aux impacts du climat, protéger les chaînes d'approvisionnement mondiales dont toutes les économies dépendent et réduire drastiquement les émissions mondiales."

L'action climatique est l'assurance la moins chère pour l'Europe

Le récent été de chaleur extrême a été le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni et en Italie, et d'autres pays devraient annoncer des records similaires. Stiell a énuméré quelques-uns des coûts : "Nous avons assisté à des évacuations massives, à la fermeture de centrales électriques, à l'asphyxie des routes commerciales, à des récoltes perdues, à des rendements en baisse et à des prix alimentaires en hausse, qui devraient encore augmenter."

Des dizaines de milliers de décès supplémentaires ont également été enregistrés en Europe, dont 14 000 en Allemagne et 5 232 en Espagne, le niveau le plus élevé depuis 2015.

"Les catastrophes font grimper les primes d'assurance, rendant certains risques totalement inassurables", a déclaré Stiell. Le coût de l'assurance habitation dans les zones touchées par des phénomènes météorologiques extrêmes ou des catastrophes liées au climat augmente depuis des années, certains assureurs refusant désormais de couvrir des maisons situées dans les régions frappées par les incendies de 2025 à Los Angeles.

Un rapport publié en 2024 par Insure Our Future a conclu que le changement climatique était à l'origine de plus d'un tiers de toutes les pertes assurantielles liées à la météo au cours des vingt dernières années. Mais ce ne sont pas les assureurs privés qui absorbent les dégâts climatiques : ce sont les budgets publics, dont les responsables politiques de l'UE ont la charge, qui encaissent le choc.

Une étude publiée plus tôt cette année a montré qu'entre 1980 et 2021, les événements extrêmes liés au climat et à la météo ont provoqué des pertes économiques de plus de 560 milliards d'euros dans les 27 États membres de l'UE, dont seulement 25 à 33 % étaient assurés. L'étude de l'université de Vienne a été commandée par l'eurodéputée Lena Schilling (Verts/Autriche).

"Investir seulement 1 à 2 % de la production économique mondiale permettrait d'éviter des pertes de 11 à 27 % du PIB, chaque dollar dépensé générant des économies de cinq à quatorze dollars", explique l'autrice de l'étude, la professeure Sigrid Stagl. Elle décrit explicitement l'action climatique comme "une assurance-vie pour la planète", une stratégie de gestion des risques systémiques où les coûts de l'atténuation et de l'adaptation restent faibles au regard de l'ampleur des pertes potentielles.

L'action climatique fait avancer ou ralentit les économies

Conscient de l'importance de la croissance économique pour les législateurs auxquels il s'adressait, Stiell a détaillé les coûts de la chaleur extrême : "Une étude calcule que les extrêmes de cet été coûteront à l'Europe 180 milliards d'euros, en productivité du travail perdue et en perturbations des secteurs alimentaire, énergétique et des transports. Cela revient à retrancher un point entier au PIB européen, soit l'équivalent de la croissance prévue de l'économie de l'UE."

Stiell a établi un lien entre l'action climatique et les indicateurs économiques sur lesquels les responsables politiques sont souvent jugés à l'approche des élections : "Être laxiste sur l'action climatique, c'est l'être aussi sur l'inflation et le coût de la vie, sur la souveraineté et la sécurité, ainsi que sur la croissance économique et l'emploi."

"La question climatique touche au cœur des préoccupations des électeurs, quels que soient leurs opinions : la santé des familles, la sécurité des communautés et la stabilité économique. La nourriture abordable et l'accès à l'eau. L'emploi, les coûts pour les entreprises et les factures des ménages."

Alors, que suggère Stiell aux décideurs de l'UE ?

Pour garantir des prix abordables, la stabilité économique, la sécurité énergétique et l'autonomie des décisions politiques, Stiell affirme : "L'énergie propre est la voie la plus sûre pour y parvenir, à moindre coût et en toute sécurité."

Alors que la Chine montre la voie en matière d'énergie issue de sources propres, Stiell assure que les pays de l'UE s'en sortent bien. "Grâce à des investissements en hausse, les renouvelables fournissent désormais environ la moitié de l'électricité européenne. Au cours des six premiers mois de ce conflit au Moyen-Orient, le solaire à lui seul a permis à l'Europe d'économiser plus de 30 milliards d'euros en importations de gaz évitées."

Stiell a martelé que les énergies propres offrent de nombreuses opportunités économiques, en soulignant que l'Europe est déjà en pointe sur les technologies propres.

Ce que l'ONU attend de l'Europe à la COP31

Stiell a profité de son intervention pour souligner l'importance pour l'Europe de "se mobiliser pleinement afin que la COP31 en Turquie permette de nouveaux progrès".

Les négociations climatiques de l'ONU de cette année – la COP31 – se tiendront à Antalya du 9 au 20 novembre 2026.

Ces discussions réunissent des gouvernements et des acteurs économiques du monde entier et servent de catalyseur aux politiques climatiques : l'Accord de Paris est né à la COP21, en 2015. Comme elles reposent sur des journées de tractations pour aboutir à un accord final, la présence des législateurs et leur engagement à défendre une action climatique ambitieuse lors des COP sont essentiels.

Stiell a expliqué comment chaque cycle récent de négociations s'appuie sur le précédent : "Aucune COP ne peut résoudre la crise climatique du jour au lendemain, mais chacune fait avancer l'effort mondial, en capitalisant sur la précédente et en préparant la suivante : d'un accord global à Dubaï pour amorcer la transition hors de tous les combustibles fossiles, à un nouvel objectif de financement climatique à Bakou, en passant par des avancées sur une transition juste à Belém, qui ont ouvert l'ère de la mise en œuvre."

Stiell a demandé aux responsables politiques de se rendre à ces discussions avec une vision claire de ce qu'ils souhaitent voir figurer dans l'accord final, et prêts à faire des compromis.

L'une des priorités de la présidence de la COP est que 35 % de la demande énergétique finale mondiale soient couverts par l'électricité d'ici 2035. Stiell a souligné l'atout de l'UE dans ce domaine : "Environ une nouvelle voiture sur quatre vendue en Europe est désormais électrique, et le déploiement des batteries s'accélère."

Il a également cité le méthane, le gaspillage alimentaire et la sécurité, ainsi que le renforcement de la résilience des villes face aux extrêmes climatiques, comme "des domaines où l'impact et l'urgence sont les plus grands".

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