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Réchauffement climatique : pourquoi est-il (très) important de préserver les zones humides ?

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Par Jeremy Wilks

Dans cette édition de Climate Now, nous allons à Venise, pour comprendre comment les zones humides peuvent nous aider à lutter contre le changement climatique. Selon les scientifiques, les marais salants dont leur rôle est méconnu, constituent une ressource essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Selon les données du mois de janvier fourni par le service Copernicus dédié au changement climatique, le mois dernier, au niveau mondial, il a fait 0,3 degré de plus comparé à la moyenne pour la période 1991-2020.

Records de température en janvier

En Argentine, avec la vague de chaleur en cours, il y a eu 75 nouveaux records de température en janvier.

L'est du Canada et des États-Unis a été plus froid que la moyenne, tandis qu'en Russie, jusqu'à la péninsule du Kamtchatka, il a fait beaucoup plus chaud le mois dernier.

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Records de température en Argentine au mois de janviereuronews

En Europe, avec 12,5 degrés, Oslo a atteint un record absolu pour un mois de janvier. Alors qu’en France et dans certaines parties de l'Espagne, il a fait plus frais que la moyenne.

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Des températures anormales en Europe pour un mois de janviereuronews

La péninsule ibérique continue d'être beaucoup plus sèche que la moyenne. Le graphique ci-dessous montre l'anomalie d'humidité du sol pour le mois de janvier, et c’est une tendance qui dure depuis déjà 4 mois.

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Le taux d'humidité est anormalement faible en Espagneeuronews

Les zones humides : une chance dans la lutte contre le réchauffement climatique

Les zones humides de la lagune de Venise ont un rôle vital dans la lutte contre le changement climatique. Les marais salants sont des havres de biodiversité et constituent des barrières naturelles contre les tempêtes. Mais ce qui nous intrigue, c'est un processus écologique capable de stocker le carbone cinquante fois plus rapidement qu'une forêt tropicale : la séquestration du carbone.

Pour mieux comprendre ce phénomène. Nous sommes partis de la place Saint-Marc pour nous rendre dans les marais salants de la lagune de Venise.

Selon le professeur Andrea D'Alpaos de l'Université de Padoue, ces écosystèmes méconnus et vulnérables doivent être mieux valorisés et surtout protégés.

"Il y a une méconnaissance du potentiel de ces écosystèmes pour stocker le carbone organique et contribuer à la lutte contre le changement climatique", explique Andrea D'Alpaos.

Quelques chiffres sur ces zones humides

Les 43 km² de zones humides de la lagune de Venise peuvent stocker un quart des émissions annuelles du trafic maritime de Venise. Il y a deux cents ans, les zones humides s'étendaient sur 180 km², ce qui aurait suffi à capter 100% des émissions du trafic maritime de Venise en 2022.

Comment une zone humide stocke le carbone ?

Le potentiel dont parle le professeur italien repose sur un processus relativement simple.

Dans un premier temps, la végétation capture le CO2 de l'atmosphère pendant sa croissance, puis elle est régulièrement inondée par des marées riches en sédiments qui enfouissent le feuillage et les racines dans la boue.

Dans le lagon de Venise, on observe donc le phénomène de séquestration du carbone en action.

"Dans la partie supérieur de la carotte de perçage, on distingue plusieurs éléments comme les petites et grosses racines comme celles que l'on vient de couper. Il y a aussi beaucoup d'autres petits fragments de plantes comme des feuilles ou des restes de plantes qui stockent réellement le carbone dans les sédiments du marais", nous explique Massimiliano Chrinassi, professeur de sédimentologie à l'Universite de Padoue.

Dans les laboratoires de l'université de Padoue, les scientifiques peuvent calculer la quantité de carbone stockée dans les différentes zones humides, et même en déterminer la source.

Ils ont découvert que les niveaux de stockage du carbone varient énormément dans la lagune de Venise.

"Nous avons une valeur moyenne d'environ 270 tonnes (de carbone) par km² par an. Toutefois, ces résultats varient beaucoup. Ça peut aller d'un minimum d'environ 50 tonnes par km² par an à un maximum de plus de 500 tonnes par km² par an", dit Alice Puppin, chercheuse à l'Université de Padoue.

Les résultats du laboratoire seront analysés pour déterminer exactement quels types de plantes, de sols et de conditions environnementales sont les meilleurs pour piéger le carbone.

En attendant, comme l'explique le professeur Andrea D’Alpaos il est primordial de préserver les zones humides: "Nous devons les protéger. Et puis nous devons essayer de les aider dans leur croissance verticale en mettant à disposition des sédiments qui peuvent se déposer à la surface des bancs de sable. Ce processus permettra au développer verticalement et en même temps à enfouir la matière organique dans les sols pendant des centaines ou des milliers d'années."

Climate Now production team:

  • Camera: Lionel Laval
  • 3D Graphics: Vinod Kirouchenamourty
  • Data Graphics: Domenico Spano
  • Studio Director: Mathieu Carbonell
  • Virtual Studio Manager: Antoine Renaud
  • Studio Lighting: Jérôme Souillol
  • Production Manager: Camille Cadet

Video editor • Jean-Christophe Marcaud