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Vladimir Poutine "a considérablement affaibli la Russie"

La destruction du barrage de Kakhovka menace 40 000 personnes
La destruction du barrage de Kakhovka menace 40 000 personnes Tous droits réservés LIBKOS/Copyright 2023 The AP. All rights reserved.
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Par Stefan Grobe
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Avec la guerre en Ukraine, la Russie s’est engagée dans une voie qui l’affaiblit sur la scène internationale selon Sven Biscop, analyste à l’institut Egmont.

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La destruction du barrage de Kakhovka marque une nouvelle escalade de la guerre en Ukraine. Cette destruction a entraîné d’énormes inondations. Plus de 40 000 personnes sont menacées, beaucoup ont été évacuées, d'autres sont mortes noyées. C’est un désastre humanitaire et écologique.

Euronews a interrogé Sven Biscop, responsable du programme Europe dans le monde à l'institut Egmont.

Euronews :

Les membres de l'opposition russe en exil assurent que Vladimir Poutine perdra tôt ou tard le pouvoir si la guerre se poursuit en Ukraine. Vous partagez cette analyse ?

Sven Biscop :

C'est quelque chose que l'on peut espérer, bien sûr, mais pour l'instant, on voit très peu de signes. Et il semble que la guerre bénéficie toujours d'un fort soutien populaire. Cela peut évoluer, mais pour l'instant, c'est le cas. Il est également difficile de voir qui pourrait prendre l'initiative de faire tomber (Vladimir) Poutine, car ce serait évidemment un risque énorme. Et je pense que les seuls à pouvoir le faire sont ceux qui contrôlent les forces militaires. Donc, pour le moment, je pense que nous ferions mieux de baser notre stratégie sur le scénario le plus probable, à savoir que le régime restera au pouvoir et poursuivra la guerre.

Euronews :

Dans votre dernière analyse vous soulevez la question d'un potentiel nouvel ordre mondial. A quoi pourrait ressembler une Russie post-Poutine d'un point de vue géopolitique ?

Sven Biscop :

Poutine, bien sûr, a considérablement affaibli la Russie parce que je pense que nous sommes dans un monde multipolaire. Il y a plusieurs grandes puissances et ce qu'elles essaient de faire, c'est de garder leurs options ouvertes et de travailler ensemble, de coopérer, mais aussi de rivaliser avec tout le monde en même temps dans une constellation en constante évolution. Ce que vous ne voulez pas faire, c'est limiter vos options. Et c'est exactement ce que Vladimir Poutine a fait, il s'est totalement aliéné les États-Unis et l'Union européenne. Sa seule option est donc la Chine. Quoi qu'il arrive, la Russie se trouve dans une position beaucoup plus faible. Ce que l'on peut imaginer, c'est que le successeur de Poutine restera probablement un dirigeant autoritaire, mais qu'il sera peut-être plus pragmatique.

Euronews :

Est-ce que l'Europe peut bénéficier de ce qui arrivera par la suite, avec le rapprochement de l’Ukraine et de la Moldavie ?

Sven Biscop :

C'est une bonne nouvelle. On peut dire que les structures occidentales se consolident au Kosovo, que la Finlande et la Suède rejoignent l'OTAN, ou que le Danemark renonce à ses dérogations. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de défi, bien sûr, pour s'assurer que nous continuons à soutenir la Moldavie et l'Ukraine militairement et économiquement. Mais ces deux pays doivent également se réformer avant que nous ne leur montrions qu'ils sont prêts à adhérer à l'UE.

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