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L'UE doit suspendre ses liens avec Israël pour empêcher les crimes de génocide à Gaza, déclare le rapporteur de l'ONU

Les Palestiniens pleurent les membres de leur famille tués lors des bombardements israéliens sur la bande de Gaza à la morgue de l'hôpital de Rafah, mercredi 20 mars 2024.
Les Palestiniens pleurent les membres de leur famille tués lors des bombardements israéliens sur la bande de Gaza à la morgue de l'hôpital de Rafah, mercredi 20 mars 2024. Tous droits réservés Abdel Kareem Hana/Copyright 2024 The AP. All rights reserved.
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Par Mared Gwyn Jones
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Cet article a été initialement publié en anglais

L'Union européenne devrait suspendre ses relations commerciales et institutionnelles avec Israël afin de prévenir les crimes de guerre qui s'apparentent à un génocide dans la bande de Gaza, a déclaré le rapporteur spécial des Nations unies sur la Palestine.

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L’UE a "l'obligation" de suspendre son accord d'association avec Israël, selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur la Palestine, Francesca Albanese. Elle estime que l’offensive israélienne viole les dispositions de ce texte sur les droits de l'Homme.

La représentante de l’ONU a d’ailleurs récemment conclu que le seuil du crime de génocide avait été atteint à Gaza.

"Israël a les moyens politiques, financiers et économiques de poursuivre ses activités comme si de rien n'était. Il n'a aucune incitation à changer de comportement", assure Francesca Albanese.

"L'Europe est le principal partenaire commercial d'Israël, qui représente, je crois, 30 % de ses échanges commerciaux, et dispose donc d'un pouvoir considérable qu'elle devrait utiliser. En fin de compte, il ne s'agit pas d'une option, mais d'une obligation, car l'article 2 de l'accord d'association prévoit la suspension en cas de violation des droits de l'Homme", ajoute-t-elle.

Une récente initiative des dirigeants irlandais et espagnol appelant la Commission européenne à suspendre l'accord UE-Israël s'est heurtée à la résistance d'autres États membres désireux de maintenir la position de solidarité de l'Union avec Israël.

La décision de suspendre l'accord nécessiterait le soutien unanime des 27. Or, les dirigeants de l'UE se sont constamment opposés sur leur position collective concernant le conflit qui a éclaté à la suite de l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Francesca Albanese estime que la réticence de l'UE à utiliser les mesures en son pouvoir pour demander des comptes à Israël perpétue l'impunité du gouvernement israélien et révèle une "déconnexion" entre la classe politique européenne et la grande partie de la société européenne qui a constamment appelé à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza assiégée.

Elle souligne également que les dirigeants de l'UE devaient prendre des contre-mesures plus concrètes à l'encontre de l’Etat hébreu, notamment en révoquant la reconnaissance diplomatique et en imposant des sanctions ciblées aux responsables gouvernementaux.

La suspension formelle des relations commerciales devrait s'étendre aux "sociétés privées enregistrées sous les juridictions nationales des Etats membres de l'UE", suggère-t-elle.

Francesca Albanese constate aussi que les conditions de suspension de l'accord d'association UE-Israël étaient en place avant le 7 octobre et le déclenchement de la guerre à Gaza, étant donné la longue histoire d'Israël en matière d'établissement de colonies et "l'annexion continue et annoncée du territoire palestinien occupé", qui constituait déjà un crime de guerre.

Son rapport, qui accuse également Israël de subvertir le langage du droit international - comme les concepts de bouclier humain et de dommages collatéraux pour fournir une couverture légale au génocide - a été rejeté par Israël qui évoque un document "obscène".

Appels à l'examen du financement de l'UE pour les entreprises militaires israéliennes

S'exprimant aux côtés de Francesca Albanese au Parlement européen, l'eurodéputé espagnol Manu Pineda (la Gauche), qui préside la délégation pour les relations avec la Palestine, critique l'UE pour avoir prétendument financé des entreprises militaires en Israël qui permettent aux forces armées de ce pays de mener leurs opérations.

Il estime que les fabricants de drones qui fournissent leur technologie aux forces armées israéliennes ont reçu des fonds du projet Horizon Europe de l'UE, une affirmation récemment corroborée par une analyse de deux observateurs indépendants, Statewatch et Informationsstelle Militarisierung (IMI).

"D'autres entreprises et institutions militaires israéliennes ont reçu des millions d'euros pour le développement de drones au cours des dernières années, malgré l'interdiction supposée du financement par l'UE de projets militaires et de défense", ont précisé en mars les observateurs dans leur analyse.

Selon l'eurodéputé, les "mains de l'UE sont tachées de sang" parce qu'elle n'a pas veillé à ce que ses fonds ne contribuent pas à l'offensive israélienne.

"Il est honteux que l'Union européenne continue d'acheter et de vendre à Israël des armes qui sont utilisées au combat et qui tombent sur la tête d'enfants palestiniens dans la bande de Gaza", dénonce Manu Pineda.

Cette décision intervient alors que la pression s'accroît sur le président américain et sur le gouvernement allemand pour qu'ils cessent d'envoyer des armes à Israël.

Les États-Unis et l'Allemagne fourniraient à eux deux environ 99 % de toutes les armes qu'Israël reçoit de gouvernements étrangers. Les ventes d'armes de l'Allemagne à Israël sont estimées à 300 millions d'euros pour la seule année 2023.

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Berlin a contesté mardi les accusations portées par le Nicaragua devant la plus haute juridiction de l'ONU, selon lesquelles l’Allemagne faciliterait des crimes de génocide en vendant des armes à Tel-Aviv, affirmant que ces accusations n'avaient "aucun fondement en fait ou en droit".

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