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Pandémie, économie, climat, Russie... Les 100 premiers jours de la présidence Biden

Le président américain Joe Biden
Le président américain Joe Biden   -   Tous droits réservés  Andrew Harnik/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
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Le 20 janvier, Joe Biden succédait officiellement à Donald Trump à la présidence des États-Unis. Qu’a fait le président américain durant les 100 premiers jours de son mandat ? La rédaction d'euronews fait le bilan.

Le combat renforcé contre la pandémie

Joe Biden s’était fixé l’objectif de vacciner cent millions d'Américains et de rouvrir l'essentiel des écoles et collèges dans les 100 premiers jours de sa présidence. Au lendemain de son arrivée à la Maison-Blanche, il signe une dizaine de décrets pour renforcer la lutte contre la pandémie : le port du masque devient obligatoire dans les transports, y compris dans les aéroports, et les voyageurs embarquant pour les États-Unis doivent présenter un test Covid négatif. La nouvelle stratégie contre la pandémie est également marquée par le retour des États-Unis dans l'Organisation mondiale de la Santé. Fin avril, près de 30% de la population américaine est vaccinée contre le Covid-19 et 235 millions de doses ont été administrées. L’épidémie, qui a reculé mais sévit encore, a déjà fait plus de 574 000 morts dans le pays.

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Joe Biden encourageant les Américains à porter le masqueAndrew Harnik/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

La relance d'une économie en crise

Le 11 mars, le Congrès adopte un plan de relance colossal de 1 900 milliards de dollars afin de soutenir les ménages et les entreprises américaines durement frappés par la pandémie. Objectif : créer 7,5 millions d'emplois cette année, alors que 30 millions d'adultes et 12 millions d'enfants souffriraient de la faim. Pour sortir le pays de la crise, la nouvelle administration veut accélérer la vaccination. Plus de vaccins, plus de vaccinateurs, plus de sites de vaccination. Des millions d'Américains vont se faire dépister, y compris à domicile. Les écoles auront bientôt les fonds et les ressources nécessaires pour rouvrir en toute sécurité, c'est un impératif national", déclare alors Joe Biden. Par ailleurs, le président américain confirme l'une de ses promesses de campagne : la hausse du salaire minimum à 15 dollars d'ici 2025 pour tous les salariés du pays.

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Joe Biden à la Maison Blanche le 15 marsPatrick Semansky/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Climat : tourner la page de l'ère Trump

Joe Biden tourne la page climatosceptique de l'ère Trump en annonçant dès son arrivée à la Maison-Blanche le retour des États-Unis dans l'accord de Paris et en organisant trois mois plus tard un sommet virtuel sur le climat au cours duquel il promet de réduire les émissions carbone américaines d'environ 50% d'ici à 2030 par rapport à 2005, doublant ainsi le précédent engagement pris par Washington. Pour atteindre les objectifs, Joe Biden dévoile un plan de 2 000 milliards de dollars qui prévoit la modernisation des infrastructures, le développement des énergies renouvelables et l'accélération de la transition vers les véhicules électriques. Le président américain annonce également un moratoire sur les forages d'hydrocarbures.

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Joe Biden le 23 avril lors du sommet virtuel sur le climatEvan Vucci/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Immigration : "Défaire la honte morale de l'administration précédente"

Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Joe Biden s'attelle à démanteler la politique migratoire de son prédécesseur. Il suspend la construction du mur à la frontière avec le Mexique, lève l'interdiction d'entrée aux États-Unis pour les ressortissants de pays en majorité musulman et souhaite faciliter la naturalisation de neuf millions de migrants "éligibles à la citoyenneté américaine". Il signe également des décrets dont un visant à réunir les nombreuses familles de migrants séparées par la lutte contre l'immigration clandestine menée par Donald Trump. "Je ne fais pas une nouvelle loi, j'élimine les mauvaises politiques. Nous allons travailler pour défaire la honte morale et nationale de l'administration précédente", déclare-t-il.

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Joe Biden signant des décrets dans le Bureau ovale le 28 janvierEvan Vucci/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Le retour au multilatéralisme

Lors de son premier discours de politique étrangère début février, Joe Biden promet le retour de l'Amérique sur la scène internationale disant vouloir renouer avec une diplomatie basée sur les "alliances" et les "valeurs" pour répondre "aux ambitions croissantes de la Chine", à la détermination de la Russie " aux" défis mondiaux "du climat et de la pandémie. Quelques jours plus tard, lors de son premier sommet du G7, il affirme son engagement envers l'Alliance transatlantique, rompant ainsi avec l'isolationnisme défendue par Donald Trump qui avait multiplié les critiques à l'égard des Européens et de l'OTAN.

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Joe Biden le 31 mars lors d'un discours à PittsburgEvan Vucci/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Ne pas céder face à la Russie de Vladimir Poutine

Entre Joe Biden et Vladimir Poutine, les relations sont au plus bas. Lors d'une interview à ABC, le nouveau président américain allume une mèche en qualifiant le président russe de "tueur". Il ajoute qu'il en paiera "le prix" si les tentatives d'ingérence russe lors de la campagne présidentielle américaine sont avérées. Le 16 avril, Joe Biden met ses menaces à exécution en annonçant une série de sanctions financières sévères contre Moscou et l'expulsion de dix diplomates russes. Pour Washington, ces sanctions sont aussi une réponse à l'occupation russe de la Crimée et à l'incarcération de l'opposant russe Alexeï Navalny. En parallèle, Joe Biden renouvelle sa proposition de sommet à Vladimir Poutine afin d'engager la "désescalade" des tensions. Les deux hommes pourraient se rencontrer en juin.

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Joe Biden et Vladimir Poutine le 10 mars 2011Alexander Zemlianichenko/Copyright 2011 The Associated Press. All rights reserved

Le retrait des troupes américaines d’Afghanistan

"L'heure est venue de mettre fin à la plus longue guerre de l'Amérique." Le 14 avril, Joe Biden confirme dans un discours solennel le retrait de toutes les troupes américaines d'Afghanistan d'ici le vingtième anniversaire des attentats du 11 septembre, qui avaient entraîné l'intervention militaire des États-Unis. Soulignant être "le quatrième président américain à gérer la présence militaire américaine’’ dans ce pays, Joe Biden promet de ne pas transmettre "cette responsabilité" à son successeur en jugeant vain d'attendre "de créer les conditions idéales pour un retrait". Washington a décidé de quitter le pays "sans conditions", malgré le retour en force des talibans qui inquiète dans la région.

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Joe Biden le 14 avril annonçant le retrait des troupes américaines d'AfghanistanAndrew Harnik/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

La lutte contre les armes à feux

"La violence par arme à feu dans ce pays est une épidémie, c'est une honte internationale", déclare Joe Biden après la fusillade qui fait huit morts à Indianapolis, moins d’un mois après une autre fusillade tout aussi meurtrière dans le Colorado. Mais le nouveau président n’est pas en position de force au Congrès pour faire adopter des réformes audacieuses sur ce sujet ultra-sensible aux États-Unis. Il se contente alors de micro-mesures. L’une d’elles vise à lutter contre les "armes fantômes", fabriquées de manière artisanale, parfois avec une imprimante 3D, sans numéro de série. En revanche, aucune avancée n'est réalisée sur la vérification des antécédents judiciaires et psychologiques des acheteurs d'armes individuelles.

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Joe Biden le 23 mars après la fusillade dans un supermarché du ColoradoPatrick Semansky/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

La reconnaissance du génocide arménien

Le 24 avril, Joe Biden devient le premier président des États-Unis à reconnaître le génocide arménien par l’Empire ottoman en 1915, suscitant les critiques d’Ankara. Le président turc Recep Tayyip Erdogan dénonce "la politisation par des tiers" de ce débat, tandis que son chef de la diplomatie souligne que la Turquie n'a "de leçon à recevoir de personne sur son histoire". De son côté, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, salue une "mesure très forte envers la justice et la vérité historique." Le génocide arménien est reconnu par plus d'une vingtaine de pays. S’il fait consensus auprès des historiens, il est vigoureusement contesté par la Turquie.