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Évolution du cinéma arabe: un état des lieux

Évolution du cinéma arabe: un état des lieux
Tous droits réservés  El Gouna Film Festival
Par Euronews

En octobre, le Festival du film d'El Gouna (GFF) a encore une fois été le lieux incontournable pour les férus du cinéma au bord de la mer Rouge: deux semaines de projections de films, de masterclasses et d'ateliers pour cette 5e édition, ponctuée par une cérémonie de remise des prix. Ce rendez-vous annuel est une plateforme essentielle pour le cinéma arabe et continue d'attirer les candidatures de cinéastes internationaux de talent.

24 heures avant la cérémonie d'ouverture, un début d'incendie a failli gâcher la fête. Quinze personnes ont été intoxiquées par les fumées. Le sinistre, déclenché par un court-circuit dans une des salles de gala, a rapidement été maîtrisé. Tous les regards étaient tournés sur le cinéma arabe et son évolution du 14 au 22 octobre.

Mohamed Hefzy est le producteur de Feathers, qui a remporté le prix du meilleur film narratif arabe lors de la cérémonie de clôture. Au micro d'Euronews, il a déclaré que le monde du cinéma arabe se développait rapidement, tant en termes de longs métrages que de documentaires.

"Nous constatons un plus grand soutien pour le cinéma arabe, avec de nouveaux festivals et de nouveaux fonds qui sont créés. Nous assistons également à l'émergence d'une nouvelle industrie en Arabie saoudite et d'un public assez vaste, non seulement en termes de population, mais aussi en termes de passion pour le cinéma et de pouvoir d'achat."

Il a également déclaré à Euronews que cela ouvrait le marché à un public plus large.

"C'est en effet une période passionnante pour les cinéastes et les créateurs de contenu du Moyen-Orient", se réjouit-il.

Pour Sara Abdulrahman, actrice égyptienne, les choses ont vraiment décollé dans le cinéma arabe au cours des dix dernières années,

"Maintenant, il y a beaucoup de formats plus petits et plus courts qui sont réalisés, et c'est formidable pour l'industrie car cela signifie qu'il y a plus de productions et plus d'histoires à raconter."

Le cinéma arabe a toujours eu la réputation de faire tomber les barrières et les stéréotypes et, de temps à autre, d'être le porte étendard d'une déclaration politique. De nombreux pays ont également connu un pic de production cinématographique après avoir obtenu leur indépendance.

Costa Brava, Liban, est un drame familial qui a pour toile de fond la crise climatique. Il a reçu deux prix lors du festival.

Pour l'actrice libanaise Yumna Marwan, qui joue le rôle d'Alia, la réalisation du film était une expérience cathartique, car elle avait déjà quitté le Liban en raison de l'instabilité du pays.

"Je suis venue tourner dans ce film et c'était littéralement aussi moi qui retournait dans mon pays et qui devait faire face à tout ce que le personnage doit affronter", ajoute-t-elle.

"Donc juste tout ce voyage, après l'explosion pour revenir au Liban et être avec eux, c'était la chose la plus importante. Je pense qu'il fait la lumière sur beaucoup de choses qui se passent localement, mais c'est aussi très global, ce qu'il essaie de dire."

Captains of Za'atari raconte l'histoire de deux amis, réfugiés syriens dans un camp, qui rêvent de devenir footballeurs. En remportant le prix du meilleur long métrage documentaire arabe, le réalisateur égyptien Ali El Arabi a partagé son émotion, ainsi que celle de toute son équipe, avec le public.

"Ce n'est pas seulement pour moi, c'est pour les milliers et les milliers de réfugiés dans le monde. Et je suis heureux parce que je suis dans mon pays d'origine et que tous les gens ont aimé et regardé le film et m'ont donné des retours incroyables."

Au cours du festival, les professionnels du secteur se sont accordés à dire que l'industrie du film arabe faisait du bon travail, mais qu'un soutien accru était nécessaire au niveau local.

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Séance photo sur le tapis rouge lors de la cérémonie de remise des prix, El Gouna, 22 octobre 2021.Euronews

L'acteur égyptien d'origine britannique Amir al-Masri, lui, aimerait voir davantage de plates-formes qui aident les réalisateurs et les scénaristes en herbe et qui encouragent les nouveaux talents.

"Cela se fait déjà, mais j'aimerais en voir davantage, c'est certain. Dans tous les domaines, pas seulement ici au Moyen-Orient, mais partout dans le monde."

Le producteur de Feathers, Mohamed Hefzy, a confié qu'à l'avenir, il aimerait que les gouvernements respectifs soutiennent davantage le cinéma arabe et les cinéastes indépendants. Son souhait le plus cher ? Voir les films réussir en dehors du circuit des festivals.

"Commercialement parlant, en termes d'adhésion du public par exemple, ce qu'il s'est passé avec Parasite, ce grand film de Corée du Sud, nous aimerions avoir un autre film qui fasse quelque chose comme ça."

Il a ajouté qu'il aimerait s'appuyer sur les récents succès et faire avancer le cinéma arabe.

"Je pense que c'est la prochaine étape. Et j'espère qu'avec plus de films produits et de meilleurs films produits, cela va arriver bientôt."