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Le rapport du GIEC a fait augmenter votre éco-anxiété ? Voici comment agir

Des militants écologistes à Paris le 20 juillet 2021
Des militants écologistes à Paris le 20 juillet 2021   -   Tous droits réservés  Daniel Cole/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
Par Marthe de Ferrer  & Ruth Wright
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Le dernier rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a été publié lundi dernier. C'est le rapport le plus sévère sur l'état de la science climatique qu'il n'ait jamais publié.

Il s'agit d'un document difficile à lire mais qui confirme que l'objectif de l'accord de Paris de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C d'ici 2050 est déjà hors de portée. Parmi les résultats accablants que contient ce rapport se trouve la conclusion que l'activité humaine est absolument et "sans équivoque", responsable de la crise climatique.

La publication du rapport du GIEC, ainsi que la couverture médiatique qui s'en est suivie, a suscité chez beaucoup un sentiment de tristesse, d'impuissance et de désespoir.

Pourtant, l'un des principaux points mis en évidence à maintes reprises dans le rapport est précisément qu'il ne faut pas perdre espoir. Les scientifiques qui ont rédigé ce document ont souligné que si nous parvenons à réduire de moitié les émissions mondiales d'ici à 2030 et à atteindre un niveau net nul d'ici à 2050, nous serons alors en mesure de stopper – et peut-être même d'inverser – la hausse des températures.

Les spécialistes en pédagogie environnementale, les journalistes spécialisés et les scientifiques présents sur les réseaux sociaux n'ont pas tardé à souligner ce point également.

"La seule chose que je retiens du rapport et de la déclaration du GIEC d'aujourd'hui est que nous ne sommes pas condamnés", a ainsi écrit l'écologiste Izzy McLeod sur Twitter.

La chose que je retiens du rapport du GIEC, c'est que nous ne sommes pas condamnés. Nous devons agir maintenant, sans promesses creuses, sans objectifs lointains des gouvernements et de l'industrie. L'heure n'est pas au désespoir et à la morosité, mais à la poursuite de l'action.

"Nous avons besoin d'actions dès maintenant, pas de promesses creuses ni d'objectifs trop lointains de la part des gouvernements et de l'industrie", poursuit-elle . "L'heure n'a pas à être au désespoir et à la morosité, mais à la poursuite de l'action."

Pour résoudre la crise climatique, des changements politiques majeurs de la part des gouvernements du monde entier seront nécessaires, ainsi que de véritables engagements de la part des sociétés privées et des entreprises qui polluent notre planète. Mais il y a aussi des choses que nous, en tant qu'individus, pouvons faire.

Voici quelques suggestions d'actions que vous pouvez essayer d'entreprendre.

1. Evaluez et réduisez votre empreinte carbone individuelle

Les médias et les conversations sur l'environnement se concentrent souvent sur les actions individuelles, au lieu d'aborder les changements majeurs qui doivent avoir lieu dans la société, la politique et les entreprises.

Mais cela ne signifie pas que les actions individuelles ne sont pas importantes. Notre comportement et nos choix ont toujours un impact – sur notre planète, les personnes qui nous entourent, les décideurs politiques et les entreprises.

Il suffit de voir ce qui s'est passé avec les pailles en plastique. Les actions individuelles ont changé l'opinion publique, ce qui a modifié le comportement des entreprises, puis la loi dans de nombreux pays. Certes, l'interdiction des pailles en plastique n'est pas la politique climatique à grande échelle dont nous avons besoin, et elle a sans doute détourné l'attention de problèmes plus urgents, mais elle montre le pouvoir de l'action individuelle.

Voici quelques domaines de votre vie que vous pouvez (ré)évaluer pour agir :

Regardez où vont vos économies, vos investissements et votre épargne si vous en avez

Il a été constaté que le fait de choisir des placements "verts" (pour vos économies, vos investissements, votre épargne ou votre assurance-vie) est 21 fois plus efficace dans la lutte contre le changement climatique que le fait d'abandonner l'avion, de devenir végétarien et de choisir un fournisseur d'énergie verte réunis.

Pour ce faire, vérifiez bien que votre épargne bénéficie réellement à des projets écologiquement vertueux.

Faites des dons à des organisations qui font vraiment la différence

Si "l'écologisation" de votre argent vous laisse un peu de marge financière, il existe de nombreuses ONG, associations et organisations qui feront bon usage de vos dons.

L'ONG 350.org, par exemple, se présente comme "un mouvement international de personnes ordinaires qui œuvrent pour mettre fin à l'ère des combustibles fossiles et construire un monde d'énergie renouvelable et communautaire pour tous".

Fondée en 2008, elle est l'une des plus grandes organisations de lutte contre le changement climatique et a remporté de nombreux succès, comme la campagne contre l'oléoduc Keystone, l'engagement de plus de 1 000 universités, fondations, villes et églises à désinvestir plus de 10 000 milliards d'euros des combustibles fossiles, et la participation à des événements historiques comme la People's Climate March et la Global Climate Strike.

Leur objectif actuel est de stopper tous les nouveaux projets pétroliers, gaziers et charbonniers et de construire un avenir énergétique propre. Comme ils le disent, "Le monde ne se termine pas, mais l'ère des combustibles fossiles se termine".

Vous pouvez soutenir leur travail ici.

Les prélèvements automatiques mensuels sont particulièrement appréciés des ONG et des organisations écologistes, car ils les aident à planifier leur travail. Mais les dons ponctuels sont bien sûr aussi utiles.

Greenpeace est l'une des plus anciennes et des plus grandes ONG de défense de l'environnement, avec des bureaux dans 55 pays. Elle mène des campagnes sur un large éventail de questions environnementales, comme la déforestation, la chasse à la baleine et, bien sûr, le changement climatique.

Elle n'accepte pas de financement de la part des gouvernements, des entreprises ou des partis politiques ; les dons des particuliers lui sont donc indispensables.

Vous pouvez faire un don à Greenpeace ici.

Dans le cadre du mouvement de justice environnementale autochtone, le Indigenous Environmental Network (Réseau environnemental autochtone – IEN) s'est formé aux États-Unis après que des jeunes natifs et des dirigeants autochtones se sont réunis pour discuter des agressions environnementales contre les terres, les eaux, leurs communautés et leurs villages.

Aujourd'hui, il relie les communautés indigènes au niveau national et international pour protéger les sites sacrés et les ressources naturelles, ainsi que pour soutenir une transition juste, la tarification du carbone et le Green New Deal.

Vous pouvez faire un don à l'IEN ici.

Évitez de prendre l'avion

Au cours des 18 derniers mois, il est peu probable que vous ayez pris l'avion, mais lorsque les restrictions de voyage seront de plus en plus levées, beaucoup d'entre nous auront envie de s'évader à l'étranger. En fait, nous sommes si nombreux à vouloir partir à l'étranger que les experts craignent que les "voyages de rattrapage" après cette période de privation relative ne deviennent un problème sérieux.

Alors si vous espérez profiter du soleil sur la côte espagnole ou faire du tourisme en Grèce, pensez à voyager sans passer par le ciel.

Et lorsque vous repartirez en voyage, pensez à réserver auprès de cette sélection des agences de voyage les plus respectueuses de l'environnement en Europe [lien en anglais].

Ne pensez pas devoir tout connaître

Beaucoup se sentent découragées d'essayer de "faire leur part" pensant ne pas être assez informés. Mais le fait que vous sachiez que les émissions de carbone constituent un énorme problème et qu'il faut les réduire est déjà plus que suffisant.

Il n'est pas nécessaire de comprendre la science du climat ou même le fonctionnement du réchauffement planétaire pour savoir que la crise climatique est très grave. Ne tardez pas à apporter des changements dans votre vie ou à devenir un militant pendant que vous lisez le rapport du GIEC. Il compte 1 800 pages, après tout. Cela pourrait prendre un certain temps.

Abandonnez la viande

L'année dernière, les professionnels de santé du Royaume-Uni ont exhorté le gouvernement britannique à instaurer une taxe carbone sur la viande d'ici 2025. La production et la consommation de denrées alimentaires sont responsables de plus de 25 % des émissions mondiales, ce qui signifie que le fait de s'intéresser au contenu de notre assiette est un moyen important de réduire notre empreinte carbone.

Les médecins ont répété à plusieurs reprises que les régimes végétariens sont essentiels pour réduire les risques d'une nouvelle pandémie mondiale, tout en réduisant considérablement les émissions de carbone.

En France, le chemin semble encore long. Cet hiver, la décision de la mairie de Lyon, troisième ville de France, de proposer des menus sans viande pendant une courte période durant la pandémie a provoqué colère, manifestation, incompréhension et polémique à foison. Pourtant, les cantines scolaires doivent déjà proposé un menu végétarien par semaine partout en France depuis novembre 2019.

Des chercheurs ont évalué l'année dernière que si les gens cessaient complètement de manger de la viande, nous pourrions éliminer entre 9 et 16 ans d'émissions de CO2. Cela n'est pas seulement dû aux émissions de carbone causées par la production de viande, mais aussi à l'espace nécessaire à la culture des aliments d'origine animale. La restauration de ces terres permettrait d'accroître la compensation des émissions de carbone par la repousse des forêts, affirme Matthew Hayek, auteur de l'étude.

Utilisez une application pour surveiller vos émissions

L'un des avantages de vivre en 2021 réside dans le nombre impressionnant d'outils numériques à notre disposition. Ainsi, si vous souhaitez mieux comprendre votre impact sur la planète, il existe une app pour ça. Elles peuvent vous aider à évaluer correctement vos points faibles et y remédier.

2. Connectez-vous aux autres

Faites du bénévolat auprès d'associations et collectifs citoyens de défense de l'environnement

L'un des meilleurs moyens de transformer l'éco-anxiété en espoir est d'offrir vos compétences à des groupes citoyens écologistes. De nombreuses personnes trouvent réconfortant de faire partie d'un groupe où tout le monde est aussi concerné qu'eux et où tout le monde agit dans la même direction.

Il peut être difficile pour les petites associations environnementales de recruter des militants bénévoles qualifiés, en particulier en pleine pandémie. Elles ont besoin de personnes de toutes sortes, et il est probable que les compétences et l'expérience dont vous disposez seront chaleureusement accueillies. C'est aussi l'occasion d'acquérir de nouvelles compétences qui vous seront utiles dans d'autres domaines de votre vie.

Faites du bénévolat dans la branche locale d'une grande ONG de défense de l'environnement

Rejoindre les branches locales des associations de défense de l'environnement est un autre moyen de se sentir moins seul dans la lutte contre la crise climatique. Extinction Rebellion (XR), par exemple, a des groupes nationaux et régionaux qui organisent des séries de manifestations et actions au niveau local.

L'organisation dispose également de groupes communautaires qui mettent en relation des écologistes sur la base d'intérêts ou d'identités communs. Il existe des options basées sur la foi, l'orientation sexuelle sexualité, le genre, l'origine ethnique, la profession et bien d'autres encore – ce qui signifie que vous pouvez faire partie d'un réseau avec une identité partagée, plutôt qu'une simple localité partagée.

Rejoignez des communautés sur les réseaux

En plus d'actions locales, vous pouvez aussi rejoindre des espaces et des communautés en ligne remplis d'autres personnes motivées.

We Don't Have Time, par exemple, est un réseau social spécifiquement destiné aux personnes qui veulent résoudre la crise climatique. L'application met en relation des personnes partageant les mêmes idées et permet des dialogues constructifs autour de l'action environnementale.

La plateforme sert également d'espace pour permettre aux individus d'évaluer les entreprises, les personnalités publiques et les organisations d'un point de vue écologique.

Les utilisateurs peuvent envoyer un "like climatique" à des destinataires qui font quelque chose de bien, suggérer des "idées climatiques" pour faire quelque chose différemment ou émettre un "avertissement climatique" pour inciter des organisations ou des personnes à cesser de faire quelque chose de nuisible.

Et maintenant, à vous !

Sources additionnelles • Adapté en français par Marie Jamet