La qualité de l'air s'est améliorée en Europe, mais pas assez selon l'OMS

Des véhicules circulent sur le périphérique parisien lors d'un pic de pollution.
Des véhicules circulent sur le périphérique parisien lors d'un pic de pollution. Tous droits réservés AP Photo/Michel Euler, File
Tous droits réservés AP Photo/Michel Euler, File
Par Rosie Frost
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Cet article a été initialement publié en anglais

Une majorité d'Européens vivent encore dans des régions présentant des niveaux dangereux de pollution atmosphérique.

PUBLICITÉ

Selon une nouvelle étude, la qualité de l'air en Europe s'est améliorée au cours des 20 dernières années.

Une équipe dirigée par l'Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal) a analysé les niveaux de pollution quotidiens dans plus de 1 400 régions de 35 pays européens, soit une zone comptant environ 543 millions d'habitants, entre 2003 et 2019.

La pollution par les grosses particules (PM10) et le dioxyde d'azote (NO2) a diminué dans la plupart des régions d'Europe au cours des deux dernières décennies, entraînant des "améliorations significatives" de la qualité de l'air en Europe.

Plus de progrès sont nécessaires, selon l'OMS

Selon les chercheurs, malgré l'amélioration de la qualité de l'air, de nombreuses personnes subissent encore une pollution atmosphérique supérieure aux niveaux recommandés par l'OMS.

L'étude révèle que 98 % des Européens vivent encore dans des zones où les niveaux de particules PM2,5 sont dangereux. Plus de 250 000 décès prématurés par an dans l'UE sont attribués à la pollution par ces particules fines, qui sont à l'origine de maladies cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux et de diabète.

Bien que les décès liés aux particules fines aient diminué de 41 % entre 2005 et 2021, l'Agence européenne pour l'environnement estime que les États membres doivent poursuivre leurs efforts pour réduire davantage les niveaux de pollution.

Par ailleurs, 80 % des Européens vivent dans des zones présentant des niveaux dangereux de PM10 et environ 86 % habitent dans une région polluée au dioxyde d'azote.

La région de Lombardie, dans le nord de l'Italie, a imposé de sévères mesures contre le smog en février.
La région de Lombardie, dans le nord de l'Italie, a imposé de sévères mesures contre le smog en février.AP Photo/Luca Bruno

Dans le sud de l'Europe, les niveaux d'ozone ont augmenté de 0,58 %, alors qu'ils ont diminué ou sont restés stationnaires dans le reste du continent.

"Des efforts ciblés sont nécessaires pour réduire les niveaux de PM2,5 et d'ozone et les pics de pollution qui y sont associés, en particulier dans le contexte de l'augmentation rapide des menaces liées au changement climatique en Europe", déclare Zhao-Yue Chen, chercheur à l'ISGlobal et auteur principal de l'étude.

Quels sont les endroits les plus pollués en Europe ?

Les niveaux de pollution particulaire (PM2,5 et PM10) étaient les plus élevés dans le nord de l'Italie et en Europe de l'Est. Le nord de l'Italie, ainsi que certaines régions d'Europe occidentale, comme le sud du Royaume-Uni, la Belgique et les Pays-Bas, présentaient également des niveaux élevés de NO2.

Les réductions les plus importantes des niveaux de PM2,5 et de PM10 ont été observées en Europe centrale, tandis que pour le NO2, elles ont été constatées dans les zones urbaines d'Europe occidentale.

Le "cercle vicieux" du changement climatique et de la pollution atmosphérique

Les chercheurs affirment que le changement climatique et la pollution atmosphérique s'alimentent mutuellement.

L'augmentation des températures et des niveaux d'ensoleillement favorise la formation d'ozone par le biais de réactions chimiques. Des niveaux plus élevés d'ozone accélèrent ensuite la formation de nouvelles particules PM2,5.

Le changement climatique accroît également les risques d'incendies de forêt, qui contribuent à l'augmentation des niveaux de PM2,5 et d'ozone.

"Cette interaction complexe crée un cercle vicieux, soulignant la nécessité urgente de s'attaquer simultanément au changement climatique et à la pollution atmosphérique", déclare Joan Ballester Claramunt, chercheur à l'ISGlobal et auteur principal de l'étude.

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Stockholm va interdire les voitures à moteur à combustion en centre-ville

La poussière de pneu, une source de pollution microplastique parmi les plus dangereuses

La pollution atmosphérique est plus mortelle que le tabagisme selon une nouvelle étude