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Un an après l'assaut du Capitole, où en est l'enquête ?

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Par Oceane Duboust  avec AFP, AP
Un bus de policiers au Capitole le 6 janvier 2022, à Washington.
Un bus de policiers au Capitole le 6 janvier 2022, à Washington.   -   Tous droits réservés  Julio Cortez/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Le 6 janvier 2021, une foule de manifestants investit par la force le bâtiment du Capitole, temple de la démocratie américaine. Un an après l'attaque du Congrès, les élus peinent à panser les plaies de cette journée durant laquelle cinq personnes sont décédées dont un officier de police.

Une division toujours aussi présente

Julio Cortez/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
Des manifestants forcent les barricades autour du Capitole alors que les forces de l'ordre tentent de les contenir le 6 janvier 2021.Julio Cortez/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Lorsque les partisans de Donald Trump prennent d'assaut le Capitole, ils sont persuadés qu'une fraude électorale a privé le républicain de la victoire, une affirmation sans aucun fondement. Sur Twitter, l'ancien président a des mois durant – et bien avant l'élection – instillé l'idée que l'élection pourrait être truquée. Il a répété ces accusations lors d'un meeting devant la Maison Blanche, juste avant l'assaut.

Un an plus tard, ce mensonge perdure. Deux tiers des électeurs de Donald Trump continuent ainsi de penser que le démocrate n'a pas été légitimement élu et que des fraudes ont eu lieu lors du scrutin de 2020. Des allégations de fraude nourries par des sites pro-Trump.

Plusieurs manifestants face à la justice

Les investigations sont encore en cours et plusieurs points restent à éclaircir afin de comprendre toutes les ramifications ayant mené à cet événement. Cet « énorme travail », représente « l'une des plus grosses enquêtes de l'histoire du FBI », relève Lorenzo Vidino, directeur du Programme sur l'Extrémisme de l'Université George Washington pour l'AFP. D'après ce programme, 705 individus sont poursuivis au niveau fédéral à l'heure actuelle, majoritairement des hommes, de 39 ans en moyenne.

Richard Barnett

SAUL LOEB/AFP
Photo de Richard Barnett dans le bureau de Nancy Pelosi le 6 janvier 2021SAUL LOEB/AFP

Les photos de cet homme originaire de l’Arkansas, les pieds sur le bureau de Nancy Pelosi ont fait le tour du monde. D'après AP, Richard Barnett se définit sur ses réseaux sociaux comme un partisan de Donald Trump et un militant en faveur du port d'arme.

Selon le département de la Justice, Richard Barnett fait face à sept chefs d’accusation pour lesquels il plaide non-coupable.

Jacob Chansley

Manuel Balce Ceneta/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
Jacob Anthony Chansley, au centre, dans le hall du Capitole des Etats-Unis, le 6 janvier 2021.Manuel Balce Ceneta/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Jacob Chansley, qui s'est fait connaître sur les réseaux comme « QAnon Shaman », est une autre figure marquante de la journée du 6 janvier, photographié dans l'enceinte du Capitole, torse nu, le visage peint, avec une coiffe de cornes de bison. Cet activiste pro-Trump relayait régulièrement des théories du complot.

Le 17 novembre 2021, Jacob Chansley qui a plaidé coupable pour « entrave à une procédure officielle » a été condamné à une peine de prison de près de trois ans et demi par un tribunal fédéral de Washington.

Robert Scott Palmer

Ce partisan de l'ancien président a été condamné en décembre 2021 à cinq ans de prison pour avoir agressé la police lors de l'assaut du Capitole. Il avait été vu lançant des planches, un extincteur et d'autres objets sur la police. C'est la peine la plus lourde prononcée à l'heure actuelle.

La question de la responsabilité politique, toujours en suspens

Reste la question de ceux qui, absents des lieux, ont incité ou orchestré l'assaut. Pour l'instant, les procureurs laissent aux élus du Congrès le soin d'enquêter à leur sujet. Une commission spéciale a été mise en place en juillet 2021 afin d'établir les responsabilités des différents protagonistes. Originellement voulue bipartisane, cette commission se compose finalement de sept démocrates et deux républicains.

La commission veut à tout prix publier ses conclusions avant les élections de mi-mandat de novembre 2022, lors desquelles les républicains pourraient reprendre le contrôle de la Chambre et enterrer ses travaux. Avec cette échéance en tête, la commission avance à marche forcée : elle a déjà entendu plus de 300 témoins, a indiqué jeudi Liz Cheney, selon l'AFP. Cette élue du Wyoming, fait partie avec Adam Kinzinger des deux républicains membres de la commission.

Donald Trump

Evan Vucci/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved
Donal Trump donne un discours le 6 janvier 2021Evan Vucci/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Si les sénateurs républicains ont permis à Donald Trump d'être acquitté à l'issue d'un procès en destitution organisé dès février, l'ancien président n'est pas tiré d'affaire.

Un bras de fer s'est engagé entre la commission d'enquête et le réseau autour de l'ancien président. Ce dernier, qui continue de nier toute responsabilité dans l'assaut, dénonçait en décembre « un jeu politique ». De plus, l'ancien magnat de l'immobilier a tenté par tous les moyens d'empêcher la commission de mettre la main sur des documents susceptibles de l'incriminer. Il a notamment invoqué les privilèges présidentiels pour garder certaines informations secrètes.

Parmi les reproches entendus jusque dans le parti de l'ancien président à son encontre : celui d'être resté muet pendant toute la durée de l'assaut. « Il aurait pu aller à la télévision pour dire à ses supporteurs d'arrêter ; il aurait pu leur dire de se retirer, de rentrer chez eux. Il ne l'a pas fait (...) C'est dur d'imaginer un abandon de ses responsabilités plus grave », a lancé ce dimanche Liz Cheney, sur la chaine de télévision ABC.

Si l'ancien président avait prévu de donner une conférence de presse depuis sa propriété de Mar-a-Lago (Floride), il a finalement annoncé y renoncer ce jeudi. Un communiqué indique qu'il prendra la parole lors d'un meeting en Arizona le 15 janvier.

Mark Meadows

Patrick Semansky/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
Mark Meadows au téléphone le 30 octobre 2020.Patrick Semansky/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.

L'homme de 62 ans est l'ancien chef de cabinet de Donald Trump et un de ses plus proches conseillers durant sa présidence. Après avoir donné plusieurs milliers de documents à la commission, il a fait volte-face et refuse depuis de témoigner dans l'enquête sur l'assaut. En décembre 2021, les élus de la Chambre américaine des représentants se sont prononcés en faveur de poursuites pénales à son encontre.

Steve Bannon

Jose Luis Magana/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.
Steve Bannon sort de la cour fédérale de district le 15 novembre 2021 à WashingtonJose Luis Magana/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Autre proche de Donal Trump, Steve Bannon a notamment dirigé sa campagne avant d'être nommé conseiller stratégique, il a lui aussi snobé la commission d'enquête. Il a été inculpé pour deux chefs d'accusation d'outrage criminel passibles de prison. Son procès devrait se tenir le 18 juillet 2022.

La commission compte profiter de l'élan autour de l'anniversaire de cet assaut pour faire montrer la pression dans le camp Trump.