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Des centaines d'enfants ukrainiens emmenés en Russie

Des enfants à Kyiv dans un train non-chauffé en partance pour Lviv, Ukraine, 03.03.2022
Des enfants à Kyiv dans un train non-chauffé en partance pour Lviv, Ukraine, 03.03.2022 Tous droits réservés Vadim Ghirda/Copyright 2022 The AP. All rights reserved.
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Par Euronews
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Des journalistes d'investigation ont enquêté sur le transfert d'enfants ukrainiens vers la Russie. Des enlèvement qui vont au-delà du crime de guerre.

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La Russie présente l'arrivée des enfants d'Ukraine sur son territoire comme un évènement joyeux. Les familles d'accueil sont émues ; les autorités délivrent de nouveaux passeports (une centaine de passeports russes ont été remis à des enfants ukrainiens) et la commissaire aux droits de l’enfant de Vladimir Poutine, Maria Lvova-Belova, figure conservatrice du régime, évoque même un "acte d'amour" envers des orphelins.

La réalité derrière les scènes d'adoption

Vraiment ? 
Depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, des centaines d'enfants ukrainiens ont été transférés ou déportés en Russie. Selon les sources ukrainiennes, plus de 16 000 enfants sont concernés, mais ce chiffre inclut également les enfants qui ont été transférés avec leurs tuteurs. 

Une enquête approfondie menée par le réseau pour le journalisme d'investigation de l'UER révèle en tous cas que la plupart de ces enfants ont encore une famille en Ukraine et qu'ils ont été emmenés en Russie de manière frauduleuse, ou sans leur consentement.

L'enquête de journalistes européens sur le transfert d'enfants ukrainiens vers la Russie

Natalia, qui vit dans la région de Kharkiv, explique par exemple avoir envoyé sa fille dans un camp d'été organisé par les autorités d’une ville occupée par les Russes. Elle a retrouvé sa fille mais les autres enfants ne sont pas revenus.

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Natalia a envoyé sa fille en camp d'été. Certains enfants ne sont pas rentrés et ont été emmenés en Russie.EBU

Alexandre, lui, a été emmené dans un camp avec sa mère, alors qu'il était blessé. Elle a subi un interrogatoire et les responsables du camp ne l'ont pas laissée aller plus loin. Le petit garçon a été récupéré par sa grand-mère, avant qu'il ne soit transféré en Russie... et ils sont toujours sans nouvelle de la mère.

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Alexandre, récupéré par sa grand-père avant son transfert vers la Russie.EBU

Des transferts qui s'apparentent à des crimes de guerre

Pour Bill van Esveld, directeur associé des droits de l'enfant à Human Rights Watch, l'adoption d'enfants en temps de guerre est une violation du droit international et peut même être qualifiée de crime de guerre si elle est effectuée par la force. En mai dernier, la Russie a modifié ses lois pour accorder la nationalité russe à ces enfants et depuis des centaines d'enfants ukrainiens sont officiellement devenus russes.

De nombreux gouvernements, des ONG et l'ONU ont condamné cette pratique. "Dans un contexte de guerre, vous ne pouvez pas déterminer si les enfants ont une famille ou pas. Tant que cela n'est pas clarifié, vous ne pouvez pas leur donner une autre nationalité ou les faire adopter par une autre famille", a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

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