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Ukraine : dans l'enfer d'Azovstal

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Par Anelise Borges
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Un an après le siège de l'aciérie Azovstal à Marioupol, en Ukraine, cet épisode de Witness met en lumière les témoignages de trois combattants ukrainiens alors retranchés dans cette usine sidérurgique, devenue le symbole de la résistance ukrainienne.

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C’était il y a un an. Des milliers de soldats ukrainiens et de civils se réfugiaient dans le réseau de tunnels et de bunkers de l'usine Azovstal de Marioupol, en Ukraine. Pendant plus de trois mois, ils résisteront aux attaques russes et deviendront le symbole de la résistance ukrainienne.

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euronews -Witness

"Nous avons compris que plus longtemps, nous tiendrions Azovstal, plus longtemps, nous tiendrions Marioupol et plus longtemps le gros de l'armée russe se concentrerait sur nous parce qu'ils avaient besoin de conquérir la ville", explique Oleg Karamov. Agé de 30 ans, ce sergent-chef de la 36e brigade de la marine nationale ukrainienne était retranché dans l’usine avec ses camarades.

Avant la guerre, la 36e brigade était stationnée à Marioupol. Quelques jours après l'incursion russe, le 24 février 2022, les soldats ont d'abord reçu l'ordre de se replier dans le village de Volonterivka, puis dans l'usine Ilyich Iron and Steel Works à Marioupol.

"Nous avons battu en retraite avec honneur. Personne n'a fui, personne n'est parti. Nous avons emmené nos blessés et nos morts aussi loin que possible", raconte Oleg Karamov. À ce moment-là, "Marioupol n'était pas encore encerclée. Le régiment Azov se battait dans la direction de l'est. Outre les marines, il y avait des représentants de la Garde nationale ukrainienne, des gardes-frontières et de la défense territoriale. Nous à nos côtés la police, l'unité TOR et les forces spéciales. La moitié d'entre eux a réussi à quitter Marioupol avant la fermeture de l'anneau, l'autre moitié est restée pour défendre la ville avec nous. Ils l'ont fait de leur plein gré, personne ne les a forcés, ils sont restés de leur propre chef", ajoute le sergent-chef Karamov.

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Oleg Karamov, sergent-chef de la 36e brigade de la marine nationale ukrainienne.Euronews

Alors que les forces du Kremlin se rapprochent, la seule issue est alors de passer. Les soldats ukrainiens décident d'essayer de percer les cordons russes et de rejoindre le régiment d'Azov dans l'usine Azovstal. Nous sommes à la fin du mois d'avril 2022.

"Le premier convoi est passé de nuit. Le fait que la Russie ne disposait d'aucun équipement a aidé. Les Russes n'avaient pas de caméra thermique, pas de lunettes de vision nocturne. Il n’y a eu aucune perte ni aucun blessé lors du premier passage. Le convoi a ensuite été arrêté à un point de contrôle. Les Russes n'ont même pas réalisé qu'il s'agissait des forces armées ukrainiennes. Ils n'ont pas réussi à distinguer qui était assis dans les voitures. Ils ont allumé une torche et ont fait signe à la colonne de s'arrêter. Le soldat russe a demandé : qui êtes-vous ? Vous êtes des nôtres ? Notre combattant a répondu en russe : oui, on est des vôtres ! Le Russe a dit : ok, passez ! Et le convoi a poursuivi sa route tranquillement", détaille Oleg Karamov.

"Lorsque nous sommes entrés dans l'usine, tout était quasiment détruit", raconte à son tour Anton Ivlev, un sergent de la 36e brigade de la marine nationale ukrainienne. "Le sol était couvert de métal et de béton. Il n'y avait plus de voies d’accès, plus de communications, plus rien", ajoute-t-il.

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Oleg Karamov, sergent dans la 36e brigade de la marine nationale ukrainienne.Euronews

"Ceux qui n’étaient pas blessés étaient engagés pour aider au combat. Les blessés, eux, aidaient à régler les problèmes de la vie quotidienne : cuisiner, apporter de l'eau pour le thé, le café, mais aussi pour nettoyer les blessures ou faire la vaisselle", détaille Anton Ivlev.

"Nous étions censés être des renforts pour le régiment Azov. Nous avons pris nos positions sans connaître le terrain, ni savoir d'où viendrait l'ennemi. Nous n'avions pas non plus de munitions. Il y a eu beaucoup de morts", exprime Rustam Babayev, un autre soldat chevronné de la 36e brigade.

Anton Ivlev, Oleg Karamov et Rustam Babayev ont survécu à l'un des chapitres les plus meurtriers de la guerre de la Russie contre l'Ukraine.

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Euronews -Witness

En novembre 2022, les autorités ukrainiennes ont estimé qu'au moins 25 000 personnes avaient été tuées dans les combats à Marioupol.

Un nombre inconnu de soldats restent ensevelis sous les décombres de l’aciérie et des milliers d'entre eux sont devenus des prisonniers de guerre aux mains des forces russes lorsque Kyiv a accepté de déposer les armes pour tenter de limiter les pertes.

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