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Le changement climatique aura des répercussions majeures sur nos revenus

L'agricultrice Elisa Moretto marche sur sa rizière séchée à Porto Tolle, en Italie, en juillet 2022.
L'agricultrice Elisa Moretto marche sur sa rizière séchée à Porto Tolle, en Italie, en juillet 2022. Tous droits réservés AP Photo/Luca Bruno
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Par Euronews Green avec AP
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Cet article a été initialement publié en anglais

En Europe, les pays du sud, comme l'Espagne et l'Italie, seront les plus touchés par la baisse des revenus, tandis que les pays situés à proximité de l'Arctique pourraient en bénéficier.

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La crise climatique réduira le revenu mondial d'environ un cinquième au cours des 25 prochaines années.

C'est ce qui ressort d'une nouvelle étude qui prédit que les habitants des régions les plus pauvres du monde et celles qui sont le moins responsables du réchauffement de l'atmosphère seront les plus durement touchés.

Selon les chercheurs de l'Institut allemand de Potsdam pour la recherche sur les incidences du climat (PIK), le coût économique du changement climatique sur les revenus s'élèvera à environ 35 600 milliards d'euros par an d'ici à 2049. D'ici 2100, le coût financier pourrait être deux fois plus élevé que ce qu'estimaient les études précédentes.

"Notre analyse montre que le changement climatique aura un impact économique massif au cours des 25 prochaines années dans presque tous les pays du monde, y compris dans les pays développés comme l'Allemagne et les États-Unis, dans lesquels il pourrait entraîner une réduction du revenu médian de 11 %. Ce chiffre pourrait atteindre 13 % en France", explique Leonie Wenz, climatologue et économiste, coauteure de l'étude.

En raison du changement climatique, la croissance baissera de 19 % au niveau mondial, et les revenus augmenteront plus lentement, selon Max Kotz, auteur principal de l'étude et climatologue.

L'augmentation des températures entraînera la plus grande perte de revenus

Depuis une dizaine d'années, les scientifiques et d'autres acteurs se concentrent principalement sur les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur, les inondations, les sécheresses et les tempêtes.

Mais les chercheurs ont constaté que "l'impact économique global seraessentiellementdû à l'augmentation globale des températures", explique Max Kotz.

"Ce réchauffement sera à l'origine des dégâts les plus importants à l'avenir, car il est sans précédent par rapport à ce que nous avons connu dans le passé", ajoute-t-il.

En 2023, année record, la température moyenne mondiale était supérieure de 1,35 °C à celle de l'ère préindustrielle, selon l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère des États-Unis.

Depuis février 1979, la planète n'a pas connu de mois plus froid que la moyenne du XXe siècle.

Où les baisses de revenus dues au changement climatique seront-elles les plus importantes ?

En Europe, les régions du sud, y compris certaines parties de l'Espagne et de l'Italie, seront plus durement touchées que des pays comme le Danemark ou le nord de l'Allemagne.

Aux États-Unis, les États du sud — tels que l'Arizona et le Nouveau-Mexique — seront plus affectés que ceux du nord, selon l'étude.

Seules les régions voisines de l'Arctique — Canada, Russie, Norvège, Finlande et Suède — en profiteront, déclare Max Kotz.

Selon les calculs de l'étude, les pays les plus pauvres du monde, qui ont historiquement produit le moins d'émissions de gaz à effet de serre et qui sont les moins à même de s'adapter financièrement au réchauffement climatique, subiront une perte de revenus de 61 % supérieure à celle des pays les plus riches.

"Cela souligne l'injustice liée au climat", ajoute Max Kotz.

Quand la réduction des émissions fera-t-elle la différence ?

D'après l'étude, il est déjà trop tard pour prévenir les préjudices économiques des 25 prochaines années liés au changement climatique.

Toutefois, dans la seconde moitié de ce siècle, la réduction des émissions de carbone pourrait avoir un réel impact, en raison de la manière dont les gaz à effet de serre s'accumulent, explique Max Kotz.

Si le monde parvient à réduire les émissions et à limiter le réchauffement à 2 °C — la limite supérieure de l'accord de Paris sur le climat de 2015, — l'impact financier restera de l'ordre de 20 % du revenu mondial, ajoute-t-il.

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Mais dans le pire des scénarios, il sera plus proche de 60 %.

Ces prédictions sont nettement plus alarmantes que celles d'une étude de 2015, qui prévoyait une baisse des revenus d'environ 25 % dans le pire des cas d'ici à la fin du siècle.

Comment les pertes économiques liées au climat sont-elles calculées ?

Publiée mercredi (17 avril) dans la revue Nature, cette nouvelle étude va plus loin que les recherches antérieures. Elle a examiné 1 600 zones mondiales spécifiques, pris en compte plusieurs facteurs climatiques et étudié la durée des chocs économiques liés au climat, explique Max Kotz.

L'étude a exploré les impacts économiques passés sur le PIB mondial moyen par personne et a utilisé des simulations informatiques pour réaliser des projections futures.

Marshall Burke, économiste spécialiste du climat à l'université de Stanford et auteur de l'étude de 2015, estime que la conclusion de cette nouvelle recherche selon laquelle les dommages économiques à venir seront importants "est tout à fait logique".

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Marshall Burke, qui n'a pas participé à cette nouvelle étude, déclare qu'il a quelques doutes sur certains calculs techniques et ajoute : "Je n'accorderais donc pas beaucoup d'importance à leurs estimations numériques spécifiques, mais je pense que le tableau général est fondamentalement correct".

Les conclusions de cette enquête sont plus pessimistes que d'autres études récentes. Mais si l'on prend en compte les conséquences à long terme du changement climatique, et étant donné que l'impact économique de la hausse des températures commence déjà à se faire sentir, il n'est pas étonnant que "les chiffres soient très élevés", explique Frances Moore, économiste et professeur d'études environnementales à l'université de Californie Davis, qui n'a pas participé à l'étude.

C'est pourquoi la lutte contre le changement climatique est plus vitale que jamais, ajoute-t-elle.

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