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Le droit à l'avortement est-il menacé par les résultats des élections européennes ?

Des manifestants montrent une pancarte sur laquelle on peut lire : libre choix, anti-avortement dehors, lors d'une manifestation devant le Sénat italien à Rome, 2024.
Des manifestants montrent une pancarte sur laquelle on peut lire : libre choix, anti-avortement dehors, lors d'une manifestation devant le Sénat italien à Rome, 2024. Tous droits réservés Gregorio Borgia/AP Photo
Tous droits réservés Gregorio Borgia/AP Photo
Par Lauren ChadwickVincent Reynier
Publié le Mis à jour
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Cet article a été initialement publié en anglais

Les défenseurs des droits des femmes affirment que la montée du soutien à l'extrême droite en Europe a rendu encore plus urgents les efforts visant à financer l'avortement au niveau de l'UE.

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Si les partis pro-européens conserveront leur majorité au Parlement européen, les élections ont vu l'extrême droite réaliser une poussée inédite.

En France, le Rassemblement national (RN) est arrivé en tête avec 31 % des voix, soit plus du double du parti Renaissance d'Emmanuel Macron, qui est arrivé en deuxième position avec 15 % des voix.

Les partis d'extrême droite sont également arrivés en tête en Autriche et en Italie et ont progressé en Allemagne et en Espagne.

Pour les militants européens des droits des femmes qui participent à la campagne Ma voix mon choix, ces résultats ont renforcé la nécessité de financer l'avortement au niveau de l'Union européenne, un effort qui, selon eux, vise en partie à lutter contre les partis d'extrême droite qui ont soutenu la restriction de l'accès à l'avortement.

La campagne vise à ce que la Commission européenne dispose d'un financement permettant aux États membres de l'UE de fournir ce service à "toute personne en Europe qui n'a pas encore accès à un avortement sûr et légal".

Cet effort a été particulièrement soutenu par les activistes polonais qui ont travaillé pour renverser l'interdiction quasi-totale de la procédure dans leur pays.

Les membres du Parlement polonais votent sur une proposition visant à libéraliser la stricte loi polonaise sur l'avortement, à Varsovie, Pologne, le vendredi 12 avril 2024.
Les membres du Parlement polonais votent sur une proposition visant à libéraliser la stricte loi polonaise sur l'avortement, à Varsovie, Pologne, le vendredi 12 avril 2024. Czarek Sokolowski/Copyright 2024 The AP. All rights reserved

Les militants polonais des droits des femmes ont déclaré à Euronews Health que s'ils ne parvenaient pas à faire modifier la loi en Pologne, où le parti de droite Droit et Justice (PiS) a soutenu pendant des années des restrictions strictes sur l'avortement, ils porteraient la question au niveau de l'UE.

L'élan en faveur du financement de l'avortement au niveau européen s'est renforcé après que le Parlement français a voté une modification de la Constitution pour faire de l'interruption de grossesse une "liberté", en réponse à l'adoption par de nombreux États américains de lois visant à restreindre l'accès à l'avortement.

Si les dirigeants du RN ont voté en faveur de cette mesure, certains députés de droite et d'extrême droite se sont abstenus ou ont voté contre.

Les militants de plusieurs pays européens ont désormais recueilli la moitié des signatures nécessaires à l'initiative citoyenne et espèrent entamer bientôt des discussions avec la Commission et le Parlement européen à ce sujet.

Le résultat des élections pourrait-il influencer la campagne ?

Alice Coffin, qui coordonne la campagne "Ma voix, mon choix" en France, s'est rendue dans les bastions de l'extrême droite dans le cadre de la collecte de signatures.

"Si la France a réussi à trouver une majorité au Sénat français pour voter l'avortement dans la Constitution, je suis sûre que nous pouvons trouver une majorité au Parlement européen pour approuver cette mesure", déclare-t-elle à Euronews Health.

Mais elle ajoute : "Ce sera compliqué et surtout, ce que les résultats des élections montrent, c'est qu'il est encore plus urgent qu'une telle initiative soit votée".

Alice Coffin estime également qu'il est fondamental "de forger des pratiques, des réflexions, des communautés de résistance et de lutte en dehors des partis politiques traditionnels".

La coordinatrice espagnole Kika Fumero, spécialiste des violences sexuelles et sexistes, estime également qu'il y a urgence pour défendre le droit à l'avortement.

"À mesure que la droite et l'extrême droite gagnent du pouvoir dans les institutions européennes, il deviendra plus difficile de légiférer ou de concevoir des politiques publiques, telles que des programmes de financement pour les compétences dites de soutien, qui incluent les droits sexuels et génésiques, et plus spécifiquement l'avortement", affirme-t-elle.

"Les résultats des élections ont un impact direct sur l'obtention de fonds européens pour développer des politiques publiques dans ce domaine", conclut Kika Fumero.

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