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Anders Vistisen : "Identité et Démocratie est la seule opposition au statu quo actuel"

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Par Mared Gwyn Jones
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L'extrême droite est en progression constante en Europe depuis des années, mais les élections du mois de juin pourraient marquer un tournant. Pour la première fois, un groupe de partis de droite radicale pourrait devenir la troisième force politique au Parlement européen.

Dans cette édition de The Global Conversation, nous avons rencontré l'homme qui a mené la campagne d'Identité et Démocratie, le Danois Anders Vistisen, qui nous a fait part de ses propositions en matière d'immigration, de soutien à l'Ukraine et a répondu aux allégations compromettantes d'ingérence étrangère au sein de son parti.

Un essor majeur pour l'extrême droite européenne

Le groupe Identité et Démocratie (ID) n'a pas officiellement présenté Anders Vistisen comme candidat principal, n'a pas publié de manifeste pour ces élections ni organisé de congrès politique.

Mais pour l'homme politique danois, cela ne signifie pas qu'ID prend les élections moins au sérieux que les autres groupes du Parlement.

"Au contraire, je pense que nous sommes les seuls à prendre la Constitution européenne au sérieux. C'est le Parlement européen qui contourne la procédure d'élection du président de la Commission, qui figure clairement dans le Traité. Celui-ci stipule que ce sont les États membres qui sont aux commandes et que le rôle du Parlement est ensuite d’approuver ou non le candidat", affirme-t-il.

"Il s'agit donc d'un coup d'état de la part des partis du Parlement européen, qui veulent s'emparer d'une prérogative qui, dans le traité, a toujours été confiée aux États membres".

Alors que les sondages prédisent jusqu'à 20 sièges supplémentaires pour Identité et Démocratie après les élections de juin, Anders Vistisen considère que l'essor de son groupe a déjà une influence sur les décisions du Parlement européen.

"Vous avez vu (cette influence) dans le projet de loi sur la restauration de la nature, vous l'avez vu dans la législation sur les pesticides que la Commission a essayé de faire passer juste avant les élections", déclare l'homme politique danois.

"Mais vous l'avez aussi vu dans la précipitation pour faire passer le Pacte sur la migration, même si c'est une législation inefficace qui ne résoudra pas le problème fondamental de l'immigration illégale, il est clair que la simple crainte que notre groupe réalise une percée aux élections a provoqué une réponse qui n'a pas été vue depuis la crise migratoire de 2015".

"Nous allons donc vivre au niveau européen ce qui s’est déjà passé au Danemark, en Suède et aux Pays-Bas : la montée de la droite conservatrice eurosceptique amènera les autres partis à ajuster leurs politiques les plus folles en matière de Pacte vert, d'immigration, etc.", ajoute-t-il.

Anders Vistisen estime que la montée de l'extrême droite a en particulier fait reculer le Parlement européen sur les questions liées à l'écologie.

"Si vous faites une analyse, vous verrez que ce Parlement, qui se prétendait être le plus vert, qui prétendait en quelque sorte tenir la promesse d'une élection sur le climat, a maintenant fait marche arrière de manière significative", déclare-t-il.

"Et si les sondages restent plus ou moins stables, je ne vois pas le Parlement proposer de réglementation majeure et plus contraignante pour la transition verte dans les années à venir. C'est donc un résultat très concret de l'espoir électoral, du succès de notre faction".

L'extrême droite est-elle divisée ?

Alors que le parti français Reconquête et le Parti des Finlandais ont récemment quitté le groupe Identité et Démocratie pour rejoindre les Conservateurs et Réformateurs Européens (ECR), Anders Vistisen reste optimiste.

"Comme vous l'avez dit vous-même, j'ai servi pendant cinq ans dans le groupe ECR. Il y avait des gens qui étaient plus ou moins sceptiques à l'égard de la Russie. Ils sont toujours là. Je pense donc que l'on retrouve les mêmes clivages", explique-t-il.

"Ce qui ne va pas, à mon avis, c'est qu'il y a deux groupes à droite, et je pense que cela a plus à voir avec la présence de personnalités fortes dans certains des plus grands partis qu'à des différences politiques. Il n'y a pas plus de clivage politique entre l'ID et l'ECR qu'il n'y en a au sein du PPE, du S&D ou du parti Renew, par exemple".

Anders Vistisen n'exclut pas une unification des deux groupes de droite à l'avenir : "Je pense que cela finira par se produire. C'est déjà le cas au Conseil de l'Europe, où les deux factions ont fusionné pour former un double groupe. Je pense que ce n'est pas seulement après cette élection, mais aussi après les élections présidentielles françaises qui auront lieu dans quelques années, que la question se posera vraiment".

La position d'Identité et Démocratie sur la guerre en Ukraine

Anders Vistisen précise que son groupe croit en la souveraineté nationale et pense que les affaires étrangères doivent être décidées au niveau national.

Il considère par ailleurs que le soutien de l'Union européenne vis-à-vis de l'Ukraine laisse beaucoup à désirer.

"Je conteste la perception selon laquelle l'Europe a été très favorable à l'Ukraine. Mon pays d'origine, le Danemark, avec le soutien de mon parti, a donné deux fois plus d'aide militaire que la France, l'Espagne et l'Italie réunies. Ainsi, le Danemark, qui compte 6 millions d'habitants, a donné deux fois plus d'aide militaire que les deuxième, troisième et quatrième plus grandes économies de l'Union européenne", déclare-t-il.

"Nous venons de voir qu'à cause des gouvernements polonais et français, nous avons interrompu les importations européennes de produits agricoles en provenance d'Ukraine. Je suis donc fondamentalement plus d'accord avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères lorsqu'il dit qu'à l'heure actuelle, la Corée du Nord est un meilleur allié militaire pour la Russie que l'Union européenne ne l'a été pour l'Ukraine".

Le candidat précise que le Royaume-Uni a plus donné, à lui seul, que les institutions européennes en matière d'aide militaire à l'Ukraine, et ajoute : "Il est étonnant que 27 États membres de l'UE en tant qu'institution aient donné moins qu'un seul pays qui ne fait pas partie de l'Union européenne. Je pense donc qu’il y a beaucoup de belles paroles pour l'Ukraine à Bruxelles, mais qu'en matière d'action concrète, on est à la traîne".

"Si les Américains n'étaient pas là pour aider les Ukrainiens, ils perdraient sans doute la guerre parce que l'Europe n'a pas fait le nécessaire. L'aide provient en grande majorité de l'Europe du Nord, des pays baltes, de la Pologne et, à la rigueur, de l'Allemagne. En dehors de ces six ou sept pays membres, les résultats sont plutôt médiocres", ajoute l'homme politique danois.

Anders Vistisen considère que c'est aux Ukrainiens de décider si et quand ils veulent entamer des négociations de paix : "Ce n'est pas quelque chose qui devrait leur être imposé par des alliés ou par une influence extérieure".

Pour le candidat d'Identité et Démocratie, l'aide militaire est insuffisante et trop tardive pour permettre à l'Ukraine de repousser la Russie au-delà des frontières d'avant l'invasion de la Crimée.

"Nous le voyons aussi en ce moment, nous ne sommes pas en mesure de livrer des missiles anti-aériens. Nous ne sommes pas en mesure d'envoyer des avions de combat. C'est un gros problème. Et je pense qu'il est tout à fait irréaliste à l'heure actuelle de penser que l'Ukraine a une réelle chance de se battre avec le manque de soutien qu'elle reçoit", affirme-t-il.

Selon le candidat, il serait très difficile pour les Ukrainiens de gagner cette guerre sans le soutien actuel des États-Unis.

"Plus de deux ans après (le début de l'invasion russe), nous constatons que l'Europe a pris beaucoup de retard et qu'elle n'a pas été à la hauteur. Nous ne sommes même pas en mesure de livrer un million d'obus d'artillerie. La Corée du Nord, une dictature dépravée sans véritable économie, a livré deux ou trois fois plus d'obus à la Russie", ajoute-t-il.

L'Ukraine peut-elle rejoindre l'Union européenne ?

Le candidat d'Identité et Démocratie considère que le calendrier de l'inclusion de l'Ukraine dans l'UE n'est pas réaliste.

"Vous entendez Charles Michel parler d'avant 2030, vous entendez Ursula von der Leyen dire que nous pourrions peut-être les intégrer progressivement, sans leur accorder tous les droits dès le départ ; c'est ainsi qu'ils ont procédé pour l'élargissement à l'Est il y a 25 ans", déclare-t-il.

"Ces pays sont devenus membres, mais leur liberté de circulation a été restreinte pendant un an. Même aujourd'hui, certains états qui sont dans l’Union depuis plus de 20 ans ne sont pas membres à part entière de Schengen".

Anders Vistisen considère que la feuille de route de Bruxelles n'est pas de faire respecter les critères de Copenhague, mais de mettre en place un processus d'intégration progressif, "par lequel le pays obtient les droits d'adhésion et l'on espère ensuite que les choses s'améliorent".

"Et permettez-moi de dire qu'en ce qui concerne non seulement l'Ukraine, mais aussi les 8 à 10 pays membres dont nous parlons actuellement... Ce sont les mêmes acteurs qui se plaignent de l'État de droit en Hongrie et dans d'autres pays qui disent maintenant : accélérons la procédure pour intégrer des pays dont les antécédents sont bien pires que ceux de la Hongrie de Viktor Orbán sur beaucoup de ces critères", ajoute-t-il.

L'ingérence russe en question

Récemment des enquêtes ont été ouvertes sur des eurodéputés en exercice soupçonnés de recevoir de l'argent de la Russie pour diffuser de la propagande pro-Kremlin en Europe. Anders Vistisen craint-il que certains membres du parti Identité et Démocratie soient influencés par la Russie ou par la Chine ?

"Oui, je suis toujours préoccupé par les influences extérieures, comme je l'ai été lorsque je dirigeais une délégation du Parlement européen au Maroc et que j'ai vu des membres du S&D parler très favorablement d'une dictature islamique. Et nous avons découvert par la suite qu'ils avaient reçu d'énormes sommes d'argent pour cela", déclare le candidat.

"Mais juste pour le souligner, lorsque nous parlons, par exemple, du Rassemblement national, je pourrais donner une multitude d'exemples de chefs d'État européens qui avaient une vision tout aussi naïve de la Russie avant l'invasion à grande échelle. Nous avons vu la France continuer à vouloir vendre des porte-hélicoptères à Vladimir Poutine après l'invasion de la Crimée".

Anders Vistisen mentionne aussi la défense du gazoduc Nord Stream 2 par les politiciens allemands de tous bords politiques, et l'invitation de Vladimir Poutine au parc d'attractions Tivoli lors d'une visite d'État au Danemark, et ajoute : "Malheureusement, beaucoup de gens ont été naïfs envers la Russie. Ce n'est pas spécifique à la droite".

En ce qui concerne les suspicions d'ingérence russe dans les groupes du Parlement européen, le candidat d'Identité et Démocratie affirme que le groupe interviendra s'il dispose "d'une accusation concrète qui nous permette d’agir".

"S'ils ne tiennent pas leur promesse, et si ces allégations sont confirmées, il appartiendra bien sûr à notre bureau de prendre une décision. Je dis simplement, très calmement, que nous avons constaté ces problèmes dans une multitude de groupes et qu'il est un peu étrange que tous ces incidents ne soient pas considérés sur la même échelle", ajoute-t-il.

Au cœur de ces enquêtes en cours se trouve la “Voix de l'Europe”, que certains soupçonnent d'être une opération d'influence pro-Kremlin qui payait des députés européens pour diffuser de la propagande.

Anders Vistisen a accordé une interview individuelle à la Voix de l’Europe au début de l'année, pour lequel il affirme ne pas avoir été payé.

"Non, bien sûr que non. Cette interview a été organisée dans les mêmes conditions que celle-ci. On m'a demandé de donner une interview et je l'ai fait. C'est mon travail en tant qu'homme politique", précise-t-il.

"Mais il est inquiétant de constater que cette influence extérieure est souvent utilisée pour diffuser des informations erronées sur la droite. J'ai un bilan impeccable en ce qui concerne la fermeté à l'égard de la Russie, la fermeté à l'égard de la Chine, personne n'en a jamais douté. Il arrive donc que ces allégations soient utilisées à des fins politiques".

Le candidat se dit surpris que le Parlement européen "fasse un lien entre le fait d'être eurosceptique et la diffusion de fake news".

"Je pense que l'on peut facilement être eurosceptique sans propager de fausses informations. Je suis également préoccupé de voir que les séparatistes, catalans et basques par exemple, et les personnes qui croient au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, sont souvent étiquetés comme pro-russes. Je pense que l'on peut avoir ces opinions sans être un mandataire de la Russie ou de la Chine", ajoute-t-il.

L'immigration, une priorité du programme de l'extrême droite

Selon Anders Vistisen, Identité et Démocratie veut changer la façon dont l'Europe traite la migration, en particulier l’immigration clandestine.

"Le modèle que nous proposons est le modèle australien : si vous essayez d'entrer illégalement en Europe, la seule chose dont vous pouvez être sûr, c'est que vous ne serez pas autorisé à rester sur ce continent", explique-t-il.

"Pour les migrants qui demandent une protection qui doit être traitée dans un pays tiers, ce modèle s'est avéré très efficace. Lorsque l'Australie l'a mis en œuvre, les chiffres ont baissé de 95 % en l'espace d'une année civile".

Le candidat considère que la solution est relativement simple, mais il déplore de ne pas voir de soutien pour un tel modèle dans le paysage politique européen actuel.

"Je pense que le modèle danois de migration peut être étudié par d'autres pays. Nos chiffres sont extrêmement bas si on les compare à ceux de l'Autriche, de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Belgique, de l'Espagne, de la France".

"C’est un modèle qui a été mis en œuvre par le précédent gouvernement de droite, et qui est maintenant adopté par le gouvernement socialiste. Je pense que cela prouve ce qui se passe lorsque l'on laisse la droite du spectre politique participer à l'élaboration des décisions", ajoute Anders Vistisen.

"Et je pense que si d'autres pays membres de l'Union européenne avaient appliqué un peu plus tôt certaines des mesures que nous avons mises en œuvre en 2001 et 2005, l'Europe se porterait beaucoup mieux aujourd'hui".

En ce qui concerne l'externalisation des demandes d'asile, sur le modèle de l'Italie, qui a conclu un accord avec l'Albanie, le candidat d'ID considère qu'il est important de distinguer les deux variantes de ce système.

"La première est étroitement liée au modèle australien, où vous devez entrer sur le territoire européen et ensuite être déplacé vers un pays tiers.Dans le deuxième modèle, que nous appelons au Danemark “l'asile d'ambassade”, si vous arrivez dans l'Union européenne, vous pouvez demander l'asile dans un pays tiers. Nous sommes favorables au premier modèle, le second conduirait à une situation beaucoup plus incontrôlable", affirme-t-il.

"Je constate que le nouveau gouvernement néerlandais demande également une dérogation en matière d'affaires intérieures et d'asile, à l'instar de l'Irlande et du Danemark. Cela leur donnerait une plus grande marge de manœuvre pour résoudre ces questions. Et j'espère que l'UE sera plus indulgente pour envisager de tels modèles".

Alors que des leaders comme Giorgia Meloni en Italie appellent à des voies d'immigration légales, pour lutter contre l'important déclin démographique qui menace l'Europe, quelle est la position du candidat d'ID ?

"Je pense que c'est aux États membres de déterminer quel type d'immigration légale ils veulent autoriser et comment ils veulent le faire. Nous avons de bons résultats au Danemark depuis 20 ans avec le modèle dit de la carte bleue et de la carte verte, qui permet d’accueillir les immigrants qualifiés, et les travailleurs issus de pays qui, historiquement, ont été faciles à assimiler dans notre société".

"On constate alors qu'un nombre assez élevé de migrants s'intègrent très bien dans la société. Mais bien sûr, si vous continuez à avoir des migrations clandestines, en particulier en provenance de pays qui se sont avérés très difficiles à intégrer, alors vous continuerez à avoir ces problèmes", ajoute Anders Vistisen.

Le PPE conservera-t-il la présidence de la Commission européenne ?

Le candidat du groupe Identité et Démocratie a déclaré qu'il ne soutiendra pas Ursula von der Leyen pour un second mandat en tant que présidente de la Commission. Mais, selon lui, la situation est bloquée.

"Il n'y a qu'une seule véritable opposition au statu quo, et elle vient de la droite. C'est aussi pour cela que nous avons ces débats de Spitzenkandidat, les autres partis ne se disputent pas vraiment la vedette, ils demandent juste à Ursula von der Leyen de donner des garanties sur la politique ou la procédure parlementaire, avec qui elle devrait former sa coalition, etc.".

Anders Vistisen ajoute : "Je ne pense donc pas qu'il s'agisse d'une élection contestée. Tout le monde a plus ou moins accepté que le PPE conservera sa position, et les seuls qui ont déclaré qu'ils ne voteraient pas pour Ursula von der Leyen se trouvent à droite. Nous sommes donc de facto la seule et principale opposition au statu quo actuel".

Le candidat se dit confiant que le "cordon sanitaire" - cette séparation qui maintient depuis longtemps l'extrême droite à l'écart des autres partis - finira par s'effondrer.

"Nous l'avons vu au Danemark, nous l'avons vu en Suède. Nous le voyons maintenant aux Pays-Bas. Je pense que (ce cordon sanitaire) sera difficile à maintenir en France désormais, ainsi qu'en Flandre. Et en Autriche, il est déjà tombé. Je pense donc que les électeurs mettront fin au cordon sanitaire bien avant que les politiciens traditionnels n’aient à le faire", déclare le candidat.

Enfin, Anders Vistisen affirme que sa priorité n'est pas nécessairement d'obtenir un poste de premier plan à Bruxelles à l'avenir.

"J'ai été premier Vice-président de la commission des Affaires Etrangères (AFET), qui est l'une des plus hautes fonctions du Parlement européen, et cela ne signifiait pas grand-chose pour moi. En réalité, je pense que la politique est la chose la plus importante, mener la politique que vos électeurs attendent de vous", conclut-il.

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